Intoxications alimentaires : la multiplication des cas suscite l’inquiétude

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Les cas d’intoxications alimentaires se multiplient dangereusement, touchant notamment plusieurs villes comme Casablanca, Marrakech ou encore Martil. Ces dernières semaines, plusieurs incidents d’intoxications ont éclaté, entraînant des symptômes récurrents chez les victimes : maux de tête, douleurs abdominales, vomissements, irritations de la gorge et démangeaisons. Certains de ces cas ont même coûté la vie à des personnes. Cependant, malgré la gravité de la situation, l’origine précise de ces intoxications reste difficile à cerner, et les autorités peinent à fournir des réponses claires.
Cette vague d’intoxications n’est pas nouvelle. Encore une fois, elle montre les dysfonctionnements majeurs dans la gestion de la sécurité alimentaire. Pourtant, des règles strictes existent et devraient garantir la sécurité des consommateurs, depuis la production des denrées alimentaires jusqu’à leur distribution. La surveillance de la chaîne de froid, la traçabilité des produits et le respect des dates de péremption font partie des mesures essentielles à appliquer pour prévenir ces incidents. Malheureusement, dans de nombreux cas, ces normes ne sont pas respectées. L’absence flagrante de contrôles rigoureux et de sanctions efficaces expose la population à des risques inutiles.
D’ailleurs, le problème d’hygiène est souvent visible à l’œil nu : des aliments mal conservés, des lieux de vente ne respectant pas les règles sanitaires de base, et un manque de contrôle des produits avant leur mise en vente. Et en l’absence de sanctions sévères envers les responsables, les cas d’intoxication ne cessent donc d’augmenter. Les autorités sont appelées à redoubler d’efforts pour appliquer les normes existantes, intensifier les contrôles et punir sévèrement les infractions, car protéger la santé des citoyens est une priorité qui ne peut plus attendre.
Intoxication alimentaire à Marrakech : 12 ans de prison pour les accusés
Attention danger !
Les intoxications alimentaires constituent un enjeu de santé publique majeur à l’échelle planétaire. Chaque année, plus d’une personne sur dix est victime d’une intoxication alimentaire, ce qui représente un dixième de la population mondiale. Ces intoxications ne se limitent pas à un impact sanitaire, elles génèrent également des pertes économiques considérables.
En effet, près d’un demi-million de personnes meurent chaque année à cause de ces intoxications, et les pertes de productivité associées s’élèvent à plus de 100 milliards de dollars, selon Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques de santé. Ce fléau affecte particulièrement les pays à revenus faibles ou intermédiaires, où les systèmes de contrôle alimentaire sont souvent défaillants
Au Maroc, les intoxications alimentaires occupent la troisième place parmi les causes d’intoxications après celles liées à l’environnement et aux médicaments. Une intoxication sur sept est d’origine alimentaire, et près de 60% de ces intoxications se produisent en milieu urbain. Il est important de noter que deux intoxications sur cinq surviennent à domicile, tandis que 24% se produisent dans des lieux publics. La plupart des cas d’intoxication sont modérés, mais environ 2% sont graves, ce qui nécessite une prise en charge médicale urgente.
Dr Tayeb Hamdi précise que l’été est une période particulièrement propice aux intoxications alimentaires en raison des températures élevées qui favorisent la multiplication des bactéries et autres germes. Cette prolifération est exacerbée par la consommation accrue d’aliments à l’extérieur et le non-respect de la chaîne de froid. Comme l’explique le médecin, «en été, beaucoup de lieux s’improvisent en restaurants sans respecter les normes d’hygiène». Les cérémonies collectives, les moussèmes, et les fêtes augmentent également les risques d’intoxication collective.
L’expert explique que les aliments les plus souvent incriminés au Maroc sont les viandes, les produits laitiers, les plats traditionnels comme les tagines, ainsi que les poissons et fruits de mer. La déshydratation est le principal risque de ces intoxications, notamment pour les personnes vulnérables telles que les enfants, les personnes âgées et les patients souffrant de maladies chroniques. Une intoxication peut également entraîner une septicémie, une infection grave pouvant mettre la vie en danger.
Alors comment prévenir les intoxications alimentaires ? La prévention des intoxications alimentaires repose avant tout sur des pratiques d’hygiène rigoureuses. Il est crucial de consommer des aliments d’origine contrôlée et de respecter la chaîne de froid. Lors de la préparation des repas, il est recommandé d’utiliser des ustensiles différents pour chaque type d’aliment (viande, poisson, légumes), et de bien cuire les plats. Il est aussi déconseillé de consommer des aliments laissés en plein soleil ou provenant de vendeurs non-professionnels.
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