CGEM : bilan des trois dernières années

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Bilan de mandat à la CGEM Chakib Alj se dit « satisfait » de son passageChakib Alj, président de la CGEM et son vice-président Mehdi Tazi, lors de la présentation de son bilan de mandat à la tête de la CGEM, le 15 avril 2026, Casablanca © LeBrief

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Lors de sa dernière conférence de presse en tant que président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj s’est dit ressorti « satisfait » et a dressé un bilan riche et nuancé de son mandat (2023-2026).

C’est la fin et le début d’une nouvelle ère à la CGEM. Chakib Alj a fait le bilan de son passage à la tête de cette institution, le 15 avril 2026, à Casablanca. À ses côtés, Mehdi Tazi, vice-président général, a accompagné cette dynamique, permettant à la confédération de renforcer sa crédibilité et son impact auprès des entreprises, des pouvoirs publics et des partenaires internationaux.

Un contexte économique difficile, une réponse collective

Chakib Alj a souligné que les entreprises marocaines ont dû affronter une série de crises successives : la pandémie de Covid-19, les répercussions de la guerre en Ukraine, et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Ces chocs ont engendré une hausse des coûts logistiques, une inflation des matières premières et de l’énergie, ainsi que des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.

Face à ces défis, la CGEM a joué un rôle clef en proposant des solutions concrètes aux pouvoirs publics, notamment sur le financement de la trésorerie, l’adaptation des marchés publics et le soutien aux opérateurs du transport.

Pour Chakib Alj, la résilience passe par des réformes structurelles : « Il faut continuer à agir sur des sujets structurels. Renforcer notre souveraineté industrielle, accélérer la transition énergétique, améliorer notre compétitivité logistique et consolider l’attractivité du Maroc pour les investissements internationaux ». Ces priorités ont guidé l’action de la CGEM tout au long du mandat.

TPME, capital humain et RSE : les points saillants du mandat

Les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), qui représentent 95% des membres de la CGEM, ont été placées au cœur des priorités. Plusieurs avancées majeures ont été réalisées, notamment la loi 69-21 sur les délais de paiement qui a été mis en place pour lutter contre les retards de paiement, qui fragilisent les trésoreries des TPME.

Lire aussi : Présidence de la CGEM : le duo Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri officiellement validé

Les encours de crédits interentreprises, estimés à près de 400 milliards de dirhams, ont été ciblés par cette réforme. « La DGI a collecté 2 milliards de dirhams d’amendes; une réflexion est engagée pour définir la forme de leur mobilisation au bénéfice des TPME », a précisé Chakib Alj.

Au cours de ce mandat, la CGEM a plaidé pour un référentiel plus lisible et accessible, avec des mesures phares comme l’obligation de réserver 30% des marchés aux TPME marocaines et une préférence nationale de 15% pour les entreprises locales. En outre, la réalisation de la charte d’investissement dédiée aux TPME pour faciliter l’accès au financement et soutenir la croissance des petites et moyennes entreprises.

Chakib Alj a insisté sur l’importance du capital humain comme levier de croissance. Plusieurs initiatives ont été lancées pour moderniser la formation professionnelle et préparer les entreprises aux transformations technologiques, particulièrement à travers la réforme de la formation professionnelle continue, un système où seulement 1% des entreprises en bénéficient malgré des cotisations universelles. En plus, de l’initiative Morocco Innovation Lab pour rapprocher les entreprises de l’innovation, des startups et de la recherche pour accélérer la transformation numérique et améliorer la productivité.

Enfin, l’académie sociale de la CGEM pour les entreprises, permettant d’accompagner les transformations du cadre social et des ressources humaines. « Sans compétences, il n’y a ni productivité, ni montée en gamme », a rappelé Chakib Alj, soulignant l’urgence de moderniser le Code du travail, daté de 2004, pour l’adapter aux réalités de 2026.

La CGEM a également mis l’accent sur l’inclusion et la responsabilité sociale des entreprises (RSE), comme les Label RSE, le Label PME Responsable et les initiatives comme Morocco4Diversity et des partenariats pour l’employabilité des personnes en situation de handicap. La CGEM a cherché à mobiliser tous les talents, notamment les femmes, dont le taux d’activité reste faible (19%). « L’inclusion est une question de mobilisation de tous les talents », a affirmé Chakib Alj, rappelant que la diversité est un levier de croissance pour le Maroc.

Lire aussi : CGEM : le binôme Tazi-Bachiri seul candidat à la présidence

L’avenir de la CGEM : souveraineté industrielle et transition bas carbone

La CGEM a travaillé à renforcer la souveraineté industrielle du Maroc et à accélérer la transition vers une économie bas carbone, à travers le label Made in Morocco, Lancé en novembre 2025, ce label vise à promouvoir les produits locaux et à structurer les chaînes de valeur nationales. Aussi, le Taskforce décarbonation : la CGEM a contribué à la mise à niveau de l’outil Bilan Carbone et à la préparation des entreprises pour la transition énergétique. Ainsi que le renforcement des liens avec l’Union européenne, l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Afrique, avec une priorité donnée à la construction de chaînes de valeur continentales intégrées.

« Préparer l’avenir est une responsabilité collective », a déclaré Chakib Alj, soulignant l’importance de la coopération internationale pour le développement économique du Maroc. Enfin, Chakib Alj a mis en avant la modernisation en profondeur de la CGEM, notamment avec une réorganisation interne, une optimisation de la gestion financière, un réaménagement des sièges régionaux et une transition digitale avec la plateforme My CGEM.

Une gouvernance renforcée avec une révision des statuts et du règlement intérieur pour plus de transparence et de crédibilité. Tout en menant des études et analyses afin d’alimenter le débat public et renforcer les positions de la CGEM, notamment sur l’emploi, les chaînes de valeur africaines et les autorisations urbanistiques.

Le mandat de Chakib Alj à la tête de la CGEM aura été marqué par une action résolue pour moderniser l’écosystème entrepreneurial marocain, défendre les intérêts des TPME et préparer l’avenir économique du pays. Alors que Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri se présentent pour lui succéder, Chakib Alj laisse une confédération plus forte, plus moderne et plus résiliente, prête à relever les défis de demain.

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