Coupe du monde 2030 : le Maroc, l’Espagne et le Portugal misent sur le football pour bâtir des ponts culturels

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Coupe du monde 2030 : Le Maroc, L’Espagne et le Portugal misent sur le football pour bâtir des ponts culturelsDe gauche: Enrique Ojeda Vila, ambassadeur espagnol au Maroc, Fouzi Lekjaa, Président de la Fédération royale marocaine de football, Achraf Fayda, DG de l'ONMT © LeBrief.ma

A
A
A
A
A

En 2030, la Coupe du Monde de football ne sera pas seulement une célébration du sport roi, mais un événement historique aux dimensions culturelles, sociales et géopolitiques inédites. Co-organisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, cette édition marque une première dans l’histoire du tournoi : celle d’une collaboration entre deux continents. Bien au-delà des terrains, ce projet commun porte une ambition forte : utiliser le football comme levier de développement, d’inclusion et de rapprochement entre les peuples.

À cinq ans du coup d’envoi de la Coupe du monde 2030, co-organisé par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, ce Mondial promet d’être un levier de diplomatie culturelle et de transformation socioéconomique à l’échelle euro-africaine. Entre ambition touristique, engagement des jeunes et valorisation du patrimoine, les contours d’un projet sans précédent prennent forme.

Un événement bien plus qu’un tournoi

Dès l’ouverture du «world football summit», le ton est donné : « Le football est un levier d’inclusion sociale exceptionnel », déclare Fouzi Lekjaa, président de la fédération royale marocaine de football. En effet, loin d’une simple compétition sportive, la Coupe du monde 2030 est pensée comme un catalyseur de cohésion, de développement et de dialogue entre les peuples. Marquant ainsi le centenaire du tournoi mondial (1930–2030) et la première co-organisation entre deux continents, l’Afrique et l’Europe.

D’ailleurs, l’idée d’une candidature commune entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal ne relève pas seulement d’un calcul géographique. Mais s’inscrit plutôt dans une histoire partagée, souvent méconnue, relève lors de cette conférence. « C’est une mémoire commune que nous voulons rappeler à la jeunesse des deux rives de la Méditerranée », des monuments comme la Tour Hassan à Rabat ou la Giralda à Séville témoignent de cette filiation culturelle millénaire.

Lire aussi: Football : les Etats-Unis veulent organiser la Coupe du monde féminine 2031

Ce projet trilatéral reflète aussi une volonté politique forte. En Espagne, une commission interministérielle a été créée pour orchestrer l’organisation. Au Maroc, l’événement s’intègre dans une vision royale de développement global, amorcée depuis plus de 25 ans.

Toutefois, il faut noter que cette aventure reste l’engagement de la jeunesse. Au-delà des infrastructures, le plus important de cette Coupe du monde est la formation, l’inclusion sociale, et la co-construction d’un futur commun. « La Coupe du monde est une étape dans un processus de développement. Ce n’est pas une finalité », résume Fouzi Lakjaa.

Dans ce contexte, des milliers de startups africaines et européennes devraient collaborer autour de cette dynamique, promouvant innovation et échanges culturels. Le football devient ainsi un langage universel, porteur de valeurs d’effort collectif, de tolérance, et de respect de la règle – symbolisées, entre autres, par l’usage de la VAR, mentionnée comme un modèle de justice sportive.

Une diplomatie culturelle incarnée

La diplomatie sportive, comme le soulignent Enrique Ojeda Vila, ambassadeur espagnole au Maroc, permet d’atteindre des publics, notamment les jeunes, que la diplomatie traditionnelle peine à mobiliser. « Parler de football, c’est parler aux citoyens directement, sans filtres », affirme l’ambassadeur. Les joueurs eux-mêmes sont appelés à devenir des ambassadeurs des valeurs humaines.

Des matchs légendaires comme Maroc-Espagne en 2022 deviennent alors bien plus que des souvenirs sportifs : ils incarnent des moments de communion et de reconnaissance mutuelle. À travers le sport, les clichés se dissipent, et une nouvelle narration interculturelle prend place.

Une stratégie touristique ambitieuse

Le Maroc voit également dans cet événement une opportunité sans précédent pour son secteur touristique. En 2024, le pays a accueilli 17,4 millions de visiteurs, un record africain. Fort de cette dynamique, il ambitionne désormais de passer à l’échelle « méditerranéenne », déclare Achraf Fayda, directeur général de l’Office national marocain du tourisme (ONMT).

En conjuguant sport, identité culturelle et hospitalité, les autorités entendent faire du Royaume une « terre de football » et un carrefour touristique mondial. Les touristes venus d’Amérique latine ou d’Asie, attirés par la Coupe du monde, seront incités à découvrir « un Maroc qui ne se visite pas, mais se vit », entre médinas authentiques, couscous du vendredi et mosaïque de civilisations.

Lire aussi: Maroc 2030 : 42 milliards pour des aéroports de classe mondiale

Loin de se limiter aux grandes villes comme Casablanca ou Marrakech, l’événement ambitionne de faire rayonner l’ensemble du territoire marocain. « Quand on traverse le Maroc, on a l’impression de visiter six pays différents », précise-t-on, tout en mettant en avant la diversité architecturale, culinaire et culturelle des régions. Grâce à l’amélioration continue des infrastructures ferroviaires, aériennes et routières, le pays compte offrir aux visiteurs un accès élargi à son patrimoine.

