Cover chronique HARMONIE
Anass Hajoui Publié le 16/04/26 à 10:21
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Rôle ingrat

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Il y a des fonctions dont on parle peu quand tout va bien, et évidemment le sales en fait partie. Tant que les résultats sont là, tout semble logique. Les ventes tombent, les objectifs sont atteints, la machine tourne. Tout se tient. Un département structuré, des objectifs clairs, des performances mesurables. Excellent ! Mais dès que les résultats ralentissent, le regard change. Et très vite, le doigt se pointe.

C’est souvent le premier réflexe. Moins de ventes, moins de performance, donc un problème côté commercial. L’équation paraît simple… trop simple, peut-être. Car derrière un chiffre, il y a toujours plus qu’une action. Un contexte, un produit, un positionnement, un timing. Mais dans l’urgence, on simplifie, et le sales devient responsable.

Pendant longtemps, son rôle a été résumé à une mission directe : vendre. Convaincre, conclure, performer. À présent, les attentes évoluent, le client est informé, exigeant, parfois même plus au fait que celui qui vend. Il ne cherche plus seulement une offre, il attend une compréhension. Et c’est là que le rôle change.

Vendre ne suffit plus. Il faut comprendre, anticiper, écouter. Il faut savoir lire entre les lignes, capter un besoin avant même qu’il ne soit formulé. Le bon sales n’impose pas, il oriente. Il ne pousse pas, il conseille. Il ne suit pas simplement une opportunité, il la construit. Mais ce travail-là ne se voit pas toujours.

On mesure une vente, rarement une écoute. On valorise un chiffre, rarement une intuition. Et pourtant, c’est souvent là que tout se joue. Dans ce moment où l’on choisit de ne pas vendre tout de suite, pour construire quelque chose de plus durable. Dans cette capacité à dire non, à attendre, à comprendre.

Dire que le sales est un pilier ne signifie pas qu’il est compris. Cela signifie simplement qu’il est indispensable. Parce qu’il est au contact, parce qu’il ressent le marché avant qu’il ne se formalise. Parce qu’il capte des signaux que les tableaux ne montrent pas encore.

Dans le business comme ailleurs, les rôles les plus exposés sont souvent les plus jugés. Pas parce qu’ils font moins, mais parce qu’ils sont en première ligne. Le sales avance, ajuste, encaisse, recommence. Et quand ça fonctionne, il est intégré au résultat. Quand ça ralentit, il devient la cause.

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