Aïd Al Adha : les ventes anarchiques de moutons persistent à Sidi Moumen

Avatar de Ayoub Jouadi

Temps de lecture :

WhatsApp Image 2026 05 19 at 13.14.08 e1779190505951Marché anarchique de moutons de Sidi Moumen, Casablanca, à la veille de Aïd Al Adha © Ayoub Jouadi/LeBrief

A
A
A
A
A

A l’approche de Aïd Al Adha, plusieurs quartiers de Sidi Moumen replongent dans le même scénario : garages transformés en étables improvisées, ruelles occupées par des enclos de fortune et vendeurs installés au cœur des zones résidentielles. Malgré l’ouverture d’un marché officiel à Anassi pour encadrer la vente des moutons, le commerce informel continue de prospérer dans les quartiers Al Amane, Salam 1 et Salam 2, alimentant colère des habitants, inquiétudes sanitaires et interrogations sur l’absence de contrôle des autorités.

Dans les rues étroites des quartiers Al Amane et Salam 1 et 2, l’ambiance de Aïd Al Adha s’installe bien avant la fête. Mais derrière l’effervescence habituelle liée à l’achat du mouton, de nombreux habitants dénoncent un désordre grandissant causé par la multiplication des points de vente anarchiques au sein même des zones résidentielles.

Des garages ouverts à la hâte, des terrains vagues transformés en mini-souks et des ruelles occupées par des troupeaux : la vente informelle de moutons semble avoir repris ses droits dans plusieurs secteurs de Sidi Moumen, malgré la mise en place d’un marché temporaire officiel dans la zone d’Anassi. Ce marché avait pourtant pour objectif de centraliser les opérations de vente, d’alléger la pression sur les quartiers et de garantir des conditions sanitaires et organisationnelles adaptées.

Sur place, les habitants décrivent une situation devenue difficile à supporter au fil des jours. Les odeurs, les déchets et le bruit provoqué par la présence des animaux perturbent le quotidien des riverains. Certains dénoncent également l’occupation anarchique de l’espace public, qui complique la circulation et accentue le sentiment de désordre.

Pour de nombreux résidents, l’incompréhension est d’autant plus grande qu’un espace officiel a été aménagé précisément pour éviter ce type de débordements. A Anassi, les autorités ont mobilisé un terrain destiné à accueillir les vendeurs dans des conditions encadrées, avec des espaces organisés et des dispositifs de contrôle sanitaire.

Mais sur le terrain, plusieurs observateurs estiment que ce dispositif peine à remplir pleinement son rôle. Certains vendeurs préfèrent continuer à exercer directement dans les quartiers résidentiels, au plus près des clients, échappant ainsi aux frais et aux contraintes liés au marché officiel.

Cette situation soulève également des questions économiques. En dehors du circuit réglementé, les ventes échappent aux taxes et droits normalement perçus par la commune et l’arrondissement. Des recettes importantes liées à l’organisation, au contrôle et à la gestion du marché officiel pourraient ainsi être perdues au profit d’un commerce parallèle difficile à encadrer.

Une affaire de santé pour l’Aïd

Au-delà de l’aspect financier, c’est surtout la question sanitaire qui inquiète le plus les habitants et plusieurs acteurs locaux. Les moutons commercialisés dans les circuits informels ne bénéficient pas toujours d’une traçabilité claire. Dans certains cas, il devient compliqué d’identifier précisément l’origine du cheptel ou de vérifier les conditions de transport et de suivi vétérinaire des animaux.

Aïd Al-Adha : de nouvelles mesures pour encadrer les marchés

Pour les spécialistes, cette absence de contrôle peut poser un véritable problème en cas d’apparition de maladies animales ou d’incidents liés à la sécurité sanitaire. Le marché officiel avait justement été conçu pour permettre un meilleur suivi des animaux et faciliter les opérations de contrôle.

Dans plusieurs quartiers, les habitants affirment pourtant ne constater aucune intervention visible des autorités locales pour limiter l’expansion de ces points de vente informels. Certains dénoncent même une forme de tolérance implicite face à une activité qui prend de plus en plus d’ampleur à mesure que l’Aïd approche.

Qui contrôle réellement cette situation ? Si un marché officiel existe, pourquoi laisse-t-on encore des vendeurs occuper les garages et les ruelles ? Cette question revient avec insistance dans les discussions entre riverains : à qui profite réellement le maintien de cette vente anarchique ? Derrière les préoccupations sanitaires et les nuisances quotidiennes, beaucoup soupçonnent l’existence d’intérêts informels qui empêcheraient l’application stricte des règles mises en place par les autorités.

