Université des Nations unies : le monde entre dans l’ère de « l’insolvabilité hydrique »
Image d’illustration. © DR
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La planète est entrée dans une nouvelle phase critique de la crise de l’eau. Selon un rapport publié le 20 janvier par l’Université des Nations unies (UNU), de nombreux systèmes hydriques à travers le monde ont franchi des seuils irréversibles, au point que les notions traditionnelles de « stress hydrique » ou de « crise de l’eau » ne suffisent plus à décrire la réalité actuelle. Les chercheurs parlent désormais d’« insolvabilité hydrique mondiale ».
Présenté au siège des Nations unies à New York, le rapport met en évidence des dommages profonds et durables causés par des décennies d’activités humaines, notamment la déforestation, la pollution, la dégradation des sols, la surexploitation des ressources en eau et l’épuisement chronique des nappes phréatiques, aggravés par le réchauffement climatique.
« Ce que nous avons documenté dans ce rapport correspond à une réalité différente », a déclaré Kaveh Madani, directeur de l’Institut de l’UNU pour l’eau, l’environnement et la santé. Selon lui, l’insolvabilité hydrique combine à la fois l’« insoutenabilité » des prélèvements et le caractère irréversible de certaines dégradations infligées au capital naturel lié à l’eau.
Une crise structurelle, non conjoncturelle
Contrairement à une crise ponctuelle, l’insolvabilité hydrique désigne une situation dans laquelle les systèmes hydriques ne peuvent plus revenir à leur état antérieur dans des délais humains raisonnables, ou seulement au prix de coûts extrêmement élevés. Le rapport précise que ce phénomène ne concerne pas uniquement les régions arides : même des zones régulièrement exposées aux inondations peuvent être considérées comme insolvables si leur consommation dépasse durablement les ressources renouvelables disponibles.
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Sans affirmer que l’ensemble de la planète est déjà en faillite hydrique, Kaveh Madani souligne qu’un nombre suffisant de bassins et d’écosystèmes critiques ont franchi ces seuils, modifiant en profondeur la cartographie des risques mondiaux. Ces déséquilibres se répercutent sur les marchés alimentaires, les chaînes d’approvisionnement, les dynamiques migratoires, la stabilité politique et les relations géopolitiques.
Des constats inquiétants
Le rapport dresse un constat inquiétant : près de 75% de la population mondiale vit dans des pays confrontés à une insécurité hydrique ou à un niveau de stress critique. Ce déséquilibre structurel se traduit par des privations concrètes : plus de deux milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une eau potable gérée de manière sûre, tandis que 3,5 milliards demeurent privées de services d’assainissement adéquats.
La fréquence et l’intensité des épisodes de pénurie sont également préoccupantes : environ quatre milliards de personnes subissent au moins un mois de pénurie d’eau sévère chaque année, un phénomène qui aggrave la vulnérabilité des communautés et pèse sur la sécurité alimentaire et sanitaire.
Les signes de dégradation des milieux naturels sont massifs et durables. Les niveaux de plus de la moitié des grands lacs mondiaux ont diminué depuis le début des années 1990, et près de 35% des zones humides naturelles ont disparu depuis les années 1970, une perte de capital écologique comparable à l’étendue d’un grand continent.
Du côté des ressources souterraines, la situation est tout aussi alarmante : près de 70% des grandes nappes phréatiques montrent une tendance à la baisse à long terme, signe d’un épuisement systémique qui compromet l’approvisionnement futur.
Le rapport évalue, de surcroît, à environ 307 milliards de dollars par an le coût des impacts liés aux « sécheresses d’origine anthropique » (épisodes de manque d’eau exacerbés ou causés par les activités humaines), et rappelle qu’en 2022 et 2023 près de deux milliards de personnes ont vécu dans des conditions de sécheresse, témoignant de l’ampleur et de la récurrence du phénomène.
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Un risque mondial interconnecté
Les auteurs insistent sur le caractère systémique de la crise. L’eau étant au cœur des systèmes agricoles, alimentaires et énergétiques, toute dégradation locale peut avoir des répercussions mondiales. « Lorsque la pénurie d’eau compromet l’agriculture dans une région, les effets se propagent vers les marchés internationaux, la sécurité alimentaire et la stabilité politique ailleurs », souligne le rapport.
Cette interdépendance transforme l’insolvabilité hydrique en un risque global partagé, dépassant largement les frontières nationales.
Appel à une stratégie de redressement
L’Université des Nations unies appelle à un changement de cap urgent. Il s’agit, selon le rapport, de passer d’interventions d’urgence à court terme à une stratégie réfléchie visant à prévenir des dommages irréversibles. Les recommandations incluent la réduction et la redistribution de la demande en eau, la transformation des secteurs fortement consommateurs, notamment l’agriculture, la lutte contre les prélèvements illégaux et la pollution, ainsi que la protection des zones humides.
Le rapport insiste également sur la nécessité d’accompagner équitablement les communautés dont les moyens de subsistance devront évoluer, afin d’éviter que le coût de la transition ne pèse de manière disproportionnée sur les populations les plus vulnérables.
« L’insolvabilité hydrique devient un moteur de fragilité, de déplacements et de conflits », a averti le sous-secrétaire de l’ONU et recteur de l’UNU, Tshilidzi Marwala, appelant à une gestion juste et inclusive pour préserver la stabilité sociale.
Kaveh Madani a, de son côté, tenu à écarter toute lecture fataliste du rapport. « Notre message aujourd’hui n’est pas le désespoir, mais la clarté », a-t-il déclaré. Selon lui, reconnaître l’ampleur réelle du problème dès maintenant permet d’élargir le champ des options politiques et économiques disponibles. À l’inverse, retarder l’action risque de transformer des tensions encore maîtrisables en pertes irréversibles à l’échelle mondiale.
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