60 ans de partenariat maroco-sénégalais : un modèle de coopération en pleine expansion

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Célébrations de 60 ans de partenariat maroco-sénégalais : un modèle de coopératon Sud-Sud en pleine expansionLors du 60ème anniversaire de la convention d’établissement entre le Maroc et le Sénégal, à Rabat le 7 avril 2025. © Le360

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Signée en 1964, la convention d’établissement entre le Maroc et le Sénégal constitue un pilier fondateur des relations entre les deux pays. Elle garantit aux ressortissants de chaque nation les mêmes droits que les citoyens locaux en matière d’établissement, de travail et d’investissement. Un texte visionnaire, selon l’ambassadrice du Sénégal au Maroc, Seynabou Dial, qui souligne le caractère historique des liens unissant Rabat et Dakar.

Lors d’un séminaire qui s’est déroulé ce lundi à l’université internationale de Rabat (UIR), à l’occasion du 60e anniversaire de la convention d’établissement entre le Maroc et le Sénégal. Il a été question de dresser le bilan d’un partenariat exemplaire et en tracer les perspectives futures. Et ce en présence d’acteurs institutionnels, économiques et académiques.

Une coopération ancrée dans l’histoire et tournée vers l’avenir

La signature de cette convention a jeté les bases d’un partenariat qui, au fil des décennies, s’est enrichi de multiples accords, touchant différents domaines comme la finance, l’éducation, l’entrepreneuriat, ou encore l’intégration régionale. Ainsi, le séminaire de Rabat s’inscrit dans cette dynamique, en mettant en lumière la volonté commune de renforcer l’axe Rabat-Dakar comme moteur de l’intégration africaine.

Dans ce contexte, Cheikh Ahmed Tidiane Sy, agroéconomiste et président du Think Tank Guess, appelle à la consolidation d’un co-développement basé sur des schémas d’intégration innovants. Il plaide donc pour une coopération accrue entre les entreprises privées marocaines et sénégalaises, notamment dans les secteurs de pointe tels que l’aéronautique, les mines ou les énergies.

D’autre part, le succès du partenariat maroco-sénégalais repose aussi sur une dimension humaine profonde. En effet, « la diaspora sénégalaise au Maroc en est l’un des meilleurs exemples ». Selon Abdoulaye Diop, Président de la Fédération des Associations Subsahariennes au Maroc (FASAM), plus de 300 entrepreneurs sénégalais créent de l’emploi dans le Royaume. Il salue l’implication de figures institutionnelles marocaines, comme l’ancien Wali de Casablanca, Khalid Safir, ayant contribué à faciliter l’intégration socio-économique des Sénégalais, surtout à travers la régularisation de milliers de femmes et le développement de projets immobiliers conjoints.

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L’AMDIE et la CDG, catalyseurs de la dynamique économique

Sur le plan économique, les résultats sont palpables. Kenza Khalil, secrétaire générale de l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE), a rappelé que les échanges commerciaux entre les deux pays sont passés de 36 M de dollars en 2004 à plus de 336 M en 2023. Une croissance exponentielle rendue possible par un arsenal juridique renforcé et une volonté stratégique d’ancrer l’Afrique au cœur des priorités du Maroc.

Dans ce contexte, la Caisse de dépôt et de gestion (CDG) n’est pas en reste. Sa secrétaire générale, Latifa Echihabi, a souligné la coopération renforcée avec la Caisse des dépôts et consignations du Sénégal dans des domaines stratégiques comme l’épargne, la finance et l’investissement. Elle a également évoqué la création d’une plateforme d’échange dans le cadre du forum des caisses de dépôts, initié en 2011 à Marrakech.

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Par ailleurs, il faut noter que le champ universitaire n’échappe pas à cette dynamique. Noureddine Mouaddib, Président de l’UIR, a mis en avant les partenariats de son établissement avec plusieurs institutions sénégalaises, dont l’Université Cheikh Anta Diop et l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN). Il estime que cette dynamique doit servir de locomotive à la recherche scientifique africaine, dans un contexte où le nombre d’étudiants sur le continent devrait tripler d’ici 2030, passant de 9 à 27 millions.

Bakary Sambe, directeur régional du Timbuktu Institute basé à Dakar et organisateur de l’événement, a abondé dans le même sens, saluant l’excellence des relations entre le Maroc et le Sénégal et l’importance de l’axe Rabat-Dakar comme modèle de coopération continentale.

Une vision partagée pour une Afrique souveraine

Enfin, la ministre déléguée chargée de la transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a rappelé les ambitions communes du Maroc et du Sénégal dans le domaine de l’intelligence artificielle. Elle a, dans ce sens, appelé à une approche panafricaine unie face aux enjeux numériques et à la nécessité de former massivement la jeunesse africaine.

En somme, cette célébration des 60 ans de la convention d’établissement entre le Maroc et le Sénégal n’est pas seulement une rétrospective historique. Elle est avant tout un moment de projection vers l’avenir. Les deux pays, portés par une histoire commune, des liens humains profonds et une ambition partagée pour l’Afrique, s’imposent comme des acteurs clés d’un développement inclusif et durable.

Dans un contexte mondial en perpétuelle mutation, l’alliance Rabat-Dakar offre un socle solide pour bâtir des réponses africaines aux défis globaux. Un partenariat qui, loin d’être figé dans le passé, continue d’évoluer pour répondre aux aspirations d’un continent jeune, dynamique et résolument tourné vers l’avenir.

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