Agriculture durable : un projet pilote pour accompagner 1.200 agriculteurs d’ici à 2029

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L’Agriculture de demain : comment repenser les cultures avec l’IA  Plantation de légumes verts © LeBrief

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Le Maroc s’apprête à lancer un projet pilote destiné à favoriser l’adoption de l’agriculture de conservation. Soutenue par la Banque mondiale, cette initiative vise à accompagner la transition du secteur agricole vers des pratiques plus durables et résilientes face aux changements climatiques.

Grâce à une approche intégrée reposant notamment sur des bons électroniques, l’agrégation de la production et la mise en place d’un écosystème de services agricoles, le programme ambitionne d’accompagner environ 1.200 agriculteurs sur une superficie de 20.000 hectares d’ici 2029. L’objectif est de promouvoir une agriculture climato-intelligente, plus performante et mieux connectée aux marchés.

Afin d’assurer la bonne mise en œuvre du projet, la Direction régionale de l’agriculture de Rabat-Salé-Kénitra (RSK) prévoit de recruter un expert chargé d’appuyer la gestion globale ainsi que le dispositif de suivi et d’évaluation du programme.

Le programme « Filaha », moteur de la transformation agricole

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme de transformation des systèmes agroalimentaires « Filaha », lancé par le gouvernement marocain avec l’appui de la Banque mondiale pour la période 2025-2029.

Ce programme vise à moderniser l’agriculture nationale en renforçant sa résilience climatique, en améliorant la compétitivité des systèmes de production et en garantissant une meilleure qualité et sécurité des produits alimentaires.

Lire aussi : Précipitations abondantes : un coup de pouce pour l’agriculture marocaine

Le financement du programme repose sur trois composantes principales, notamment un prêt d’environ 248 millions de dollars axé sur les résultats, une assistance technique de 2 millions de dollars assurée par la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) et un don de 5 millions de dollars provenant du « Livable Planet Fund ». Ce dernier constitue un levier stratégique destiné à encourager les petits et moyens exploitants à adopter les pratiques de l’agriculture de conservation.

Un projet pilote pour promouvoir l’agriculture de conservation

Dans ce cadre, le Maroc prévoit de lancer un projet pilote visant à accélérer l’adoption de pratiques agricoles durables. L’agriculture de conservation permet notamment de stabiliser les rendements, d’améliorer la gestion des sols et de l’eau et de réduire la vulnérabilité face aux aléas climatiques.

Le projet sera déployé dans la région Rabat-Salé-Kénitra, avec une gestion conjointe assurée par le ministère de l’Agriculture, via sa direction régionale, et la Banque mondiale. Cette collaboration vise à garantir une mise en œuvre efficace, combinant expertise technique et pilotage stratégique.

La région RSK présente des caractéristiques particulièrement favorables pour tester ce modèle agricole. Elle figure parmi les principales zones de production agricole du Maroc, dominée par les cultures céréalières et les légumineuses.

Elle se distingue également par une diversité de systèmes agricoles, allant de grandes exploitations mécanisées à de petites fermes familiales, un potentiel de production élevé et une vulnérabilité importante aux aléas climatiques, notamment les sécheresses et l’irrégularité des précipitations. Par ailleurs, la région compte une présence significative de jeunes et de femmes dans l’activité agricole, souvent confrontés à des difficultés d’accès aux ressources et aux marchés.

Lire aussi : Akhannouch met en avant le bilan de l’agriculture solidaire entre 2021 et 2025

Une approche intégrée pour accompagner les agriculteurs

Le projet pilote repose sur plusieurs mécanismes innovants destinés à faciliter la transition agricole. Un système d’e-vouchers sera mis en place afin d’accorder aux agriculteurs des incitations en nature conditionnées à l’adoption de pratiques de conservation.

Ces bons permettront notamment de réduire les coûts de production en facilitant l’accès aux services de mécanisation, comme le semis direct, et à des semences adaptées aux conditions climatiques. La Banque mondiale accompagnera la conception et le déploiement de ce dispositif, ainsi que l’évaluation de son impact.

Le projet prévoit également la mise en place d’un modèle d’agrégation de la production, permettant de renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs, d’améliorer l’accès à des marchés plus rémunérateurs et de faciliter l’accès au financement pour les exploitations en transition.

Enfin, le programme encouragera le développement d’un réseau de prestataires de services agricoles, en particulier des jeunes et des femmes entrepreneurs, afin de garantir la pérennité des services de mécanisation et de conseil technique.

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