Maroc-Israël : ambassades, vols et nouveaux accords ? Analyse
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, et le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors d’une réunion tripartite à New York, le 16 septembre 2026 © ministère israélien des Affaires étrangères / Jerusalem Post
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Lors d’une réunion trilatérale tenue le 16 septembre 2026 à New York, en présence des Etats-Unis, le Maroc et Israël ont acté le principe de transformer leurs bureaux de liaison en ambassades et de nommer prochainement des ambassadeurs. Pour l’instant, aucun calendrier officiel n’a été fixé.
Mais ce n’est pas le seul sujet qui a été mis sur la table. Les deux pays veulent aussi ouvrir de nouvelles perspectives d’investissement et développer davantage leurs échanges. A cela s’ajoute la possibilité de liaisons aériennes opérées par Royal Air Maroc, avec le soutien de Washington.
Et là, il faut quand même mesurer ce qui vient de se passer. La réunion entre Nasser Bourita, Gideon Sa’ar et l’ambassadeur américain Mike Waltz ne ressemble pas aux précédentes. Cette fois, Rabat et Tel-Aviv parlent de passer à l’étape supérieure.
Six ans après les Accords d’Abraham, le Maroc poursuit donc sa ligne, sans donner le sentiment de vouloir changer de cap. Sa diplomatie reste guidée par ses intérêts et par une volonté de consolider ses partenariats stratégiques, notamment sur les volets politique, économique et sécuritaire.
Facteur humain et levier économique
Pour bien mesurer la portée de cette avancée, la grille de lecture de l’analyste politique Driss Aissaoui apporte un autre éclairage. Selon lui, la démarche américaine visant à appuyer ce rapprochement constitue d’abord une « initiative extrêmement intéressante ».
Elle permet avant tout aux deux Etats de « confirmer leurs relations d’excellence ». Driss Aissaoui met le doigt sur un élément identitaire et politique à la fois, à savoir le rôle moteur de la diaspora marocaine en Israël. Il souligne en effet que « les Juifs d’origine marocaine sont extrêmement bien représentés, mais surtout très présents au niveau de la vie politique israélienne ». Ce lien mémoriel et humain insécable confère à la relation bilatérale une épaisseur singulière.
Sur le plan institutionnel, l’analyste estime qu’élever la représentation israélienne au Maroc au rang d’ambassade représente « quelque chose d’extraordinaire ». En anticipant la nomination prochaine d’un nouvel ambassadeur dans chaque capitale, Driss Aissaoui y voit « un signal fort pour la relance des investissements réciproques et la relance de toutes les affaires liant le Maroc à Israël, particulièrement sur le plan économique ». Sa conclusion résume l’esprit du moment : c’est, en fin de compte, « une belle initiative prise par Israël, le Maroc et les Etats-Unis ».
C’est un signal fort pour la relance des investissements réciproques et la relance de toutes les affaires liant le Maroc à Israël, particulièrement sur le plan économique.Driss Aissaoui, analyste politique
Sahara, vols directs et opportunités : la concrétisation des acquis
Au-delà des déclarations, ce qui importe pour le Maroc, ce sont les retombées tangibles. Et de ce côté-là, les voyants sont au vert.
D’abord, la réaffirmation sans équivoque de la souveraineté marocaine sur le Sahara par Washington et Tel-Aviv vient consolider davantage le dossier diplomatique du Royaume, érigeant le plan d’autonomie en unique solution viable.
Ensuite, la feuille de route économique passe à la vitesse supérieure. D’ici la fin de l’année 2026, la finalisation des accords sur la protection des investissements et la non-double imposition va offrir un cadre juridique sécurisé pour les opérateurs économiques. Si l’on y ajoute la reprise et l’extension rapide des liaisons aériennes directes, notamment via la compagnie Royal Air Maroc, la fluidification des échanges humains, touristiques et commerciaux devient une réalité immédiate.
Maroc-Israël : vers la transformation des bureaux de liaison en ambassades
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