Hakimi Ballon d’Or : et si le football rendait justice aux défenseurs ?
Achraf Hakimi lors du troisième match de la Coupe du monde des clubs au États-Unis face au Seattle Sounders © X / AchrafHakimi
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Le débat autour du Ballon d’Or 2025 a pris une tournure inattendue ces dernières semaines. Alors que les traditionnels favoris, souvent des attaquants, occupent le devant de la scène, un nom revient avec insistance : celui d’Achraf Hakimi. Le latéral droit du Paris Saint-Germain a réalisé une saison pleine, ponctuée de titres et de performances notables, notamment en Ligue des champions.
Une campagne en ligne, #HakimiBallondOr, s’est imposée sur les réseaux sociaux, nourrie par un soutien populaire fort, particulièrement au Maroc et en France. Si cette ferveur suscite un élan d’enthousiasme, elle pose également une question de fond : un défenseur latéral peut-il, objectivement, prétendre à la plus haute distinction individuelle du football mondial ?
Une saison dense et statistiquement remarquable
Achraf Hakimi a disputé 68 matchs officiels au cours de la saison 2024-2025, toutes compétitions et sélections confondues, pour un total de 5.294 minutes de jeu. Il devient ainsi le joueur le plus utilisé de l’effectif parisien. Avec 11 buts et 14 passes décisives en 52 rencontres de club, il affiche une production offensive notable pour un joueur de son poste.
En Ligue des champions, ses prestations ont été déterminantes, notamment en quarts, demi-finales, puis en finale, où il a été directement impliqué dans des actions décisives. Il a également été élu homme du match lors de la victoire contre les Seattle Sounders (2-0), en Coupe du monde des clubs, confirmant sa capacité à peser dans les grands rendez-vous.
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Ces chiffres témoignent d’une influence offensive rare pour un latéral, un poste historiquement plus défensif. Son registre de jeu, très complet, allie vitesse, percussion, rigueur et vision, ce qui lui permet d’apporter autant défensivement qu’offensivement. Mais dans l’histoire du Ballon d’Or, les défenseurs, encore plus les latéraux, restent sous-représentés, ce qui rend sa candidature exceptionnelle, mais aussi difficile à comparer avec les standards habituels du prix.
Un soutien populaire qui relance le débat
Le hashtag #HakimiBallondOr a rapidement envahi les réseaux sociaux, en particulier sur X (ex-Twitter) et Instagram, dépassant le cadre des simples supporters parisiens ou marocains. En quelques jours, des millions d’internautes ont partagé ce mot-clé, appelant à une reconnaissance pour le latéral du PSG. Cet engouement repose sur plusieurs arguments : l’excellence de sa saison, son rôle décisif dans le collectif parisien, et plus largement, le manque de reconnaissance accordé aux défenseurs dans les palmarès individuels.
Ce soutien numérique a aussi une portée symbolique. Aucun joueur africain n’a remporté le Ballon d’Or depuis George Weah en 1995. Aucun défenseur depuis Fabio Cannavaro en 2006. La candidature d’Hakimi remet donc sur la table deux questions récurrentes : celle de l’équité dans les récompenses individuelles et celle de la reconnaissance du football africain à l’échelle mondiale. Toutefois, si l’impact émotionnel et symbolique est fort, le vote du Ballon d’Or demeure basé sur l’évaluation journalistique, supposée rester indépendante des campagnes populaires.
Des soutiens crédibles, mais une concurrence féroce
Parmi les voix qui soutiennent la candidature d’Hakimi, on trouve des figures respectées du football. Le sélectionneur marocain Walid Regragui affirme qu’il est « dans les trois meilleurs joueurs au monde, et même pas troisième ». Sur les ondes de RMC Sport, l’ancien international français Jean-Michel Larqué déplore la sous-représentation des défenseurs dans les palmarès, et considère que Hakimi « a réinventé le poste de latéral ». Ces propos traduisent une reconnaissance technique de son impact sur le jeu.
Cependant, face à lui, la concurrence reste solide. Des attaquants comme Kylian Mbappé, Lamine Yamal ou encore son coéquipier Ousmane Dembélé, présentent également des bilans statistiques impressionnants, en plus d’avoir brillé dans les compétitions majeures. Le Ballon d’Or étant souvent attribué en fonction d’une combinaison de titres remportés, de performances individuelles et d’influence sur le jeu, la position défensive de Hakimi le place face à un désavantage structurel, tant la culture du vote reste orientée vers les profils offensifs.
Une candidature qui soulève une réflexion sur les critères
La prise de parole de figures comme Larqué, ou encore les réactions des supporters, traduisent une attente plus large : celle d’une évolution des critères du Ballon d’Or. Depuis plusieurs années, le football s’est transformé. Les rôles se sont hybridés, les défenseurs, notamment les latéraux modernes, ne se contentent plus de défendre. Ils initient les actions, étirent les blocs adverses, créent des décalages. À ce titre, la saison de Hakimi symbolise cette évolution.
Mais faut-il pour autant ajuster les critères du Ballon d’Or pour intégrer plus de défenseurs ? Certains experts le pensent. D’autres, en revanche, estiment que si un joueur défensif veut prétendre à cette récompense, il doit afficher une influence exceptionnelle, comparable à celle qu’avait Cannavaro en 2006 après un sacre mondial.
En ce sens, la saison d’Hakimi reste exceptionnelle, mais ne s’inscrit pas dans un triomphe collectif tel qu’un titre de champion du monde ou un doublé Ligue des champions/Coupe nationale avec un rôle de leader incontesté. Sa performance, bien qu’élevée, devra donc être évaluée avec les mêmes exigences que celles appliquées aux candidats offensifs.
La montée en puissance de la campagne #HakimiBallondOr a mis en lumière à la fois l’excellence de la saison du joueur marocain et les limites des critères traditionnels du Ballon d’Or. Si Achraf Hakimi incarne une nouvelle génération de défenseurs capables d’influencer toutes les phases du jeu, il devra surmonter l’inertie historique des votes et une concurrence très offensive. Sa candidature reste solide, mais suscite surtout une interrogation plus large : le football moderne ne devrait-il pas accorder davantage de reconnaissance à ceux qui défendent, organisent et inspirent, au même titre que ceux qui marquent ?
Quelle que soit l’issue, cette mobilisation autour d’Hakimi aura permis de remettre au cœur du débat des questions essentielles sur la diversité des profils valorisés dans les récompenses individuelles. En cela, son nom aura déjà laissé une empreinte dans cette édition 2025 du Ballon d’Or.
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