Outre la perspective de 2030, le Royaume s’est déjà engagé dans l’organisation de plusieurs compétitions internationales, telles que la CAN U17 et le Mondial féminin U17. Ces événements sont autant de jalons vers le grand rendez-vous. Le centre Mohammed VI de football, considéré comme l’un des meilleurs au monde, témoigne de l’investissement dans le développement des talents locaux.

En parallèle à cela, des partenariats structurants sont noués avec les fédérations espagnole et portugaise, mais aussi dans des domaines connexes : universités, justice ou encore ma mobilité. La Coupe du monde devient ainsi un vecteur d’intégration multi-sectorielle.

Enfin, un mot revient sans cesse : l’authenticité. Si la finale opposait le Maroc à l’Espagne, à Casablanca ou à Madrid ? L’idée fait sourire les intervenants, mais résume bien l’esprit du projet : un rêve partagé, ancré dans le réel. Qu’elle ait lieu au Bernabeu ou au stade Mohammed V, cette Coupe du monde vise à laisser une empreinte durable, humaine, culturelle et solidaire.

Dernier articles
Les articles les plus lu
Match amical : vente des billets pour le Maroc – Équateur

Sport - Vente des billets pour le match amical Maroc - Équateur et assistez à cet événement sportif inoubliable.

Mouna Aghlal - 13 février 2026
La CAF envisage une CAN à 28 équipes et annonce un durcissement de son règlement

Sport - La CAF a annoncé l’ouverture d’un chantier de réformes qui pourrait conduire à l’extension du nombre d’équipes qualifiées pour la phase finale de la compétition continentale, ainsi qu'à des changements de règlement au sein de la Confédération.

El Mehdi El Azhary - 13 février 2026
Mondial 2026 : lancement d’un guide pour accompagner les supporters marocains

Sport - l’ambassade du Maroc à Washington a publié un guide pratique et une vidéo pour accompagner les supporters se rendant aux États-Unis.

Mouna Aghlal - 12 février 2026
À quatre mois du Mondial, le Maroc affine sa préparation avec deux chocs amicaux contre l’Equateur et le Paraguay

Sport - La FRMF a officialisé, mercredi, un programme de deux matches amicaux destinés à préparer la sélection nationale « A » à la phase finale du Mondial de la FIFA 2026.

El Mehdi El Azhary - 11 février 2026
Comment le Mondial 2030 transforme routes, stades et mobilité au Maroc ?

Sport - Le Forum d'affaires Maroc–Espagne–Portugal a mis en lumière les enjeux d’infrastructures et de mobilité pour le Mondial 2030.

Ilyasse Rhamir - 11 février 2026
CDM 2030 : Lekjaa plaide pour une coordination publique-privée

Sport - A l’approche de la Coupe du monde 2030, Lekjaa a appelé à une intensification des concertations entre les acteurs publics et privés des pays organisateurs.

Rédaction LeBrief - 10 février 2026
Voir plus
CAN 2025 : sanctions, confusions et serviette

Dossier - Arbitrage, CAF, VAR, décision... Retour sur une après CAN 2025 peu glorieuse, aux conséquences pérennes.

Sabrina El Faiz - 31 janvier 2026
Tickets, Fan ID et Yalla : tout savoir sur l’ouverture de la billetterie de la CAN 2025

Sport - La billetterie de la CAN 2025 ouvre officiellement, avec Visa et l’application Yalla pour faciliter l’accès aux stades, aux fan zones et au Fan ID.

Hajar Toufik - 25 septembre 2025
Mondial U20 : un million de dollars pour les Lionceaux de l’Atlas

Sport - Les Lionceaux de l’Atlas ont battu l’Argentine 2-0 au Chili et remporté le Mondial U20. Outre la gloire, la victoire rapporte à la FRMF près d’un million de dollars, une récompense financière symbolique pour ce triomphe historique.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
La CAF lance la billetterie et dévoile les nouveautés de la CAN 2025

Sport - À cent jours du coup d’envoi de la CAN 2025 au Maroc, la CAF et le comité local annoncent l’ouverture de la billetterie, une application innovante et des vols supplémentaires pour les supporters, promettant une expérience inédite et connectée.

Ilyasse Rhamir - 12 septembre 2025
Lions de l’Atlas : la face cachée des groupes supporters

Dossier - On les voit à chaque match, mais personne ne sait vraiment qui ils sont. On a enquêté sur les groupes qui animent les tribunes des Lions de l’Atlas.

Hajar Toufik - 22 novembre 2025
FIFA Unites 2025 : les Afghan Women United signent une première historique au Maroc

Sport - À Berrechid, les Afghan Women United ont disputé leur premier match international lors du tournoi FIFA Unites : Women’s Series 2025, une compétition inédite réunissant quatre sélections africaines et marquant un tournant pour le football féminin afghan.

Ilyasse Rhamir - 27 octobre 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire