Casablanca face aux pigeons : entre nuisance et équilibre urbain
Des pigeons en plein centre-ville de Casablanca, le 12 mars 2026, Casablanca © LeBrief
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Les habitants du centre-ville de la métropole se plaignent constamment des ravages causés par les pigeons sur leurs biens. En effet, les fientes de ces oiseaux, hautement acides, abîment la peinture des voitures, salissent le sol et les façades… Cette situation pousse les habitants à installer des effaroucheurs ou des rapaces en plastique pour les éloigner.
Pourtant, les pigeons font partie intégrante du paysage urbain. Leur présence, bien que naturelle, soulève des questions d’ordre écologique, sanitaire et esthétique. Karim Boudher, responsable de Casablanca Baïa, explique que ces oiseaux, parfaitement adaptés à la ville, jouent un rôle dans l’écosystème, mais que leur surpopulation engendre des nuisances majeures.
Les pigeons : des acteurs ambivalents de l’écosystème urbain
Les pigeons ne se résument pas à des nuisibles. Selon Karim Boudher, ils contribuent à l’équilibre urbain en jouant un rôle de nettoyeurs opportunistes : en se nourrissant des restes alimentaires abandonnés dans les rues, ils participent à limiter la prolifération d’autres animaux indésirables. Le spécialiste souligne également que « les pigeons sont des indicateurs de nos comportements ; leur prolifération reflète directement nos habitudes, notamment le gaspillage alimentaire ou le nourrissage volontaire ».
Cependant, lorsque leur population devient excessive, les nuisances s’intensifient et deviennent difficiles à ignorer. Les fientes souillent façades, monuments et terrasses, tout en accélérant la dégradation des matériaux. Par ailleurs, les pigeons peuvent être vecteurs de maladies telles que la psittacose ou la salmonellose. Ils occasionnent également des dommages matériels en nichant dans les installations techniques.
« L’enjeu n’est pas d’éradiquer les pigeons, mais de réguler leur population et de limiter les nuisances, en agissant à la fois sur les oiseaux et sur les comportements humains », indique Karim Boudher.
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Les solutions mises en place par Casablanca Baïa
Pour contenir la présence des pigeons, Karim Boudher précise que Casablanca Baïa déploie une stratégie combinant plusieurs actions. Elle repose notamment sur des dispositifs anti-nidification, avec l’installation de filets sur les sites les plus exposés, comme les arbres et les structures métalliques. S’y ajoutent des opérations de dénichage dans les zones critiques, le recours à des lance-filets pour capturer les pigeons dans les secteurs saturés, ainsi qu’un redéploiement contrôlé. Enfin, des produits naturels sont pulvérisés sur les nids afin d’empêcher l’éclosion des œufs.
Face à cette situation, la ville a adopté, en 2018, un arrêté municipal interdisant de nourrir les animaux errants dans les espaces publics. Des panneaux signalétiques rappellent cette interdiction, tandis que des campagnes de sensibilisation en expliquent les enjeux et les conséquences du nourrissage anarchique.
« La responsabilité citoyenne est essentielle. Si nous continuons à nourrir les pigeons et à laisser des déchets alimentaires, aucune mesure technique ne suffira », alerte le spécialiste. Les campagnes de nettoyage, comme celle menée autour de la place des Nations unies, illustrent l’ampleur des dépenses engendrées par les pigeons. Ces opérations mobilisent des équipements spécialisés (nacelles, nettoyeurs haute pression) et des budgets conséquents, se chiffrant en centaines de milliers de dirhams.
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Pourquoi la capture et la délocalisation ne sont-elles pas des solutions miracles ?
Bien que la capture et le déplacement des pigeons soient possibles, Karim Boudher en souligne les limites. Ces mesures restent temporaires : les pigeons se reproduisent rapidement, et leur population se reconstitue dès que les ressources alimentaires demeurent abondantes.
De plus, les pigeons urbains, descendants du pigeon biset domestiqué, peinent à survivre dans un milieu naturel, où la nourriture et les abris se font plus rares. « Une régulation durable ne peut s’obtenir qu’en adaptant l’environnement urbain et en modifiant les comportements humains », ajoute l’expert.
En outre, plusieurs facteurs expliquent la croissance de la population de pigeons à Casablanca. Parmi eux : les restes alimentaires laissés dans les rues et le nourrissage volontaire, l’architecture des corniches, toits et monuments offrant des abris idéaux, l’absence de prédateurs en milieu urbain, ainsi que le climat favorable de la ville qui permet aux pigeons de se reproduire tout au long de l’année. « La gestion des pigeons est un enjeu qui nécessite une action conjointe de la ville et des citoyens pour obtenir des résultats durables », conclut Karim Boudher.
Les pigeons à Casablanca ne sont pas une fatalité. Leur population peut être maîtrisée grâce à des mesures techniques combinées à une réelle prise de conscience citoyenne. Comme le souligne Karim Boudher, la solution réside dans un équilibre entre les actions de la municipalité et la responsabilité individuelle des habitants.
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capturer les pigeons et les rammener en milieu rural ( en dehors du milieu urbain) est une action inutile. Les pigeons urbains lachés dans la nature retournent immédiatement aux lieux où ils été capturés.