États-Unis : la Fed baisse ses taux malgré les divisions
La Réserve fédérale américaine © DR
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La Réserve fédérale américaine (Fed) a réduit mercredi ses taux directeurs d’un quart de point, les ramenant dans une fourchette de 3,50% à 3,75%. Il s’agit de la troisième baisse consécutive, dans un contexte marqué par des désaccords croissants au sein de la banque centrale sur l’impact de cette politique sur l’inflation et l’emploi.
Un vote divisé et des signaux prudents
Malgré une décision largement anticipée par les marchés financiers, le vote au sein du comité monétaire a révélé des tensions. Trois des douze votants se sont opposés à la décision :
- Deux, Jeffrey Schmid (Fed de Kansas City) et Austan Goolsbee (Fed de Chicago), voulaient maintenir les taux inchangés ;
- Un, Stephen Miran, nommé récemment par Donald Trump, plaidait pour une baisse plus agressive d’un demi-point.
Face à ces divergences, l’institution a ajouté une précision scrutée par les investisseurs : “l’ampleur et le calendrier” des futurs ajustements dépendront strictement de l’évolution des indicateurs économiques.
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Lors de sa conférence de presse, le président de la Fed, Jerome Powell, a assuré que les taux se situent désormais au bon niveau pour évaluer la trajectoire de l’économie américaine. Il a toutefois souligné que les risques persistent : une inflation encore supérieure à l’objectif de 2% et un marché de l’emploi qui montre des signes d’essoufflement.
La paralysie budgétaire complique l’équation
La Fed a dû statuer dans un contexte de shutdown prolongé à l’automne, qui a bloqué la publication de plusieurs indicateurs essentiels.
Les derniers chiffres disponibles datent de septembre :
- Chômage : 4,4%,
- Inflation : 2,8%, au-dessus de la cible.
Certaines données n’ont même pas pu être reconstituées, fragilisant la base statistique sur laquelle reposent les prévisions mises à jour ce mercredi. Les prochains indicateurs ne seront publiés que la semaine prochaine.
Des perspectives révisées… et un changement majeur en 2026
Selon la nouvelle médiane des projections des responsables de la Fed, l’économie américaine pourrait afficher :
- Une croissance de 2,3% en 2026 (contre 1,8% précédemment),
- Une inflation ramenée à 2,4% (au lieu de 2,6%),
- Un chômage stable à 4,4%.
L’institution n’anticipe désormais qu’une seule nouvelle baisse des taux en 2026.
Mais l’horizon économique n’est pas la seule variable : la Fed elle-même va changer de visage. Le mandat de Jerome Powell s’achève au printemps prochain, et Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche, doit nommer son successeur. Son conseiller économique, Kevin Hassett, figure parmi les favoris.
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Le président américain affiche ouvertement son souhait de voir la future Fed mener une politique monétaire plus accommodante. Toutefois, le système de rotation des votants fera entrer en fonction plusieurs responsables réputés “faucons”, davantage attachés à la lutte contre l’inflation qu’au soutien de l’économie.
Une baisse de taux sous pression politique et économique
Cette nouvelle détente monétaire intervient après une première baisse en septembre, alors que la Fed cherchait à prévenir une vague de licenciements. L’institution avait jusqu’ici résisté aux pressions répétées de Donald Trump en faveur de taux plus bas, craignant que ses propres mesures tarifaires n’alimentent l’inflation.
Aujourd’hui, la Fed navigue entre des signaux économiques brouillés, des divisions internes et une transition politique susceptible de redéfinir son cap. Et si le marché attend déjà les prochaines décisions, l’institution, elle, se réserve désormais le droit d’ajuster son rythme en fonction des données à venir. Autant dire que l’incertitude demeure.
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