Médicaments : le Conseil de la concurrence réclame une refonte du système de prix pour sauver la distribution
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Le Conseil de la concurrence tire la sonnette d’alarme sur la viabilité de la chaîne de distribution des médicaments au Maroc. Dans son avis n°A/6/25, l’institution appelle à une révision en profondeur du système actuel de fixation des prix, qu’elle juge trop rigide pour assurer la pérennité des grossistes répartiteurs et des pharmacies d’officine, tout en fragilisant la compétitivité de la production pharmaceutique locale face à des importations qui ont atteint 10,6 milliards de dirhams en 2024, pour seulement 1,6 milliard à l’export.
Des marges à remodeler pour chaque maillon de la chaîne
Pour les établissements grossistes répartiteurs, le Conseil recommande l’adoption d’un modèle hybride combinant marge proportionnelle et forfait fixe par unité distribuée, afin de garantir une rémunération minimale indépendante du prix du médicament. Côté pharmacies, il préconise un système mixte associant marge commerciale et honoraires de dispensation, valorisant ainsi l’acte pharmaceutique. Une revalorisation spécifique est également réclamée pour les médicaments onéreux des tranches 3 et 4, dont la faible marge actuelle décourage leur présence dans le circuit grossiste et menace leur disponibilité sur l’ensemble du territoire.
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Libéralisation partielle et révisions plus fréquentes
Le Conseil propose par ailleurs de réduire la périodicité des révisions de prix de cinq à trois ans et d’harmoniser les méthodes de calcul, pour combler les écarts observés avec les marchés étrangers. Les médicaments à prix fabricant très faible seraient protégés de toute révision systématique afin de ne pas fragiliser davantage les acteurs qui les distribuent. À l’opposé, les médicaments non remboursables dits de confort verraient leurs prix libéralisés, laissant le marché réguler librement leur valeur, une pratique déjà en vigueur dans plusieurs pays comparables.
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