Hydrogène vert : la BAD prévoit 20 millions de dollars pour quatre projets africains
Image d'illustration. © Depositphotos
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La Banque africaine de développement (BAD) prévoit de mobiliser 20 millions de dollars sous forme de subventions remboursables pour soutenir quatre projets d’hydrogène vert et de ses dérivés en Égypte, au Maroc, en Namibie et en Afrique du Sud. Le financement doit permettre aux initiatives sélectionnées de progresser vers le stade de préparation à l’investissement.
Les financements seront accordés par le Fonds pour l’énergie durable en Afrique (SEFA), sous réserve de l’approbation du conseil d’administration de la BAD. Ils s’inscrivent dans le cadre de l’Africa Green Hydrogen Programme (AGHP), dont l’appel à propositions a été ouvert du 10 avril au 11 mai 2026.
Les résultats ont été annoncés par Kevin Kariuki, vice-président de la BAD chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Changement climatique et de la Croissance verte, lors du Sommet africain sur l’hydrogène vert organisé au Cap.
En Égypte, le Projet Ra, porté par DAI Infrastruktur GmbH, devrait recevoir 3,55 millions de dollars. Au Maroc, le projet Guelmim Green Hydrogen Valley, développé par Nareva Holding, bénéficiera de 5,28 millions de dollars.
En Namibie, le projet Hyphen, porté par Hyphen Hydrogen Energy, est destiné à obtenir 5,93 millions de dollars. En Afrique du Sud, le projet Saldanha Hydrogen DRI, développé par Enertrag avec ArcelorMittal South Africa, recevra 5,24 millions de dollars.
23 milliards de dollars d’investissements envisagés
Les quatre projets représentent un volume d’investissement estimé à 23 milliards de dollars. Ils devraient également s’appuyer sur l’équivalent de 20 GW de capacités solaires et éoliennes, 7 GW de capacités d’électrolyseurs et près de 2.950 MWh de stockage par batteries.
Les initiatives couvrent plusieurs applications. L’Égypte, le Maroc et la Namibie sont notamment concernés par le développement de carburants durables pour les secteurs maritime et aérien. En Afrique du Sud, l’objectif porte sur la production de fer à faible intensité carbone.
Lire aussi : Transition énergétique : comment le Maroc est-il devenu un pôle de l’investissement vert ?
À travers l’AGHP, la BAD cherche à améliorer la viabilité financière des projets et à faciliter leur accès aux capitaux privés. Le programme vise également à favoriser les investissements directs étrangers dans les infrastructures liées à l’hydrogène.
Selon la BAD, le développement de l’hydrogène vert pourrait contribuer à mieux exploiter l’important potentiel africain en énergies renouvelables, tout en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles et les émissions de carbone.
Des retombées industrielles et sociales
Le programme doit également produire des effets au-delà du secteur énergétique. L’utilisation des capacités renouvelables disponibles pourrait notamment contribuer à accroître l’accès à l’électricité et à l’eau potable dessalée.
La BAD met aussi en avant les perspectives liées au développement industriel, aux recettes d’exportation, au transfert de technologies et de compétences ainsi qu’à la création d’emplois.
En Égypte, le Projet Ra ambitionne notamment de produire de l’ammoniac vert destiné aux marchés européens et internationaux. En Afrique du Sud, le projet Saldanha Hydrogen DRI entend valoriser les infrastructures industrielles existantes et les ressources en minerai de fer afin de développer une production de fer à faible émission carbone.
L’appel à propositions de l’Africa Green Hydrogen Programme a attiré 81 projets issus de 18 pays africains. La sélection des quatre initiatives constitue une étape destinée à rapprocher ces projets du financement et de leur réalisation à grande échelle.
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