Aïd Al Adha : les ventes anarchiques de moutons persistent à Sidi Moumen
Marché anarchique de moutons de Sidi Moumen, Casablanca, à la veille de Aïd Al Adha © Ayoub Jouadi/LeBrief
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Dans les rues étroites des quartiers Al Amane et Salam 1 et 2, l’ambiance de Aïd Al Adha s’installe bien avant la fête. Mais derrière l’effervescence habituelle liée à l’achat du mouton, de nombreux habitants dénoncent un désordre grandissant causé par la multiplication des points de vente anarchiques au sein même des zones résidentielles.
Des garages ouverts à la hâte, des terrains vagues transformés en mini-souks et des ruelles occupées par des troupeaux : la vente informelle de moutons semble avoir repris ses droits dans plusieurs secteurs de Sidi Moumen, malgré la mise en place d’un marché temporaire officiel dans la zone d’Anassi. Ce marché avait pourtant pour objectif de centraliser les opérations de vente, d’alléger la pression sur les quartiers et de garantir des conditions sanitaires et organisationnelles adaptées.
Sur place, les habitants décrivent une situation devenue difficile à supporter au fil des jours. Les odeurs, les déchets et le bruit provoqué par la présence des animaux perturbent le quotidien des riverains. Certains dénoncent également l’occupation anarchique de l’espace public, qui complique la circulation et accentue le sentiment de désordre.
Pour de nombreux résidents, l’incompréhension est d’autant plus grande qu’un espace officiel a été aménagé précisément pour éviter ce type de débordements. A Anassi, les autorités ont mobilisé un terrain destiné à accueillir les vendeurs dans des conditions encadrées, avec des espaces organisés et des dispositifs de contrôle sanitaire.
Mais sur le terrain, plusieurs observateurs estiment que ce dispositif peine à remplir pleinement son rôle. Certains vendeurs préfèrent continuer à exercer directement dans les quartiers résidentiels, au plus près des clients, échappant ainsi aux frais et aux contraintes liés au marché officiel.
Cette situation soulève également des questions économiques. En dehors du circuit réglementé, les ventes échappent aux taxes et droits normalement perçus par la commune et l’arrondissement. Des recettes importantes liées à l’organisation, au contrôle et à la gestion du marché officiel pourraient ainsi être perdues au profit d’un commerce parallèle difficile à encadrer.
Une affaire de santé pour l’Aïd
Au-delà de l’aspect financier, c’est surtout la question sanitaire qui inquiète le plus les habitants et plusieurs acteurs locaux. Les moutons commercialisés dans les circuits informels ne bénéficient pas toujours d’une traçabilité claire. Dans certains cas, il devient compliqué d’identifier précisément l’origine du cheptel ou de vérifier les conditions de transport et de suivi vétérinaire des animaux.
Aïd Al-Adha : de nouvelles mesures pour encadrer les marchés
Pour les spécialistes, cette absence de contrôle peut poser un véritable problème en cas d’apparition de maladies animales ou d’incidents liés à la sécurité sanitaire. Le marché officiel avait justement été conçu pour permettre un meilleur suivi des animaux et faciliter les opérations de contrôle.
Dans plusieurs quartiers, les habitants affirment pourtant ne constater aucune intervention visible des autorités locales pour limiter l’expansion de ces points de vente informels. Certains dénoncent même une forme de tolérance implicite face à une activité qui prend de plus en plus d’ampleur à mesure que l’Aïd approche.
Qui contrôle réellement cette situation ? Si un marché officiel existe, pourquoi laisse-t-on encore des vendeurs occuper les garages et les ruelles ? Cette question revient avec insistance dans les discussions entre riverains : à qui profite réellement le maintien de cette vente anarchique ? Derrière les préoccupations sanitaires et les nuisances quotidiennes, beaucoup soupçonnent l’existence d’intérêts informels qui empêcheraient l’application stricte des règles mises en place par les autorités.
A mesure que les jours passent et que la demande augmente, la pression s’accentue dans les quartiers concernés. Les habitants craignent que la situation ne devienne encore plus difficile à gérer dans les derniers jours précédant l’Aïd, période traditionnellement marquée par une forte affluence autour des points de vente de moutons.
Pour plusieurs acteurs associatifs locaux, il devient urgent de renforcer les opérations de contrôle et d’orienter les vendeurs vers le marché officiel afin de préserver la sécurité sanitaire et le cadre de vie des habitants.
En attendant, dans les rues de Sidi Moumen, les moutons continuent d’occuper garages, trottoirs et ruelles, symbole d’un commerce informel qui résiste encore aux tentatives d’organisation officielle.
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