Allergies saisonnières au Maroc : ce que vous devez vraiment savoir

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Allergies saisonnières au Maroc : ce que vous devez vraiment savoirImage d'illustration © DR

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Éternuements en série, yeux qui piquent, crises d’asthme… Chaque printemps, des millions de Marocains subissent les mêmes symptômes sans toujours en comprendre l’origine. Pollens, acariens, moisissures : les allergènes sont partout, mais ils ne frappent pas au hasard. Dr Hamdi Tayeb répond à nos questions et démêle le vrai du faux sur les allergies saisonnières.

Toutes les régions du Maroc ne sont pas égales face aux allergies. Les zones agricoles sont les premières concernées, exposées à des concentrations élevées de pollens de céréales, de graminées et d’herbes sauvages. Parmi les plantes les plus irritantes, l’olivier tient une place à part. Dans les régions oléicoles, sa floraison printanière provoque chaque année une recrudescence des symptômes allergiques. « Les régions agricoles sont les plus touchées en matière d’allergies dues aux pollens », confirme Dr Tayeb.

Mais les zones urbaines ne sont pas épargnées pour autant. À Casablanca et dans d’autres grandes villes, c’est la pollution qui aggrave la situation : les particules fines fragilisent les muqueuses respiratoires et prédisposent les habitants à développer davantage d’allergies. Quant aux régions côtières – Tanger, Rabat, Casablanca – elles font face à un double front : aux pollens s’ajoutent les allergies aux acariens et aux moisissures, favorisées par l’humidité ambiante. « L’allergie aux moisissures et aux acariens est exacerbée au printemps par la présence des pollens », précise le médecin. Un cocktail particulièrement redoutable pour les personnes sensibles.

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Du pollen à l’asthme : comprendre le mécanisme

Le lien entre allergie au pollen et crise d’asthme est direct, mais souvent mal compris. Le système respiratoire constitue la principale porte d’entrée des allergènes vers les poumons, et c’est là que les choses se compliquent. Dr Tayeb tient à lever une idée reçue : tous les asthmes ne sont pas allergiques. Il existe d’autres formes d’asthme, sans lien avec les pollens. Mais l’allergie, elle, peut à la fois déclencher un asthme allergique et aggraver un asthme qui ne l’est pas. « L’allergie participe, que ce soit à un asthme allergique ou à aggraver un asthme qui n’est pas allergique mais qui est déclenché par les pollens. »

Pour ce qui est du diagnostic, il repose avant tout sur la clinique : les symptômes décrits par le patient, les signes présents et ceux qui sont absents. Des examens complémentaires peuvent être nécessaires : analyses de sang, tests cutanés où des antigènes en microdoses sont appliqués sur la peau pour observer la réaction de l’organisme. Dans les cas plus sévères, des épreuves fonctionnelles respiratoires permettent de mesurer la capacité pulmonaire et de localiser précisément le niveau du blocage : inspiration ou expiration. « L’asthme, c’est surtout en expiration », rappelle Dr Tayeb.

Traitements et gestes du quotidien : ce qui fonctionne vraiment

Sur le plan thérapeutique, les corticoïdes par voie nasale ou par inhalation restent les traitements les plus efficaces. Leur atout majeur : ils agissent en microdoses directement absorbées par les muqueuses, sans les effets secondaires des corticoïdes par voie générale. Dr Tayeb met d’ailleurs en garde contre ce recours trop fréquent : « Les gens prennent des corticoïdes tout le temps et toujours, et ça pose beaucoup de problèmes par la suite ». Le traitement local, lui, peut être suivi sur le long terme sans risque, à condition d’être rigoureux.

Car la rigueur est précisément le maître mot en matière d’allergies saisonnières. Côté gestes quotidiens, les recommandations du médecin sont claires et pratiques. Aérer son logement deux fois par jour, certes, mais pas n’importe quand. « Il faut aérer très tôt le matin ou tard le soir, car c’est à ces moments que la concentration de pollens dans l’air est minimale ». À midi ou en milieu d’après-midi, c’est l’inverse : le taux de pollens atteint son pic. Prendre une douche et laver ses cheveux le soir avant de se coucher évite de déposer des pollens sur l’oreiller. Ne pas faire sécher ses vêtements à l’extérieur pendant la saison allergique. Et en voiture, garder les vitres fermées pour ne pas accumuler les pollens en route.

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Pour les enfants allergiques, Dr Tayeb insiste sur un point fondamental : ne jamais les exclure du sport ou des activités en plein air. « Il ne faut pas interdire à l’enfant de jouer ou de faire du sport ». L’essentiel est qu’il ait son traitement avec lui, et pour les enfants asthmatiques, de le prendre avant la séance sportive. Surtout, être anticipatif : commencer le traitement au minimum deux semaines avant le début de la saison allergique, et chaque année, sans exception, vacciner l’enfant contre la grippe. Des gestes simples, mais qui font toute la différence entre une saison subie et une saison maîtrisée.

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