Fonction publique : 10.600 DH de salaire en moyenne, mais pour qui ?
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Combien gagnent les fonctionnaires marocains ? Selon le rapport sur les ressources humaines accompagnant le projet de loi de finances (PLF) de 2026, la réponse révèle à la fois l’évolution du pouvoir d’achat dans la fonction publique et la structure d’une administration marquée par de fortes hiérarchies.
En dix ans, les salaires ont nettement augmenté, portés par le dialogue social et la revalorisation progressive du salaire minimum. Pourtant, la majorité des fonctionnaires restent dans la même fourchette de revenus : entre 6.000 et 14.000 DH nets par mois.
Un salaire moyen en hausse de 43,6% en dix ans
Entre 2015 et 2025, le salaire moyen net dans la fonction publique est passé de 7.381 à 10.600 DH par mois, soit une hausse de 43,6% en dix ans, équivalente à une progression annuelle moyenne de 3,7%.
Cette amélioration s’explique d’abord par les promotions de grade ont permis d’augmenter les rémunérations. En outre, les revalorisations décidées dans le cadre du dialogue social ont aussi eu un impact direct. Ces mesures, issues des différents accords conclus depuis 2022, ont aidé à préserver le pouvoir d’achat des agents publics. Une évolution bienvenue dans un contexte de hausse des prix et de réforme de l’impôt sur le revenu.
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Mais cette moyenne masque de fortes disparités entre les catégories. En 2025, le rapport montre que les cadres et cadres supérieurs (échelles 10 et plus) disposent d’un salaire net moyen de 12.484 DH, soit plus du double de celui du personnel d’exécution, rémunéré en moyenne 5.925 DH. Entre les deux, les agents de maîtrise (échelles 7 à 9) touchent environ 7.238 DH.
Une fonction publique à deux vitesses
Les agents classés à l’échelle 10 et plus représentent près de 67% de l’effectif total et absorbent plus de 82% des dépenses de personnel. À l’inverse, le personnel d’exécution (échelle 6 et assimilés) ne constitue que 12% des effectifs et reçoit moins de 6% des dépenses salariales.
Cette concentration des ressources s’explique par la prépondérance des ministères employant une main-d’œuvre qualifiée (éducation, santé, finances, justice). Dans ces secteurs, les grilles indiciaires sont plus élevées. Elle traduit aussi la faiblesse des mécanismes de mobilité et de progression pour les échelons inférieurs, dont les salaires stagnent souvent malgré l’ancienneté.
Ainsi, si la hausse générale des salaires profite à tous, les écarts internes restent importants. Ils reflètent la structure pyramidale de l’administration.
La majorité des fonctionnaires entre 6.000 et 14.000 DH
Le rapport détaille la répartition des salaires. En 2025, 71,3% des fonctionnaires perçoivent un revenu mensuel net compris entre 6.000 et 14.000 DH, tandis que 38,4% gagnent 8.000 DH ou moins.
La tranche la plus nombreuse se situe entre 6.000 et 8.000 DH, soit près de 28,5% des effectifs. À l’autre bout, 4,8% seulement des fonctionnaires dépassent 20.000 DH nets par mois.
La répartition complète illustre ces écarts :
• 4.500 à 6.000 DH : 9,99%
• 6.000 à 8.000 DH : 28,45%
• 8.000 à 10.000 DH : 24,39%
• 10.000 à 12.000 DH : 2,64%
• 12.000 à 14.000 DH : 15,86%
• 14.000 à 16.000 DH : 4,57%
• 16.000 à 18.000 DH : 7,41%
• 18.000 à 20.000 DH : 1,89%
• Plus de 20.000 DH : 4,8%
Ces chiffres montrent un resserrement de la fonction publique autour d’une classe moyenne élargie, mais aussi la rareté des hauts revenus. Le salaire moyen de 10.600 DH se situe dans la partie supérieure de cette pyramide, sans pour autant refléter la réalité de la majorité des agents.
Un salaire minimum porté à 4.500 DH en 2025
Autre évolution : le salaire minimum dans la fonction publique a été revalorisé progressivement. En dix ans, il est passé de 3.000 DH en 2015 à 4.500 DH en 2025, après plusieurs ajustements : 3.258 DH en 2020, 3.500 DH en 2023, puis 4.000 DH en 2024.
Cette hausse s’inscrit dans la continuité du dialogue social. Elle a aussi concerné le secteur privé et s’est accompagnée d’exonérations fiscales pour les revenus modestes. D’ailleurs, même après avoir été porté à 4.500 DH, le salaire minimum reste faible face au coût de la vie dans les grandes villes, ce qui limite son impact sur la réduction des inégalités.
Pour de nombreux agents de catégorie inférieure, le salaire de base est complété par des primes et indemnités. Celles-ci varient souvent selon les ministères. Elles constituent un levier d’attractivité, mais accentuent aussi les disparités entre administrations.
Entre réforme salariale et maîtrise budgétaire
Les salaires de la fonction publique représentent une charge importante pour l’État : 180 milliards de DH (MMDH) en 2025, soit plus de la moitié des dépenses de fonctionnement. Cette masse salariale montre l’ampleur du service public avec plus de 576.000 fonctionnaires civils, mais soulève aussi la question de sa soutenabilité à moyen terme.
La hausse du salaire moyen intervient dans un contexte de pression sur les finances publiques, Le gouvernement doit trouver un équilibre entre revalorisation des revenus et rationalisation des effectifs. Le rapport souligne que les catégories supérieures absorbent la majeure partie des dépenses, renforçant la nécessité d’une réflexion sur la gestion des carrières et la productivité du secteur public.
À l’avenir, la question dépasse le simple montant des rémunérations. Il s’agit désormais de savoir comment les salaires peuvent évoluer tout en garantissant la viabilité budgétaire et l’équité interne.
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Je ne sais pas si je ferais confiance à ces chiffres avancés. Quand le speaker au nom du gouvernement déclare que le SMIG était de Dh 4.200 par mois alors qu’il n’est que de Dh 3.400, personnellement je ne fais plus confiance, surtout quand c’est l’état qui les déclare !