Mon ami Icare : une pièce dramatique née à Casablanca et portée par la passion
La pièce, Mon ami Icare, jouée au théâtre du CAFC le 1er novembre 2025 à Casablanca © LeBrief
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L’histoire de la pièce de théâtre Mon ami Icare commence dans le bureau d’un avocat casablancais, Grégoire Chaste, animé depuis toujours par l’envie d’écrire. Son objectif, évoquer les relations humaines, les dilemmes moraux intemporels, et même, en filigrane, la ville de Reims, chère à son cœur. De cette ambition naît une œuvre théâtrale audacieuse, à la croisée du drame et du suspense.
Pour donner vie à son texte, Chaste part à la recherche d’un metteur en scène. Une recherche qui le conduit, presque par hasard, à Hervé Chourreau, directeur d’une école de théâtre à Casablanca. Ensemble, ils retravaillent le texte et montent une troupe soudée par la passion et la persévérance. Après de nombreuses péripéties, la pièce voit le jour, fruit d’une collaboration fondée sur la ténacité et l’amour du théâtre.
Une intrigue entre pouvoir, trahison et rédemption
Au cœur de cette pièce, un scénario haletant : Karl, avocat ambitieux, s’engage dans une carrière politique après avoir conseillé un mafieux local, Francky Carbone. Pour financer sa campagne, il sollicite l’aide de ce dernier, un choix fatal qui ouvre la fameuse boîte de Pandore. Les fantômes du passé ressurgissent et plongent les protagonistes dans un tourbillon de trahisons, de rancunes et de jalousies.
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La pièce, jouée à nouveau le 1er novembre 2025 sous la direction d’Hervé Chourreau, séduit par son mélange de tension dramatique et de moments d’humour subtils. Le personnage d’Arthur, notamment, apporte une touche de légèreté bienvenue au cœur de ce drame moderne.
Une troupe soudée et passionnée
Pour Chourreau, cette pièce se distingue dans le paysage théâtral marocain : « La plupart des pièces jouées ici sont des comédies légères. Celle-ci ose le registre dramatique, avec une intrigue et un vrai suspense ».
Le metteur en scène ne cache pas sa fierté envers ses comédiens, qu’il qualifie d’« exceptionnels », et espère prolonger l’aventure dans tout le pays de Rabat à Tanger, en passant par Marrakech, voire dans les instituts français du Maroc.
Parmi les acteurs, la comédienne Kahina Benakli, également réalisatrice, se réjouit de son rôle de Victoria : « Trois semaines pour préparer le personnage, un défi ! Mais quel bonheur de jouer avec une équipe aussi généreuse et bienveillante ».
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Pour d’autres, comme Taïbi Benhima ou Younes Benaddou, le théâtre est avant tout une passion parallèle, un espace d’expression et de culture. Benhima évoque même un projet d’adaptation en arabe (darija), convaincu que la pièce « mérite d’être diffusée plus largement pour ses valeurs morales et humaines ».
Un projet culturel porteur d’espoir
Au-delà de la scène, Mon ami Icare incarne un mouvement culturel et collectif. Une œuvre née de la rencontre entre amateurs et professionnels, entre Casablanca et Reims, entre le droit et la création artistique.
Chaque représentation devient une célébration du partage, du travail d’équipe et du pouvoir des histoires à questionner nos choix moraux. À travers Karl, Francky, Victoria et les autres, la pièce raconte, avec intensité, que nul ne peut fuir son passé, mais que le théâtre, lui, peut en faire une belle leçon d’humanité.
Une étude révèle que les industries culturelles représentent 2,3% du PIB marocain, créent 116.000 emplois mais restent fortement pénalisées par le manque de financement.
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