Gaza : quelles étapes après l’annonce de l’accord de paix ?

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Netanyahu et Kushner discutent de la deuxième phase du cessez-le-feu à GazaDes Palestiniens observent la fumée s’élever après des frappes de l’armée israélienne près de Wadi Gaza, dans le centre de la bande de Gaza, jeudi 9 octobre 2025 © Abdel Kareem Hana)

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Après des jours de négociations intenses en Égypte, Israël et le Hamas annoncent un cessez-le-feu à Gaza et un échange d’otages. La population espère la fin du conflit, mais de nombreux points du plan américain restent à définir.

La fin du calvaire semble se dessiner à Gaza. Jeudi 9 octobre, Israël et le Hamas ont conclu un accord de première phase pour mettre fin à la guerre dans l’enclave palestinienne. Cette annonce survient après quatre jours de négociations marathon à Charm el-Cheikh, en Égypte, et sous la forte pression du président américain Donald Trump sur le gouvernement israélien.

Si cet accord représente un pas historique, il ne s’agit que du début d’un plan en 20 points élaboré par Washington fin septembre. De nombreux points clés restent encore à négocier, notamment le retrait complet des troupes israéliennes et le futur rôle du Hamas dans l’enclave.

Lire aussi : Trump attendu en Égypte pour la signature du cessez-le-feu à Gaza 

Échange d’otages contre prisonniers palestiniens : la première étape

La première phase de l’accord prévoit un cessez-le-feu immédiat et un échange de prisonniers. L’armée israélienne a annoncé que le cessez-le-feu à Gaza était entré en vigueur ce vendredi matin, après un premier retrait de ses troupes. La défense civile de Gaza a indiqué que les forces israéliennes s’étaient retirées de plusieurs zones de la ville de Gaza ainsi que d’autres secteurs dans le sud de l’enclave. Dans la foulée, des milliers de Palestiniens se sont mis en marche vers le nord de la bande de Gaza.

Selon le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, 48 otages restent détenus dans la bande de Gaza, dont 20 vivants et 28 morts. Parmi eux figure le soldat Hadar Goldin, tué en 2014, dont le Hamas détiendrait encore la dépouille, ainsi qu’un étudiant népalais récemment confirmé décédé.

En contrepartie, Israël s’engage à libérer 1 700 prisonniers palestiniens, dont 250 purgeant des peines à perpétuité pour des crimes graves. Certains noms très sensibles, comme Marwan Barghouthi, Ahmad Saadat ou Abdullah Barghouti, restent exclus de cet échange. Les autorités israéliennes ont toutefois averti que cette libération pourrait « potentiellement faire émerger le prochain Yahya Sinwar », en référence au chef du Hamas impliqué dans l’attaque du 7 octobre, libéré en 2011 aux côtés d’un millier d’autres prisonniers contre le soldat israélien Gilad Shalit.

Le Hamas a annoncé que tous les otages vivants seraient libérés en une seule fois, dans un délai de 72 heures après la signature de l’accord. Donald Trump a précisé que les otages, vivants ou morts, seraient « tous de retour lundi ».

Retrait progressif des troupes israéliennes et sécurité de Gaza

L’accord prévoit également un retrait progressif de l’armée israélienne. Actuellement, Israël contrôle plus de 80% du territoire gazaoui, forçant les 2,1 millions d’habitants à s’entasser sur une frange côtière étroite.

Selon la Maison Blanche, un premier retrait limité interviendra après la libération des otages. Un retrait plus conséquent sera envisagé lorsque le Hamas aura quitté Gaza et qu’une force internationale de stabilisation (FSI) aura pris en charge la sécurité de l’enclave. Israël conservera toutefois le contrôle de toutes les frontières, y compris celle avec l’Égypte.

Le plan Trump prévoit aussi qu’une partie des membres du Hamas pourra bénéficier d’une amnistie ou quitter Gaza vers des pays d’accueil, mais ni le désarmement complet du mouvement, ni les pays d’accueil n’ont été formalisés. L’accès humanitaire restera limité jusqu’au départ effectif du Hamas.

Une administration internationale pour gérer Gaza

Pour superviser l’après-Hamas, le plan américain propose la création d’un « comité palestinien technocratique et apolitique », chargé de gérer les services publics et les municipalités. Ce comité serait encadré par un « Comité de la paix » international présidé par Donald Trump, avec la participation d’anciens responsables internationaux tels que Tony Blair.

Selon Washington, ce mécanisme doit garantir la reconstruction de Gaza jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne mette en œuvre des réformes démocratiques. À terme, ces mesures pourraient préparer la voie à l’autodétermination et à la création d’un État palestinien, un objectif reconnu par les États-Unis, mais jugé irréalisable à court terme face à la politique israélienne. Benjamin Netanyahu a rappelé qu’« aucun État palestinien ne verra le jour à l’ouest du Jourdain » et a approuvé un plan majeur de colonisation en Cisjordanie.

Si cet accord représente un tournant, il laisse de nombreuses questions en suspens : le désarmement complet du Hamas, la composition exacte de la force internationale de stabilisation, et le futur politique et sécuritaire de Gaza. La première phase offre néanmoins une lueur d’espoir pour la population de l’enclave, meurtrie par des semaines de conflit et un désastre humanitaire qualifié de « génocide » par l’ONU.

Désormais, le succès du plan dépendra de la mise en œuvre rapide et coordonnée des engagements israéliens et du Hamas, ainsi que de l’appui international pour garantir sécurité, humanitaire et reconstruction.

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