Bank Al-Maghrib laisse son taux directeur inchangé
Le siège de Bank Al-Maghrib à Rabat © DR
A
A
A
A
Lors de sa troisième réunion trimestrielle de 2024, tenue ce mardi, le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a décidé de maintenir inchangé son taux directeur à 2,75%. Cette décision s’inscrit dans un contexte économique national et international marqué par des incertitudes importantes, tant au niveau de l’évolution des prix que de la croissance mondiale.
Le Conseil a mis en avant la stabilité des indicateurs d’inflation au Maroc et la nécessité de préserver l’équilibre économique tout en prenant en compte les risques géopolitiques et climatiques qui pèsent sur l’économie. Par ailleurs, BAM table sur une croissance économique de 2,8% en 2024, reflétant la poursuite de la reprise non agricole.
Dans son communiqué, le Conseil de BAM a noté que l’économie mondiale, après avoir montré une certaine résilience, devrait subir un ralentissement dans les prochains mois. Cette décélération est principalement due aux politiques monétaires restrictives mises en place dans de nombreux pays avancés et émergents, destinées à contrer une inflation élevée, mais qui freinent la croissance globale.
Sur le plan de l’inflation, bien que la tendance mondiale soit à la baisse, certaines économies avancées continuent de voir les prix des services augmenter. Cette persistance des pressions inflationnistes dans certains secteurs met en évidence les défis que rencontrent ces économies pour ramener l’inflation à leurs objectifs de moyen terme.
Une reprise non agricole en soutien à la croissance nationale
BAM explique que l’économie demeure largement tributaire des aléas climatiques, en particulier pour le secteur agricole. La récurrence des sécheresses et le stress hydrique continuent de représenter des risques majeurs pour la production agricole et, par extension, pour la croissance économique. Cependant, malgré ces défis, les données disponibles indiquent que les activités non agricoles poursuivent leur reprise. Cette tendance devrait être soutenue à moyen terme par l’accélération attendue des investissements publics et privés.
L’un des facteurs clés de la résilience de l’économie marocaine est justement cette reprise des secteurs non agricoles, qui compense partiellement les contre-performances du secteur agricole. Les projets d’infrastructure, couplés à une amélioration de la confiance des investisseurs, jouent un rôle moteur dans cette dynamique positive.
Inflation : modération et perspectives
Sur le front de l’inflation, Bank Al-Maghrib a noté une évolution modérée depuis le début de l’année 2024. Cette modération est principalement due à la baisse des prix des produits alimentaires à prix volatils, ainsi qu’au ralentissement de l’inflation sous-jacente. En 2023, cette dernière avait atteint 5,6%, mais elle oscille désormais autour de 2%. Un niveau qui, selon les projections de la banque centrale, devrait se maintenir au cours des huit prochains trimestres.
Ces prévisions relativement optimistes reposent sur l’hypothèse que les prix des produits alimentaires resteront globalement stables à moyen terme, malgré les ajustements attendus des subventions sur certains produits de base. En conséquence, l’inflation globale devrait décélérer de 6,1% en 2023 à 1,3% en 2024, avant de remonter légèrement à 2,5% en 2025.
L’enquête trimestrielle de BAM auprès des experts du secteur financier a également révélé un ancrage solide des anticipations d’inflation. Pour l’horizon des huit prochains trimestres, les anticipations sont revenues à 2,2%, tandis que pour l’horizon des 12 trimestres, elles s’établissent à 2,3%.
Un contexte économique incertain
Malgré ces perspectives relativement favorables, le Conseil de BAM a souligné que les prévisions économiques et sociales restent entourées d’un niveau élevé d’incertitudes, tant au niveau international que national. Sur la scène internationale, l’enlisement de la guerre en Ukraine, l’escalade du conflit au Proche-Orient et les tensions géopolitiques croissantes continuent de peser sur l’économie mondiale. Tous ces facteurs exacerbent la fragmentation économique, ralentissant le rythme de la croissance et provoquant des fluctuations des prix, notamment ceux de l’énergie.
Sur le plan national, la récurrence des sécheresses et le stress hydrique sont des risques structurels pour l’économie marocaine. À cela s’ajoutent les interrogations autour de la mise en œuvre du projet de Loi de finances 2025 et les résultats des négociations dans le cadre du dialogue social. Ces éléments pourraient avoir un impact plus important que prévu sur la demande intérieure et sur l’évolution des prix.
Face à cet environnement incertain, Bank Al-Maghrib a donc jugé qu’il serait prudent de maintenir l’orientation actuelle de sa politique monétaire. En laissant son taux directeur inchangé, la banque centrale cherche à préserver la stabilité économique tout en restant attentive à l’évolution de la conjoncture.
Ce choix reflète la volonté de BAM de trouver un équilibre entre le soutien à la reprise économique et la nécessité de contenir les risques inflationnistes. La décision de maintenir le taux directeur à ce niveau permet également de soutenir les perspectives d’investissement, cruciales pour le développement économique à moyen terme.
Le Maroc s'impose comme exportateur d'énergies propres vers l'Europe : 4 000 MW renouvelables installés, hydrogène vert compétitif et interconnexions renforcées avec l'Espagne.
Wissal Bendardka - 1 juin 2026Agadir accueillera en 2027 la 8e édition du Salon Halieutis, centrée sur la souveraineté alimentaire et la durabilité des ressources marines.
Ilyasse Rhamir - 1 juin 2026Engagement renforcé du Maroc pour une cybersécurité africaine plus solide, axée sur la coopération, le développement des compétences et la souveraineté numérique du continent.
Ilyasse Rhamir - 1 juin 2026Les récentes pluies au Maroc ont permis de renforcer les performances agricoles et halieutiques. Aussi, les barrages ont été largement remplis.
Mouna Aghlal - 1 juin 2026Les investissements chinois au Maroc inquiètent l’Union Européenne. Enjeu industriel, export et diplomatique : que disent ces investissements ?
Rédaction LeBrief - 1 juin 2026Blé tendre : le Maroc rétablit les droits d’importation jusqu’au 31 juillet avant une nouvelle suspension en août. Pourquoi une telle mesure ?
Rédaction LeBrief - 1 juin 2026Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.
Sabrina El Faiz - 14 mars 2026Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !
Sabrina El Faiz - 7 mars 2026Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.
Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.
Rédaction LeBrief - 13 mars 2026Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.
Sabrina El Faiz - 21 février 2026Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.
El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026