A mesure que les jours passent et que la demande augmente, la pression s’accentue dans les quartiers concernés. Les habitants craignent que la situation ne devienne encore plus difficile à gérer dans les derniers jours précédant l’Aïd, période traditionnellement marquée par une forte affluence autour des points de vente de moutons.

Pour plusieurs acteurs associatifs locaux, il devient urgent de renforcer les opérations de contrôle et d’orienter les vendeurs vers le marché officiel afin de préserver la sécurité sanitaire et le cadre de vie des habitants.

En attendant, dans les rues de Sidi Moumen, les moutons continuent d’occuper garages, trottoirs et ruelles, symbole d’un commerce informel qui résiste encore aux tentatives d’organisation officielle.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Mariage des mineures : une coalition alerte sur des appels en ligne visant des fillettes marocaines

Société - La coalition « Dounia » dénonce des contenus diffusés sur les réseaux sociaux faisant la promotion du mariage des mineures marocaines.

El Mehdi El Azhary - 19 mai 2026
Les réserves d’eau des barrages progressent avant l’été

Société - Les réserves d’eau des barrages atteignent un niveau en forte hausse avant l’été 2026. Découvrez les chiffres clés et les enjeux.

Rédaction LeBrief - 18 mai 2026
Interpol & Maroc : 201 arrestations dans une vaste campagne contre la cybercriminalité

Société - Participation marocaine à une opération régionale contre la cybercriminalité ayant permis des centaines d’arrestations et l’identification de nombreux suspects.

Ilyasse Rhamir - 18 mai 2026
CNRA et RCAR : versement anticipé des pensions pour Aïd Al-Adha

Société - La CNRA et le RCAR annoncent le versement anticipé des pensions de juin 2026 à partir du 20 mai, à l’occasion de Aïd Al-Adha, afin de permettre aux bénéficiaires de mieux préparer les dépenses liées à cette fête religieuse.

Ilyasse Rhamir - 18 mai 2026
Virus Ebola : le Maroc doit-il s’inquiéter ?

Société - L’OMS a décrété une urgence sanitaire internationale face à une flambée d’Ebola Bundibugyo en RDC. Le Maroc doit-il s'inquiéter ?

El Mehdi El Azhary - 18 mai 2026
DGSN : 7e édition des Journées portes ouvertes lancées à Rabat

Société - La DGSN célèbre ses 70 ans en lançant ses Journées portes ouvertes. Démonstrations, équipements modernes et rencontres avec le public rythment cet événement visant à rapprocher la police des citoyens et renforcer le sentiment de sécurité.

Ilyasse Rhamir - 18 mai 2026
Voir plus
Aïd Al-Fitr 1447 pourrait tomber le samedi 21 mars

Société - Selon les calculs astronomiques, Aïd al-Fitr 2026 pourrait tomber le samedi 21 mars au Maroc. La visibilité du croissant lunaire est prévue vendredi soir, mais la date officielle sera confirmée par le ministère des Habous.

Ilyasse Rhamir - 9 mars 2026
Ramadan : horaires spéciaux du tramway de Casablanca

Société - Le réseau CASA Tramway adopte des horaires spéciaux durant le mois de Ramadan.

Mouna Aghlal - 17 février 2026
Ramadan 2026 : la Zakat Al Fitr fixée à 25 dirhams

Société - Le Conseil supérieur des oulémas annonce la valeur de la Zakat Al Fitr pour 2026 à 25 dirhams pour l'année 1447 de l'Hégire.

Mouna Aghlal - 12 mars 2026
8 mars : 8 Marocaines qui bousculent les lignes

Société-A l’occasion du 8 mars, LeBrief rend hommage à 8 femmes que nous avons rencontrées et interviewées ces derniers mois.

Sabrina El Faiz - 8 mars 2026
Manifestations de la « GenZ 212 » : 60 personnalités marocaines exhortent le Roi à engager des réformes profondes

Société - Soixante figures marocaines appellent le roi Mohammed VI à lancer des réformes profondes en phase avec les revendications de la jeunesse.

Hajar Toufik - 8 octobre 2025
Travaux : les Casablancais n’en peuvent plus !

Dossier - Des piétons qui traversent d’un trottoir à l’autre, des voitures qui zigzaguent… À croire que les Casablancais vivent dans un jeu vidéo, sans bouton pause.

Sabrina El Faiz - 12 avril 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire