Hausse des importations céréalières et recomposition des approvisionnements en 2025-2026

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Le secteur meunier au Maroc face à l’épreuve de la concurrence, de la subvention et de la sécurité alimentaireImage d'illustration. © DR

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Les importations marocaines de céréales et de produits dérivés pour la campagne 2025-2026 (du 1ᵉʳ juin au 30 novembre) révèlent une augmentation globale de 8% par rapport à la même période en 2024-2025, selon les données compilées par la Fédération nationale des Céréales et Légumineuses (FNCL).

Avec un total de près de 5 millions de tonnes, cette progression s’inscrit dans un contexte de forte dépendance aux marchés internationaux, marqué par des changements notables dans les origines et les ports d’arrivée.

Les céréales en tête de la croissance

Le blé dur et le maïs tirent la croissance, avec des hausses respectives de 35% et 22%. Le blé dur, principalement importé du Canada, atteint 577.382 tonnes, tandis que le maïs, en provenance majoritairement du Brésil et des États-Unis, dépasse 1,6 million de tonnes.

À l’inverse, l’orge enregistre un recul spectaculaire de 45%, passant de 402.265 tonnes à 222.064 tonnes, reflétant peut-être des ajustements dans les besoins fourragers ou des substitutions par d’autres céréales.

Lire aussi: Céréales : hausse des importations entre juin et octobre 2025

Le blé tendre, avec 2,36 millions de tonnes (+4%), reste le pilier des importations, dominé par les origines françaises (70% des volumes). La France conserve ainsi sa position de premier fournisseur, suivie par la Russie, les États-Unis et les pays baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie).

Les importations de produits dérivés (tourteaux, pulpes, coques) accusent une baisse de 15%, à 1,04 million de tonnes. La pulpe de betterave et le son de blé chutent respectivement de 46% et 38%, tandis que les tourteaux de colza bondissent de 169%, portés par une demande accrue et des approvisionnements diversifiés (Bulgarie, Canada, Allemagne). Les tourteaux de soja, bien qu’en légère baisse (-9%), restent dominants (35% des produits dérivés), avec les États-Unis et l’Argentine comme principaux fournisseurs.

Casablanca, plaque tournante des importations

Le port de Casablanca concentre 64% des volumes totaux, devant Jorf Lasfar (20%) et Agadir (10%). Cette répartition confirme le rôle central de Casablanca dans la logistique céréalière nationale. Les membres de la FNCL captent 82% des importations de céréales et 87% des produits dérivés, illustrant leur poids dans la filière.

Lire aussi: Céréales : des contrastes marqués entre 2024 et 2025

La France reste le premier partenaire commercial (31% des céréales), mais la Russie, les États-Unis et les pays baltes gagnent en importance. Pour le maïs, le Brésil (60% des volumes) et l’Argentine complètent le trio de tête. Les tourteaux de soja proviennent majoritairement des États-Unis (72%), tandis que les tourteaux de tournesol sont approvisionnés depuis l’Ukraine, la Roumanie et l’Argentine.

Cette campagne souligne la dépendance accrue du Maroc aux marchés internationaux, avec des risques liés à la volatilité des prix et des approvisionnements. La diversification des origines (notamment vers les pays baltes et l’Amérique du Sud) pourrait atténuer ces risques, mais la concentration des arrivées à Casablanca pose la question de la résilience logistique.

Alors que la filière céréalière marocaine s’adapte à ces dynamiques, les acteurs appellent à une meilleure planification et à des investissements dans les infrastructures portuaires pour sécuriser les approvisionnements futurs.

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