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Anass Hajoui Publié le 07/05/26 à 10:42
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Cupidité addictive

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Un système est souvent construit pour fonctionner collectivement. Chacun prend sa place, respecte certaines limites, avance parce qu’il sait que l’ensemble reste stable. Puis quelqu’un commence à vouloir plus que prévu. Autrement dit, « tme3 » en arabe. Pas par nécessité, mais vraiment par réflexe. Plus parce qu’il supporte mal l’idée que d’autres puissent recevoir autant que lui. Tout SIM-PLE-MENT !

Et c’est là que tout change.

Dans le business, ça transforme les partenariats en rapports de méfiance. Les discussions deviennent stratégiques, les promesses perdent leur valeur, chacun anticipe déjà la manière dont l’autre pourrait profiter du système à son avantage. On ne cherche plus à construire quelque chose de solide, on cherche à prendre la meilleure position avant les autres.

Le plus frappant, c’est que cette logique déborde largement du business. On la retrouve partout dans le social. Des gens prêts à contourner des règles pensées pour aider collectivement juste pour récupérer davantage personnellement. Des personnes qui voient une opportunité et pensent immédiatement à ce qu’elles peuvent extraire avant que les autres arrivent.

Et le problème, c’est qu’une société ne fonctionne pas longtemps quand chacun commence à penser comme ça.

Parce qu’à partir du moment où les gens sentent que certains abusent constamment des systèmes, la confiance disparaît. Ceux qui respectaient les règles deviennent frustrés et ceux qui décident deviennent plus durs. Les mécanismes deviennent plus lourds, toute l’énergie finit consommée à essayer d’empêcher les abus au lieu de faire avancer les choses.

La cupidité ne détruit pas seulement des accords, elle détruit l’idée même qu’un équilibre collectif est possible.

Et le pire, c’est qu’aujourd’hui, beaucoup confondent encore ça avec de l’intelligence. Comme si être « malin » signifiait forcément prendre plus que sa part tant que personne ne peut nous arrêter. Alors qu’en réalité, un système s’effondre rarement parce qu’il manque de ressources. Il s’effondre surtout quand plus personne n’est capable de se limiter.

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