Le Maroc, cinq ans après le NMD : entre avancées concrètes et défis persistants
Présentation du nouveau modèle de développement au roi Mohammed VI © DR
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Dans un travail réalisé par le Centre de prospection économique et sociale (CPES), le NMD repose sur une conviction centrale : le développement ne peut être durable que s’il place l’être humain au cœur des politiques publiques. Il vise ainsi à construire une économie plus productive, renforcer la justice sociale, réduire les inégalités territoriales et restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. Cinq ans après son lancement, le moment est venu d’évaluer les réalisations accomplies, mais aussi les obstacles qui continuent de freiner sa mise en œuvre.
La protection sociale, principal chantier de réussite
L’un des progrès les plus visibles enregistrés depuis le lancement du NMD concerne la généralisation de la protection sociale. Le Maroc a engagé une réforme ambitieuse visant à étendre la couverture sanitaire et sociale à l’ensemble de la population.
Pour le CPES, l’Assurance maladie obligatoire (AMO) couvre désormais plus de 32 millions de personnes, contre moins de la moitié de la population avant le lancement du chantier. Le dispositif AMO Tadamon a permis d’intégrer plusieurs millions de citoyens issus des catégories les plus vulnérables, tandis que le programme de soutien social direct bénéficie à plusieurs millions de ménages à travers le pays.
Ces avancées traduisent une volonté claire de renforcer l’État social et de réduire les situations de précarité. Elles constituent également une réponse concrète à l’un des principaux objectifs du NMD : garantir un accès plus équitable aux droits fondamentaux.
Une dynamique d’investissement renforcée
Sur le plan économique, le Maroc a poursuivi une politique volontariste d’investissement public et privé. La nouvelle Charte de l’investissement a été adoptée afin d’améliorer l’attractivité du Royaume, de soutenir les projets créateurs d’emplois et de réduire les disparités territoriales, indique le CPES.
Cette stratégie a permis l’approbation de centaines de projets représentant plusieurs centaines de milliards de dirhams d’investissement. Les flux d’investissements directs étrangers ont également connu une progression importante, témoignant de la confiance des investisseurs dans l’économie marocaine.
Parallèlement, le Royaume a poursuivi le développement de ses infrastructures stratégiques dans les domaines du transport, de la logistique, de l’industrie et des énergies renouvelables. Les projets ferroviaires, portuaires et aéroportuaires renforcent progressivement le positionnement du Maroc comme plateforme économique régionale.
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Des réformes engagées dans l’éducation et la santé
D’autre part, le CPES met l’accent sur le développement du capital humain constitue un pilier fondamental du NMD. Dans cette perspective, plusieurs réformes ont été lancées dans les secteurs de l’éducation et de la santé.
Dans le domaine éducatif, les autorités ont accéléré la généralisation de l’enseignement préscolaire et développé le programme des Écoles pionnières, destiné à améliorer les apprentissages fondamentaux. Les dispositifs de formation professionnelle ont également été renforcés afin de mieux répondre aux besoins du marché du travail.
Le secteur de la santé a connu une importante restructuration institutionnelle avec la création de nouvelles instances de gouvernance et l’élargissement de la couverture médicale. Ces réformes visent à améliorer l’accès aux soins et à réduire les inégalités territoriales en matière de santé. Toutefois, malgré ces efforts, les résultats demeurent encore en deçà des attentes dans plusieurs domaines clés.
L’emploi, principal point faible du modèle
Si les investissements et les réformes se sont multipliés, leur impact sur le marché du travail reste limité. Le chômage demeure l’un des principaux défis auxquels le Maroc est confronté, souligne le rapport.
Les taux de croissance enregistrés au cours des dernières années restent inférieurs aux ambitions initiales du NMD. Alors que le modèle visait une croissance supérieure à 6%, l’économie nationale continue d’évoluer à un rythme plus modéré.
Cette situation se traduit par une création d’emplois insuffisante, particulièrement pour les jeunes diplômés. Une grande partie des emplois générés demeure concentrée dans des secteurs à faible valeur ajoutée ou dans l’économie informelle, limitant leur contribution au développement économique durable. Le défi consiste désormais à favoriser l’émergence d’activités plus innovantes et plus productives capables de générer des emplois qualifiés et stables.
Les inégalités continuent de peser sur le développement
L’un des constats les plus préoccupants concerne la persistance des inégalités sociales et territoriales. Malgré les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté, les écarts entre régions demeurent importants.
Quelques pôles économiques concentrent encore l’essentiel de la richesse nationale, tandis que plusieurs territoires ruraux ou éloignés continuent de souffrir d’un déficit d’infrastructures, de services publics et d’opportunités économiques.
Les indicateurs relatifs à l’éducation, à la santé ou à l’emploi révèlent également des écarts significatifs entre le monde urbain et le monde rural. Cette situation nourrit un sentiment d’injustice et constitue un frein à la cohésion sociale recherchée par le NMD.
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La question de la gouvernance et de la confiance
Le NMD accordait une place centrale à la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions. Pourtant, plusieurs signes montrent que cet objectif demeure difficile à atteindre.
La faible participation politique, notamment chez les jeunes, ainsi que la multiplication des mouvements de protestation sectoriels traduisent la persistance d’un déficit de confiance. Certains observateurs estiment que la mise en œuvre des réformes a parfois privilégié une approche technocratique au détriment du dialogue politique et social, alerte le CPES.
Par ailleurs, les débats autour de la concentration économique, des situations de rente et de l’équité dans l’accès aux opportunités continuent d’alimenter les interrogations sur la répartition réelle des bénéfices de la croissance.
Un chantier encore ouvert
Cinq ans après son lancement, le Nouveau modèle de développement a permis d’enclencher des réformes structurantes et de réaliser des avancées notables, notamment dans les domaines de la protection sociale, de l’investissement, des infrastructures et de la transition énergétique.
Cependant, les défis restent nombreux. La faiblesse de la création d’emplois, les difficultés persistantes dans l’éducation et la santé, les inégalités territoriales et le déficit de confiance montrent que la transformation souhaitée est loin d’être achevée.
La réussite du NMD dépendra désormais de la capacité du Maroc à accélérer le rythme des réformes, à renforcer la gouvernance et à placer effectivement le capital humain au cœur de toutes les politiques publiques. Plus qu’un programme économique, le Nouveau modèle de développement demeure un projet de société dont le succès reposera sur l’adhésion et la mobilisation de l’ensemble des acteurs nationaux.
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