Marocains détenus en Syrie et en Irak : la coordination des familles alerte sur des disparitions possibles
Des Kurdes emmènent des femmes et des enfants pour les déposer au camp d'Al Hol, en février 2019 © Chris Huby / Le Pictorium
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La Coordination nationale des familles des Marocains détenus en Syrie et en Irak a annoncé, dans un communiqué daté du 22 janvier, avoir saisi plusieurs institutions marocaines pour obtenir des informations sur la situation de leurs proches. Le sort de ces derniers demeure inconnu depuis des années.
La coordination indique avoir adressé des courriers au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, au ministère de la Justice et au Conseil national des droits de l’Homme. Elle explique que des familles n’ont plus aucun contact avec des citoyens marocains qui étaient détenus par les Forces démocratiques syriennes (FDS) depuis l’arrêt, il y a plus de deux ans pour certains, du travail de coordination assuré par la Croix-Rouge internationale. « L’arrêt de ce dispositif a rendu le sort d’une multitude de détenus totalement inconnu pour leurs proches », écrit la coordination.
Les proches redoutent notamment des transferts non annoncés. En effet, selon le communiqué, des informations circulent sur le déplacement d’un nombre de détenus du nord-est de la Syrie vers l’Irak, « sans publication de listes officielles ni notification aux familles », ce qui suscite « de réelles craintes » de cas d’enlèvements ou de disparitions forcées. La coordination souligne que parmi les personnes concernées figurent des hommes, des femmes, des enfants mineurs et des familles entières vivant « dans des conditions humanitaires et sanitaires difficiles » au sein de prisons et de camps, citant en particulier les camps d’Al-Hol et d’Al-Roj.
La Coordination tient à clarifier sa posture : elle « ne réclame pas la libération de qui que ce soit et ne cherche pas à justifier d’éventuels crimes », mais demande expressément à l’État marocain d’exercer son devoir de protection des citoyens à l’étranger.
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Absence de données vérifiées
La Coordination nationale appelle d’abord à la publication de listes officielles des citoyens marocains qui étaient détenus par les Forces démocratiques syriennes. Selon elle, l’absence de données publiques et vérifiées contribue à entretenir l’incertitude et empêche les familles de savoir si leurs proches figurent toujours parmi les personnes retenues dans les zones concernées.
Elle demande également que les autorités marocaines identifient avec précision les lieux de détention actuels de ces ressortissants ainsi que leur situation juridique. La coordination estime que cette clarification est indispensable pour évaluer les risques encourus et déterminer les voies légales et diplomatiques envisageables.
Un autre point central des revendications concerne le droit des familles à connaître le sort de leurs proches. La coordination insiste sur la nécessité d’une communication officielle permettant de mettre fin à des années d’attente, d’angoisse et de silence, vécues par des dizaines de familles marocaines.
Enfin, la coordination plaide pour l’ouverture de canaux formels avec les autorités concernées, y compris les autorités irakiennes, dans le cadre des mécanismes de coopération judiciaire existants. Elle considère ce dialogue institutionnel comme un préalable indispensable à tout traitement sérieux et humain de ce dossier.
La coordination renouvelle sa demande d’« intervention urgente » et d’ouverture d’une « enquête diplomatique » pour mettre un terme à la souffrance de dizaines de familles qui vivent, selon elle, dans un état d’attente et d’angoisse permanent depuis plusieurs années.
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