Bank Al-Maghrib maintient son taux directeur à 2,25%
Le siège de Bank Al-Maghrib à Rabat © DR
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Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu sa deuxième réunion trimestrielle de l’année 2025 ce mardi. Après un examen approfondi de la conjoncture économique nationale et internationale ainsi que des projections macroéconomiques à moyen terme, la Banque centrale a décidé de maintenir son taux directeur à 2,25%, dans un contexte marqué par des incertitudes géopolitiques importantes et une dynamique économique nationale favorable.
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Un taux directeur stable pour soutenir la croissance et maîtriser l’inflation
Tenant compte de l’évolution de l’inflation, qui a fortement ralenti ces derniers mois (passant de 2% en moyenne au premier trimestre 2025 à 0,4% en mai) et d’une nette accélération de la croissance dans les secteurs non agricoles, le Conseil a jugé opportun de ne pas modifier le taux directeur.
Cette stabilité vise à accompagner la poursuite de la reprise économique tout en veillant à maintenir la stabilité des prix à moyen terme. Les experts financiers anticipent une inflation moyenne autour de 1% en 2025, avec une légère remontée à 1,8% prévue en 2026, mais ces projections restent soumises à de fortes incertitudes liées aux tensions internationales et à l’évolution de l’offre agricole.
Contexte international marqué par des incertitudes et une inflation mondiale en baisse
Au niveau global, Bank Al-Maghrib souligne un environnement international particulièrement incertain, marqué par la nouvelle politique commerciale des États-Unis, les conflits en Ukraine, au Moyen-Orient ainsi que la guerre entre Israël et l’Iran. Cette situation devrait ralentir la croissance économique mondiale, attendue à 2,8% en 2025, contre 3,2% en 2024, favorisant la poursuite de la tendance baissière de l’inflation mondiale.
En particulier, l’inflation dans les grandes économies avancées est prévue en baisse, à 2,2% en zone euro, et à 2,8% aux États-Unis, bien qu’une légère remontée à 3,3% soit anticipée outre-Atlantique en 2026 liée aux mesures tarifaires américaines.
Une croissance nationale soutenue par l’investissement et la reprise de l’emploi
Sur le plan national, l’économie marocaine affiche une progression robuste, avec un taux de croissance de 3,8% en 2024 et des perspectives optimistes pour 2025, où une accélération à 4,6% est attendue, avant une légère stabilisation à 4,4% en 2026.
Cette performance est portée par un investissement soutenu dans les infrastructures, notamment dans le cadre des efforts d’adaptation au changement climatique et de la préparation d’événements internationaux majeurs d’ici à 2030. Cette dynamique favorise également une reprise notable de l’emploi, principalement dans les secteurs non agricoles.
Soutien renforcé aux Très Petites Entreprises (TPE)
En outre, Bank Al-Maghrib a passé en revue le déploiement de son nouveau programme de soutien au financement bancaire des Très Petites Entreprises, lancé en mars 2025.
Le projet de charte dédié à cette catégorie d’entreprises prévoit une offre de crédit adaptée, la simplification des procédures, une meilleure gestion des garanties, ainsi qu’un accompagnement non financier et des dispositifs de suivi pour assurer l’efficacité du programme.
Perspectives favorables pour les échanges extérieurs et les finances publiques
Les échanges commerciaux du Maroc devraient se renforcer, avec une croissance des exportations attendue à 5,1% en 2025 et 9% en 2026, portée notamment par les phosphates et leurs dérivés. Les importations progresseront également, mais la facture énergétique devrait s’alléger, contribuant à maintenir le déficit du compte courant autour de 2% du PIB. Les recettes touristiques et les investissements directs étrangers continueront de soutenir la balance des paiements.
Côté finances publiques, les recettes ordinaires ont augmenté de près de 17% au premier quadrimestre 2025, tandis que les dépenses ont progressé de 23,6% en raison notamment d’une hausse de l’investissement. Le déficit budgétaire devrait rester contenu à 3,9% du PIB en 2025, avant de s’alléger à 3,4% en 2026.
Marchés des matières premières : tendance baissière pour le pétrole et le phosphate
Enfin, les prix du pétrole brut, notamment le Brent, devraient poursuivre leur baisse en 2025 et 2026, en lien avec la hausse de la production de l’OPEP+ et l’accumulation des stocks américains.
Les prix du phosphate brut marocain sont également attendus en baisse, tandis que ceux des dérivés du phosphate pourraient légèrement augmenter en 2025 du fait d’un repli de l’offre mondiale. Pour les produits alimentaires, une légère hausse est anticipée après une baisse en 2024.
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