PLF 2027 : ce que prévoit le gouvernement pour les retraites
Retraite (illustration) © DR
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Le gouvernement veut engager une nouvelle étape dans l’amélioration des revenus des retraités. Parmi les mesures sociales inscrites dans le Projet de loi de finances (PLF 2027), figure le relèvement du montant minimal des pensions de retraite à 1.700 dirhams par mois, une revalorisation qui devrait entrer en vigueur à compter de janvier 2027. Cette mesure constitue le premier palier d’un programme progressif visant à porter ce minimum à 3.000 dirhams mensuels à l’horizon 2030.
Présentée par Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, lors de l’examen du PLF 2027 au Parlement, cette initiative concerne les différents régimes de retraite de base des secteurs public et privé. Elle devrait bénéficier à 557.472 personnes, selon les chiffres détaillés communiqués par le ministre le 30 octobre devant la Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants.
L’enjeu est de relever les pensions les plus faibles, dans un contexte où les montants servis par les différents régimes présentent des écarts importants. Le minimum de référence dans le secteur public est actuellement de 1.500 dirhams, contre 1.000 dirhams dans le secteur privé. Le passage à un plancher de 1.700 dirhams représentera donc une augmentation de 200 dirhams pour les bénéficiaires du premier régime et de 700 dirhams pour ceux relevant du second.
La mesure ne constitue toutefois pas une revalorisation générale de l’ensemble des pensions. Elle vise principalement les retraités dont les droits aboutissent à des montants inférieurs au nouveau seuil annoncé. Les personnes percevant déjà des pensions supérieures à 1.700 dirhams ne bénéficieront donc pas automatiquement de cette première étape.
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Une montée progressive jusqu’à 3.000 DH en 2030
Le calendrier présenté par Fouzi Lekjaa prévoit plusieurs étapes successives. Après le passage à 1.700 dirhams en 2027, le minimum devrait être relevé à 2.000 dirhams en 2028, puis à 2.500 dirhams en 2029, avant d’atteindre 3.000 dirhams en 2030.
Cette programmation précise l’engagement initial du gouvernement, dont les premières présentations situaient l’objectif des 3.000 dirhams à l’horizon 2031. Le calendrier détaillé le 30 octobre devant les parlementaires avance ainsi d’un an l’échéance annoncée.
Sur les 557.472 bénéficiaires attendus pour la première revalorisation, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) concentre la plus grande part. Selon les données présentées par le ministre, 389.287 personnes relèvent de ce régime, soit près de 70% de l’ensemble des bénéficiaires. Les retraités affiliés à la CNSS représentent également la majeure partie de l’effort financier consacré à cette mesure.
La facture annuelle du relèvement du minimum est estimée à 3,3 milliards de dirhams. Sur ce montant, environ 2,6 milliards devraient être consacrés aux bénéficiaires relevant de la CNSS, soit près de 80% du coût total. Le reste concerne les autres régimes de retraite de base du secteur public.
Au-delà de cette première étape, la question des retraités percevant des montants supérieurs au futur seuil de 3.000 dirhams reste posée. Interrogé sur leur situation, Fouzi Lekjaa a indiqué que le gouvernement examinerait les marges de manœuvre disponibles afin d’identifier des solutions pour ces catégories. Aucune mesure générale de revalorisation les concernant n’a toutefois été précisée à ce stade.
Les pensions de réversion des veuves portées à 100%
L’autre volet important du dispositif concerne les pensions de réversion versées aux veuves. Le gouvernement prévoit de faire passer leur taux de 50% à 100% de la pension de retraite du conjoint décédé. L’objectif est de renforcer la protection financière des femmes qui perdent leur conjoint et de limiter la diminution de leurs ressources après ce décès.
Cette revalorisation devrait concerner 431.334 bénéficiaires, réparties entre plusieurs régimes. La CNSS compte 205.413 veuves concernées, tandis que 44.663 relèvent du Régime collectif d’allocation de retraite (RCAR). Le régime des pensions civiles en rassemble 117.353 et celui des pensions militaires 63.905.
La mesure entend ainsi étendre l’amélioration des pensions de réversion à différentes catégories de retraités, qu’ils soient issues du secteur privé ou de la fonction publique. Elle devra néanmoins tenir compte des spécificités juridiques et des mécanismes propres à chaque régime.
