Villes intermédiaires : le nouvel enjeu de la cohésion territoriale
CGLU : les villes intermédiaires au cœur des enjeux © DR
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Les villes intermédiaires se sont imposées, mercredi à Tanger, comme l’un des leviers majeurs de l’équilibre territorial et de la réduction des disparités entre les espaces urbains et ruraux. Réunis dans le cadre d’une session consacrée à l’innovation dans l’ingénierie urbaine, organisée en marge de la 8e édition du Congrès mondial des Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), des experts, responsables et élus venus de plusieurs pays ont échangé sur les conditions d’émergence de territoires plus inclusifs, plus résilients et mieux articulés.
Cette rencontre a mis en lumière une conviction largement partagée par les intervenants ; à savoir que la ville intermédiaire n’est plus un simple maillon secondaire dans l’organisation territoriale, mais un espace stratégique capable de porter la croissance, d’amortir les déséquilibres et de rapprocher les services publics des citoyens.
À l’heure où les métropoles concentrent toujours davantage les populations, les investissements et les activités économiques, les villes de taille moyenne, aussi appelées villes intermédiaires et qui comptent généralement entre 100.000 et un million d’habitants, apparaissent comme des plateformes essentielles pour rééquilibrer le développement.
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Les villes intermédiaires, nouveaux piliers de l’équilibre territorial
Intervenant lors de cette session, le secrétaire général du ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Youssef Hosni, a insisté sur la transformation rapide qu’a connue le Maroc au cours des deux dernières générations. « Les villes abritent aujourd’hui plus de 60% de la population nationale, génèrent près de 75% du produit intérieur brut et captent l’essentiel des investissements », a-t-il souligné. Une dynamique qui, selon lui, a joué un rôle déterminant dans la croissance du pays, sans toutefois dissiper la nécessité d’une action publique plus volontariste pour corriger les écarts entre territoires.
Hosni a ainsi replacé le débat dans le cadre de la vision royale fondée sur la réduction des disparités territoriales et la recherche d’une meilleure redistribution des bénéfices du développement. Pour lui, l’enjeu n’est plus seulement « d’accompagner l’urbanisation », mais de « l’orienter de manière à renforcer la cohésion sociale et spatiale ».
Dans cette perspective, il a souligné que le secteur de l’habitat a été érigé en priorité nationale et en véritable instrument de cohésion, grâce à une politique reposant sur la mobilisation du foncier public, la promotion du logement social, la résorption de l’habitat insalubre et le recours aux partenariats public-privé.
Le responsable a également mis en avant les résultats enregistrés par le Maroc dans ce domaine, indiquant que « plus de 750.000 logements sociaux ont été réalisés », que « plus de deux millions de citoyens ont bénéficié d’opérations de relogement » et que « le déficit en logement a reculé de plus de 70% en vingt ans ». Ces avancées, a-t-il estimé, illustrent la capacité des politiques publiques à produire des effets concrets lorsqu’elles s’inscrivent dans la durée et s’appuient sur une vision intégrée du développement territorial.
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La coopération méditerranéenne face aux défis urbains communs
La dimension internationale du débat a été portée par la présidente de la Fédération espagnole des municipalités et provinces (FEMP), María José García-Pelayo, également maire de Jerez. Dans son intervention, elle a souligné l’importance stratégique de l’espace méditerranéen, qu’elle a décrit à la fois comme « un carrefour historique d’échanges » et comme « une zone confrontée à des défis communs de plus en plus complexes ». Selon elle, les pays riverains partagent des vulnérabilités qui rendent la coopération entre collectivités locales et États non seulement utile, mais indispensable.
García-Pelayo a notamment évoqué la réduction des inégalités sociales, la lutte contre les effets du changement climatique et l’accès au logement comme trois priorités majeures pour les villes de demain. « Il est nécessaire de bâtir des espaces urbains plus résilients, capables d’absorber les chocs économiques et environnementaux tout en garantissant une meilleure qualité de vie aux habitants », a-t-elle fait valoir. À ses yeux, la nouvelle phase d’urbanisation que traverse le monde est marquée par « l’interconnexion des crises climatiques, économiques et géopolitiques, ce qui oblige les décideurs à penser autrement la fabrique urbaine ».
« Le grand défi de l’agenda post-2030 ne consiste plus seulement à gérer la croissance des villes, mais à conduire une transformation urbaine juste, apte à renforcer la cohésion territoriale et à garantir l’égalité des citoyens », estime la responsable espagnole. Une approche qui rejoint les préoccupations exprimées par de nombreux intervenants tout au long de la session, lesquels ont plaidé pour des politiques publiques plus attentives aux complémentarités entre villes et campagnes, ainsi qu’à la nécessité de mieux connecter les territoires entre eux.
Au fil des discussions, une idée s’est dégagée avec force ; les villes intermédiaires disposent d’un potentiel encore sous-exploité pour relier les centres de décision aux périphéries, structurer les bassins de vie et désenclaver des zones longtemps tenues à l’écart de la dynamique de développement. Leur rôle ne se limite pas à absorber la pression démographique des grandes agglomérations ; elles peuvent aussi devenir des espaces d’innovation, de proximité et de redistribution territoriale, à condition de bénéficier d’investissements adaptés et d’une planification cohérente.
Le procureur général près la cour d’appel de Tanger a ordonné le placement en garde à vue de Mounir Laymouri, dans le cadre d’une enquête sur des bulletins électoraux falsifiés.
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