5 MMDH pour l’enseignement : à qui profite le foncier public ?

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Enquête TALIS 2024 : profil, pratiques et défis des enseignantsUne classe dans une école © DR

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En 2024, le Maroc a intensifié la mobilisation de son foncier public au service de l’enseignement et de la formation. Extension des universités, appui à la formation professionnelle, mais aussi disparités régionales : l’année illustre une stratégie où l’éducation devient un levier d’aménagement du territoire.

L’enseignement et la formation s’imposent désormais comme des axes majeurs de la politique foncière nationale. Selon le rapport 2024 sur le foncier public mobilisé pour l’investissement, 15 projets ont été approuvés dans ce domaine. Ils couvrent plus de 228 hectares et représentent 5,3 milliards de DH (MMDH) d’investissements, avec près de 2.200 emplois à la clé.

Ces projets confirment le rôle du foncier domanial comme instrument de développement éducatif. Mais derrière ces avancées, des disparités régionales persistent, soulevant la question de l’équilibre territorial.

5,3 MMDH mobilisés : quels projets ?

En 2024, la Direction des Domaines de l’État a concrétisé une quinzaine de projets éducatifs. Ils portent sur la construction d’établissements de formation professionnelle et la mise à disposition de terrains pour de nouvelles universités et écoles techniques.

Lire aussi : PLF 2026 : le Maroc est-il prêt pour les catastrophes naturelles ?

Le secteur de l’enseignement figure parmi les dix principaux bénéficiaires du foncier public, aux côtés de l’énergie, de l’industrie et du tourisme. Il concentre près de 10% du volume total des investissements fonciers publics.

L’objectif est clair : renforcer l’offre de formation dans les régions à fort potentiel économique, notamment celles tournées vers l’industrie, les énergies renouvelables ou l’agroalimentaire. Mais cette dynamique reste encore très concentrée géographiquement.

Souss-Massa : un pôle en devenir

La région de Souss-Massa illustre cette montée en puissance. En 2024, elle a mobilisé 122 hectares pour 12 projets d’investissement, dont une majorité dédiée à la formation. Le montant engagé dépasse 710 millions de DH (MDH), avec 2.075 emplois prévus.

Ce choix traduit une volonté de rapprocher la formation professionnelle des bassins industriels d’Agadir et Tiznit. Pourtant, le rapport note que 77% des emplois créés dans la région proviennent du secteur industriel. La formation reste donc souvent perçue comme un soutien indirect plutôt qu’un pilier autonome de développement.

Tourisme : 16 MMDH de foncier public, pour quelle relance réelle ?

Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Marrakech-Safi en tête

Deux régions dominent la carte foncière éducative de 2024. Dans le Nord, 17 hectares ont été affectés à 11 projets, totalisant 617 MDH d’investissement et 4.185 emplois. L’enseignement et la formation y représentent 18% des projets, derrière l’industrie (45%).

La région de Marrakech-Safi, elle, s’impose comme le premier pôle éducatif bénéficiaire du foncier public. Avec 349 hectares mobilisés pour 7 projets, elle concentre 5,4 MMDH d’investissements et 1.873 emplois. Ici, 82% des investissements concernent directement l’enseignement et la formation.

Des déséquilibres à corriger

Les écarts régionaux restent marqués. Dans des zones comme Béni Mellal-Khénifra ou Drâa-Tafilalet, la mobilisation du foncier éducatif demeure marginale, parfois moins de 2% des superficies allouées.

Cette concentration interroge la stratégie nationale : faut-il continuer à renforcer les régions déjà bien dotées ou orienter les efforts vers les territoires en retard ?

Le rapport ne précise pas non plus la part entre projets publics et privés, ni la nature exacte des établissements créés. Cette absence de données complique l’évaluation de leur impact sur l’accès réel à la formation.

Vers une gouvernance foncière plus équitable

Dans un contexte où le Maroc veut aligner son système éducatif sur les besoins du marché du travail, la question du foncier devient stratégique. Il ne s’agit plus seulement d’un levier d’investissement, mais d’un outil d’équité territoriale et sociale.

Foncier public : pari gagnant pour la relance économique ?

En 2024, plus de 228 hectares ont été mobilisés et plus de 5 MMDH investis pour l’éducation. Une preuve de volonté politique forte. Mais la concentration géographique et le manque de visibilité sur les retombées pédagogiques appellent à une refonte de la stratégie.

L’enseignement ne peut plus être considéré comme un simple paramètre économique : il en est la condition première. Le foncier public doit devenir un instrument d’équilibre éducatif, capable de rapprocher les lieux de savoir des territoires qui en ont le plus besoin.

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