Carburants : le gasoil pourrait franchir le seuil des 15 DH au Maroc
Photo des prix du carburant prise le 1er mai 2026 à Casablanca © LeBrief
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Le prix du gasoil se rapproche de nouveau de la barre symbolique des 15 DH au Maroc. Depuis le 16 août, le litre s’affiche autour de 14,90 DH, relançant les interrogations sur la formation des prix à la pompe. Selon Les Inspirations ÉCO, plusieurs facteurs expliquent cette évolution, des cotations internationales à la fiscalité, en passant par le transport et les marges.
Pour Mostafa Labrak, directeur général d’Energysium Consulting et expert en énergie, il est réducteur de se référer uniquement au cours du pétrole brut pour comprendre le prix du gasoil. Le Maroc importe en effet des produits pétroliers raffinés, dont les prix sont déterminés sur les marchés internationaux spécialisés. Les cotations de Rotterdam et du CIF Northwest Europe figurent notamment parmi les références utilisées.
Dans une simulation rapportée par Les Inspirations ÉCO, l’expert retient une moyenne d’environ 1.250 dollars la tonne sur la période de pricing allant du 28 juillet au 12 août 2026. À cette somme s’ajoutent environ 25 dollars pour le fret et l’assurance, ainsi qu’une vingtaine de dollars pour les frais portuaires et financiers. Le coût atteint ainsi près de 1.295 dollars la tonne.
Un coût de plus de 10 DH avant les taxes
Avec une densité du gasoil proche de 0,84 et un taux de change d’environ 9,30 DH pour un dollar, le produit arrive au Maroc à un coût estimé à 10,11 DH le litre, avant même l’application des taxes et des frais liés à sa distribution. Cette donnée est importante dans le débat sur un éventuel prix du gasoil à 9 DH. Une telle baisse ne pourrait pas être obtenue uniquement par une réduction des marges commerciales, puisque le produit coûte déjà plus de 10 DH/litre avant son entrée dans la chaîne de distribution nationale.
Lire aussi : Carburants : le gasoil et l’essence plus chers à partir du 16 juillet
La facture augmente ensuite avec la Taxe intérieure de consommation (TIC), fixée à 2,42 DH par litre. Le coût atteint alors environ 12,53 DH. D’autres dépenses interviennent également : déchargement des cargaisons, stockage, manutention, prestations portuaires, transport routier, entretien et amortissement des infrastructures. Les coûts financiers et les fluctuations du taux de change peuvent également peser sur le prix final.
Dans son estimation, Mostafa Labrak retient par ailleurs une marge brute d’environ 0,50 DH par litre pour le distributeur et un niveau similaire pour le gérant de la station. Le prix atteint alors environ 13,53 DH hors TVA. Avec une TVA de 10%, il ressort à près de 14,88 DH TTC, un montant très proche des 14,90 DH actuellement observés, rapporte Les Inspirations ÉCO.
Vers un litre à 15,50 DH ?
La pression pourrait encore s’accentuer. Pour la seconde moitié d’août, l’expert envisage une référence internationale proche de 1.300 dollars la tonne. Selon les hypothèses retenues concernant le change, le fret et l’assurance, le coût CIF pourrait atteindre entre 10,5 et 10,7 DH/litre.
Une fois les taxes, la logistique, les marges et la TVA intégrées, le prix théorique pourrait ainsi se rapprocher de 15,50 DH le litre. Pour éviter les incompréhensions, certains professionnels plaident pour une formule d’indexation transparente reliant les prix aux cotations internationales, au taux de change, à la fiscalité et aux coûts logistiques.
Une telle formule ne supprimerait pas les hausses lorsque les marchés internationaux progressent. Elle permettrait toutefois de rendre plus lisible la manière dont les variations sont répercutées à la pompe.
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