Maroc-France : une rencontre au sommet

Jules Raoul Yimcthi

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Les Premiers ministres marocains et français, accompagnés d’une forte délégation de ministres, tiennent aujourd’hui une réunion à Paris dans le cadre de la rencontre de haut niveau entre les deux pays. Parallèlement, des entretiens sont prévus entre la CGEM et le Medef. Les échanges commerciaux entre les deux pays ont augmenté de 7 % en 2018 pour atteindre 117 milliards de DH. La France est le 2e client et le 2e fournisseur du Royaume. La conjoncture dans le pays peut être une source d’inquiétude, surtout si elle affecte la croissance.

À la tête d’une importante délégation composée des ministres des Finances, de l’Industrie, de l’Éducation nationale, de l’Équipement, de l’Énergie, de la Justice, le chef su gouvernement marocain, Saad Dine El Otmani, tiendra une réunion avec son homologue français et plusieurs autres ministres à Paris. Ces rendez-vous sont prévus dans le cadre de la rencontre de haut niveau entre les deux pays. Plusieurs conventions seront signées à cette occasion. Parallèlement, la CGEM et le Medef ont prévu des entretiens. Les deux organisations patronales tiennent régulièrement ce type de réunion depuis plusieurs années.

Cette rencontre au sommet entre le Maroc et la France intervient quelques jours après le tacle de Bruno Le Maire, ministre français de l’Économie et des Finances. En début de mois à l’occasion d’une réunion avec les dirigeants du secteur automobile, il avait critiqué la fabrication des best-sellers français à l’étranger, notamment la Peugeot 208 au Maroc et en Slovénie, et la Renault clio en Turquie. « Je redis à quel point le modèle sur lequel nous avons avancé depuis 20 ans est un modèle obsolète. Délocaliser, perdre des emplois, réimporter du CO2, c’est fini et je ne donnerai plus mon blanc-seing à ce type de construction industrielle qui est mauvaise pour notre industrie et mauvaise pour les Français. Je ne vois pas pourquoi les contribuables français paieraient pour des aides qui ensuite se traduisent par des délocalisations et des réimportations de CO2 », avait lancé le ministre, cité par des journaux français.

Si l’automobile est devenue le premier secteur exportateur du Maroc, c’est parce que Renault et PSA ont décidé d’y investir. Le discours du ministre de l’économie français passe donc mal, surtout au regard des relations entre les deux pays. Mais, Le Maire fait un peu de la politique dans un contexte difficile pour le secteur automobile et plus globalement un climat social tendu en France. Ce contexte pourrait freiner la croissance française qui est déjà atone. Le Maroc ne sera pas épargné par le contexte économique en France puisque ce pays est la deuxième destination des exportations marocaines. La France occupe le même rang parmi les fournisseurs du Royaume.

Les échanges commerciaux entre les deux pays ont augmenté de 7 % en 2018 pour atteindre 117 milliards de DH (source : Office des changes). Surtout que la France est l’un des rares pays avec lequel la balance commerciale est excédentaire. L’excédent s’est établi à 2,8 milliards de DH en 2018. En dehors des échanges commerciaux, la France assure pratiquement le tiers des touristes qui visitent le Maroc. Par ailleurs, l’importance de la diaspora marocaine dans ce pays se traduit par une contribution de plus de 35 % de la « France » aux transferts des Marocains résidents à l’étranger. En outre, la France est le premier investisseur au Maroc (sur la période 2012-2018) devant les Emirats Arabe Unis et les États-Unis.

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