Niches fiscales : le ménage attendra !

A
A
A
A
Exonération sur le profit réalisé lors de la cession d’immeuble dont la valeur totale n’excède pas 140 000 DH: coût 155 millions de DH. Exonération sur la cession d’un logement social de moins de 250.000 DH: coût 2,6 milliards de DH. Exonération des intérêts perçus par les personnes physiques titulaires de comptes d’épargne auprès de la caisse d’épargne nationale: coût 89 millions de DH. Quelques unes figurent encore dans la loi de finances 2021.
Des dérogations coûteuses
Chaque année, l’Etat renonce à des milliards de DH d’impôts pour soutenir un secteur d’activité, le pouvoir d’achat, faciliter l’accès au logement ou encore la collecte de l’épargne. Il accorde des avantages fiscaux sous forme d’exonérations temporaires, partielles ou totales, de réductions d’impôt, d’abattements, de facilités de trésorerie, de déductions ou de taxations forfaitaires. Ces mesures dérogatoires sont communément appelés dépenses ou niches fiscales. Ces carottes profitent à la fois aux entreprises et aux ménages. En 2020, la liste des niches fiscales atteint 306. Cependant, seulement 246, soit 81% de ces mesures dérogatoires ont été évaluées et elles coûtent 28,9 milliards de DH. Cela veut aussi dire que les recettes auxquelles renonce l’Etat sont bien plus significatives. Les dépenses fiscales ont augmenté de 1,8% par rapport à 2019 ou 500 millions de DH. En 2020, 17 mesures de soutien au pouvoir d’achat ont été évaluées et coûtent 5,1 milliards de DH.
Plusieurs avantages fiscaux accordés
D’un autre côté, 29 avantages fiscaux sont octroyés aux contribuables notamment dans le cadre de la mobilisation de l’épargne intérieure. C’est le cas notamment des avantages fiscaux adossés aux contrats d’assurance-vie par exemple. L’évaluation de 22 mesures sur les 29 fait ressortir un coût de 4,8 milliards de DH. Par ailleurs, l’Etat renonce à 4,6 milliards de DH de recettes pour faciliter l’accès au logement et 2,9 milliards de DH pour encourager les exportations. D’un point de vue général, les entreprises ont joui de 14,2 milliards de DH de carottes fiscales en 2020 soit 49% du total. Les exportateurs en sont les principaux bénéficiaires avec 2,8 milliards de DH de carottes fiscales devant les agriculteurs (2 milliards de DH) et les promoteurs immobiliers (843 millions de DH). Quant aux ménages, les différentes mesures de soutien se traduisent par une économie d’impôt de 12,8 milliards de DH dont 3,2 milliards de DH pour les salariés.
Le support de prédilection de l’Etat pour la dépense fiscale est la TVA. Elle concentre 85 mesures dont 83 évaluées pour un montant de 13,6 milliards de DH, soit 47% du total. Les mesures transitant par l’IS sont au nombre de 58 et sont évaluées à 5 milliards de DH (47 mesures).
Le problème avec les dépenses fiscales, et c’est la Cour des comptes qui le dit, c’est qu’on y recourt en l’absence de règles claires et, souvent, sans s’appuyer sur des études préalables suffisamment étayées. Le choix de ce mécanisme d’incitation n’est pas souvent mis en concurrence avec d’autres comme la dépense budgétaire pour retenir la meilleure option, critiquent les magistrats. Résultat, le choix de certaines carottes fiscales ne se fonde pas sur des informations détaillées et pertinentes. En outre, il s’effectue sans limitation dans le temps dans certains cas et sans objectifs à terme. En gros, l’intérêt de certaines niches fiscales est discutable. Cela suppose de revoir leur gouvernance.
Consommation - Prix carburants : l’essence augmente de quelques centimes dès le 16 mai, tandis que le gasoil reste stable.
Rédaction LeBrief - 15 mai 2026Économie - La pêche côtière et artisanale affiche une hausse de sa valeur à fin avril 2026, dépassant 3,85 milliards de dirhams, malgré un recul des volumes débarqués.
Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026Économie - Sélection de variétés, clonage, data… la recherche transforme l’arganier. Porté par l’INRA et ses partenaires, le Maroc construit une arganiculture moderne, entre performance agricole, innovation technologique et enjeux climatiques.
Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026Économie - Un partenariat inédit vise à renforcer la compétitivité de la céramique marocaine, en misant sur l’innovation, la qualité et la structuration du secteur, avec l’ambition de consolider le « Made in Morocco » sur les marchés nationaux et internationaux.
Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026Économie - À Casablanca, les autorités lancent le dispositif de commercialisation des céréales pour la campagne 2026. Prix de référence, primes de stockage et mesures logistiques visent à soutenir les producteurs et renforcer les stocks nationaux.
Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026Économie - Les prix du pétrole ont progressé d’environ 2% vendredi, portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026