Endettement des ménages : La situation est-elle risquée ?

Jules Raoul Yimcthi

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Les ménages ont beaucoup eu recours au crédit ces dernières années pour financer leurs dépenses, principal moteur de la croissance. L’encours des crédits à la consommation a augmenté de 22 milliards de DH en quatre ans pour s’établir à 123 milliards de DH à fin 2018. Mais, l’essentiel de la dette des ménages est composé du crédit à l’habitat dont l’encours a atteint 219 milliards de DH. Ces prêts sont en majorité à taux fixe ce qui éloigne donc le risque d’une augmentation de la charge en cas de remontée des taux. Mais, si l’économie ne retrouve pas une croissance robuste et durable, cela pourrait rendre la dette plus lourde et entraîner un enchaînement qui serait dommageable pour l’économie.

La dette bancaire des ménages a poursuivi son ascension pour culminer à 342 milliards de DH en hausse de 6% en 2018. Rapporté au PIB, elle représente 34%. Ce niveau reste élevé par rapport à des pays de benchmark. Faut-il s’en inquiéter ? La croissance marocaine a été fortement soutenue par la consommation des ménages ces dernières années. Les ménages ont beaucoup eu recours au crédit pour financer leurs dépenses. Si l’on ne retrouve pas une croissance robuste et durable et que les revenus n’augmentent pas suffisamment, cela pourrait rendre la dette plus lourde et entraîner un enchaînement qui serait dommageable pour l’économie.

Le crédit à l’habitat

Le crédit à l’habitat représente 2/3 de la dette bancaire des ménages. Majoritairement, ces prêts sont à taux fixe ce qui éloigne donc le risque d’une augmentation de la charge en cas de remontée des taux. La part des crédits à taux fixe dans l’encours représente 94%. Avoir une traite unique sur toute la durée du prêt est plus rassurant pour les ménages. Le crédit à l’habitat engage les emprunteurs en moyenne sur une durée de 20 ans. L’année dernière les acquéreurs ont financé leur bien en moyenne à 4,93%. Si le taux d’intérêt reste en dessous de la barre de 5%, il s’est tout de même renchéri de 0,12 point par rapport à 2017. La baisse des taux de référence et la compétition entre les banques ont tiré les taux immobiliers vers le bas ces dernières années. Décrocher un crédit à l’habitat à moins de 6% est plus courant que par le passé. Les crédits accordés à un taux compris entre 4% et 6% représentaient 74% de l’encours à fin 2018 contre 53% en 2013. Pour les experts, le taux d’endettement des ménages qui sont déjà propriétaires de leur logement doit idéalement se situer aux alentours de 55%. Il ne devrait pas dépasser 40% pour ceux qui n’ont pas un crédit immobilier.

123 milliards de DH de crédit à la consommation

L’encours brut des crédits à la consommation (banques + sociétés spécialisées) a augmenté de 7% à 123 milliards de DH. Le crédit auto a été le principal soutien de cette activité au cours des dernières années. Les personnes émargeant à plus de 10.000 DH par mois sont ceux qui contractent le plus un crédit auto. Ici nous sommes dans l’équipement neuf. En revanche, les personnes à revenus plus faibles, sont moins présentes sur le marché du neuf et préfèrent emprunter pour acheter acquérir leur véhicule en occasion. Globalement, le montant moyen des prêts à la consommation s’est établi à 51.000 DH en 2018. L’analyse des bénéficiaires de ces prêts montre une concentration dans les villes de Casablanca et Rabat.

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