Secteur gazier : quel potentiel de développement au Maroc ?

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Les dernières découvertes du gaz au Maroc représentent une réelle opportunité pour booster l’écosystème énergétique. De facto, l’exploration et le forage des 22 puits au cours des cinq dernières années ont abouti à 16 découvertes de gaz naturel. Quels sont les forages exploités dernièrement au Maroc ? Et quelle stratégie prévue par le Maroc pour sécuriser son approvisionnement en gaz ?

Lors de son dernier passage au Parlement, la directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM), Amina Benkhadra, a révélé les derniers chiffres relatifs à l’exploitation et le forage des puits de gaz naturel. En effet, la directrice a indiqué que le forage des 22 puits a conduit à 16 découvertes de gaz naturel, tandis que 14 puits ont été raccordés au réseau de gazoducs de la région du Gharb. Cela représente une opportunité pour le Maroc afin de renforcer son indépendance en termes d’importation et d’exploitation de gaz naturel.

À cet effet, le Maroc a ouvert des consultations avec des gestionnaires de portefeuilles et des pays fournisseurs, dans le but d’avoir accès au marché international et sécuriser l’approvisionnement du Royaume en gaz naturel, a souligné la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.

Lire aussi :Conseil de la concurrence : un avis défavorable au projet de loi sur le Gaz naturel

Où se trouvent les bassins découverts?

Concernant les découvertes de gaz naturel, celles-ci se concentrent trois bassins. Le premier est le bassin du Gharb, qui a connu une activité d’exploration colossale, impliquantla découverte de plusieurs gisements, dans le cadre d’un partenariat entre SDX Energy à hauteur de 75% et l’ONHYM à hauteur de 25%. Il comprend également les permis des zones de Lalla Mimouna Sud, Sebou central, Moulay Bouchta Ouest et Gharb occidental, qui ont connu le forage de 67 puits entre 2000 et 2022.

Le deuxième bassin est celui d’Essaouira.Il a connu l’exploitation du champ gazier de Meskala qui a commencé depuis l’année 1987 et qui ne s’est toujours pas arrêtée. De fait, la production annuelle de ce champ gazier est de 30 millions de m3 de gaz naturel et de 3.500 tonnes de condensats. En outre, les opérations d’exploration au bassin de Tendrara ont commencé depuis 1966. Depuis 2015, Sound Energy a réalisé cinq puits, donnant lieu à la découverte de gaz dans deux puits.

Pour les puits offshore, trois ont été réalisés en eaux profondes dansla région Tarfaya-Agadir. Deux entre eux ont révélé l’existence du pétrole lourd et du pétrole relativement léger. À l’instar de Tarfaya-Agadir, un puits a été foré dans la région de Boujdour et où l’on a découvert du gaz. A contrario, il n’est pas économiquement rentable.

Lire aussi :Énergies : importation du gaz naturel dès le mois d’avril

Gaz naturel liquéfié: quelle stratégie?

Eu égard à l’infrastructure gazière au Maroc, comprenant des gazoducs, des ports et des unités de stockage et de regazéification, la compétitivité des secteurs de l’électricité et de l’industrie demeure garantie, selon la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali.

Elle a précisé que le Maroc aspire à asseoir une infrastructure gazière digne du 21e siècle, tout en faisant savoir que la réalisation de la souveraineté énergétique en matière de gaz passe par la transformation du gaz naturel liquéfié (GNL). Cette transformation doit, en effet, se faire sur le territoire national et l’espace maritime marocain. «J’espère bien que tous ces projets puissent justifier leur durabilité économique», a-t-elle exprimé.

À ce sujet, la ministre s’est adressée aux industriels afin de procéder à leurs calculs économiques et financiers et statuer sur la solution la plus immédiate. Ajoutant ainsi que les ports de Mohammedia et Nador sont relativement prêts pour recevoir le GNL, indique l’Agence nationale des ports (ANP). En insistant sur la nécessité de considérer les autres ports aussi, Leila Benali a appelé à préparer les autres installations portuaires sur les 3.500 km de côtes, dont celui du Jorf, de Tanger et de Dakhla. La nouvelle feuille de route, dédiée à la réception du gaz, met en exergue aussi la nécessité de mobiliser et renforcer le développement intégré des villes et des régions qui le reçoivent.

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