Le burnout ne se voit pas forcément. Il ne claque pas la porte, il ne s’annonce pas, il ne laisse pas d’indices visibles. Il s’installe doucement dans ces métiers où l’on veut tellement bien faire qu’on finit par faire disparaître les signes de son propre épuisement. On se dit que c’est la période, que ça passera, que c’est le rythme. Et pendant que les projets s’enchaînent, c’est nous qui nous effilons.
De nos jours, on ne travaille pas seulement vite, on travaille en anticipant, en absorbant, en rassurant. On est la zone tampon entre l’urgence des autres et la solution attendue. Chaque demande est importante, chaque minute compte, chaque détail peut devenir un problème. On gère, on ajuste, on corrige. Et plus on tient, plus on nous demande de tenir encore.
Le glissement commence là. Dans cette logique où l’implication devient disponibilité, où la compétence devient réflexe, où la charge devient norme. On ne dit plus qu’on est fatigué, on dit qu’on « finira ce soir ». On ne dit plus qu’on a besoin d’air, on dit qu’on « bouclera demain ». Et le lendemain se met à ressembler à la veille, un peu plus lourd, un peu plus mécanique.
Le burnout ne frappe jamais les moins engagés. Il emporte les consciencieux, les fiables, ceux qui ne veulent décevoir personne. Ceux qui ont transformé le professionnalisme en vigilance permanente. Ceux qui pensent encore que tout repose sur eux. Et quand ils s’effondrent, on s’étonne, comme si la solidité empêchait la casse.
Dans ce secteur, la pression n’est presque jamais imposée. Elle est intégrée. On veut être bon, rapide, précis, utile. On veut que ça fonctionne, que ça avance, que ça tienne. On s’excuse d’être fatigué. On minimise les signaux. On croit que c’est le métier qui veut ça. Et c’est exactement là que l’épuisement passe pour une étape normale.
On parle beaucoup de gestion du stress, de résilience, de motivation. Mais le problème n’est pas individuel. Il est culturel. On valorise ceux qui absorbent, on s’appuie sur ceux qui tiennent, on admire ceux qui « gèrent ». On ne regarde pas ce que ça leur coûte. La performance masque la fatigue, jusqu’au jour où elle ne masque plus rien.
Le burnout n’arrive pas parce qu’on n’est pas assez fort. Il arrive parce qu’on n’a plus le temps de s’en rendre compte. Le corps prévient doucement. L’esprit temporise longtemps. Et quand le mur arrive, il n’arrive jamais seul : il arrive avec la culpabilité de ne pas avoir tenu, l’impression d’avoir trahi quelque chose, ou quelqu’un.
Ce n’est pourtant pas une affaire de faiblesse, c’est une affaire de rythme. Un rythme qui avale tout, même le bon sens. Un rythme où l’on parle d’équilibre sans l’incarner. Un rythme où l’urgence devient un style de travail, et l’épuisement un signe d’implication.
Le secteur de la communication vit sur une tension permanente : produire beaucoup, vite, et avec le sourire. Mais on oublie que derrière le sourire, il y a des nuits courtes, des respirations coupées, des pensées qui ne s’arrêtent pas. On oublie qu’une idée se fabrique avec de la clarté, pas avec de la fatigue.
Il faut arrêter de traiter le burnout comme une surprise. C’est le résultat logique d’un modèle où le don de soi passe avant la survie de soi. Un modèle qui valorise la présence, pas la santé. Un modèle qui dit merci aux efforts, sans voir qu’ils viennent d’une réserve qui finit par se vider.
Le travail continuera. Les deadlines aussi. Les urgences ne disparaîtront jamais vraiment. Mais les gens, eux, s’épuisent. Et une fois qu’ils tombent, ce n’est jamais un planning qu’on perd. C’est une personne.
Le burnout n’est pas un accident. C’est un avertissement.
Un avertissement que l’on n’écoute jamais au moment où il faudrait.
Un avertissement qui dit que bien faire ne devrait pas signifier se faire mal.
Dans ce métier, il n’y a pas de honte à ralentir. La honte, c’est d’avoir construit un système qui pousse les plus consciencieux à disparaître en silence.
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