La Note de présentation du PLF 2027 précise également que cette évolution devra préserver les droits des orphelins et des autres ayants droit. Les modalités concrètes permettant d’articuler le versement intégral de la pension à la veuve avec les droits des autres bénéficiaires devront donc être définies dans le dispositif juridique d’application.
Lors de son intervention sur 2M, le 28 octobre, Fouzi Lekjaa a par ailleurs été interrogé sur la situation des veuves qui se remarient. Le ministre a renvoyé cette question aux juridictions compétentes, considérant qu’elle relève d’un cadre juridique distinct de la mesure de revalorisation annoncée.
Le coût annuel de cette deuxième mesure est estimé à 7,33 milliards de dirhams. Rapportées à la revalorisation des pensions minimales, les deux enveloppes financières détaillées par le ministre représentent ainsi environ 10,63 milliards de dirhams par an.
Un financement assuré par le budget de l’État
L’une des principales précisions apportées par Fouzi Lekjaa concerne le financement des revalorisations. Invité de l’émission « Heure de la vérité » sur 2M, le ministre a affirmé que l’État prendrait directement en charge le coût de l’augmentation de la pension minimale, sans solliciter les caisses de retraite.
Il a également confirmé que la revalorisation des pensions de réversion des veuves serait financée par le budget général de l’État. Ce choix vise à éviter que ces nouvelles dépenses ne soient directement répercutées sur les équilibres financiers des organismes gestionnaires des régimes concernés.
Cette distinction est importante au regard de la situation des systèmes de retraite, confrontés à des déséquilibres structurels et à des contraintes de soutenabilité financière. En faisant porter le financement de ces mesures sociales sur le budget de l’État, le gouvernement entend dissocier l’amélioration immédiate des revenus des retraités du chantier plus large de réforme des caisses.
Pour autant, cette prise en charge budgétaire ne règle pas les difficultés structurelles des différents régimes. Le gouvernement doit toujours définir les mécanismes susceptibles de garantir leur équilibre à long terme et de préserver leur capacité à honorer les engagements envers les affiliés et les futurs retraités.
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La réforme structurelle toujours attendue
Au-delà des revalorisations annoncées dans le PLF 2027, la réforme globale des retraites reste donc un chantier majeur. Lors de son intervention sur 2M, Fouzi Lekjaa a indiqué que les travaux de la commission technique chargée du dossier devaient désormais évoluer vers une phase de décisions. Le ministre a assuré que le gouvernement entendait présenter la réforme dans les meilleurs délais, après plusieurs années de concertation.
Il a également tenu à rassurer les affiliés sur la préservation des droits acquis, affirmant que les droits des adhérents seraient maintenus dans le cadre de la future réforme. Les modalités précises de cette garantie, comme les mesures envisagées pour corriger les déséquilibres entre les régimes, restent cependant à définir.
La soutenabilité financière constitue l’un des principaux enjeux de ce chantier. Les différents régimes ne reposent pas sur les mêmes mécanismes de financement ni sur les mêmes règles de fonctionnement. Les arbitrages devront donc tenir compte de leurs particularités, tout en assurant une protection suffisante aux générations de retraités actuelles et futures.
La couverture des travailleurs qui restent en dehors des dispositifs de retraite constitue un autre axe annoncé dans la Note de présentation du PLF 2027. Le gouvernement prévoit de poursuivre l’élargissement progressif de l’affiliation aux régimes de retraite, notamment au bénéfice des travailleurs non salariés et des catégories professionnelles qui ne disposent pas encore d’une couverture suffisante.
Cette extension devrait s’accompagner d’une simplification des procédures d’affiliation et de paiement des cotisations. L’adaptation des mécanismes de contribution aux fluctuations des revenus constitue également un enjeu, particulièrement pour les travailleurs indépendants dont les ressources peuvent varier sensiblement d’une période à l’autre.
L’objectif est de renforcer la protection contre le risque de perte durable de revenus liée à la cessation d’activité et de réduire les catégories de travailleurs qui arrivent à l’âge de la retraite sans disposer de droits suffisants.
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