Pourquoi l’œuf devient plus cher ?
Des œufs © depositphotos
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Les œufs sont un aliment omniprésent dans les foyers marocains, incontournables dans l’assiette de millions de familles. Cependant, depuis quelques années, l’augmentation du prix des œufs a suscité l’inquiétude parmi les consommateurs, notamment au moment de la période de Ramadan, où la demande est traditionnellement plus élevée. Si autrefois, le prix de l’œuf ne dépassait pas 1 dirham, aujourd’hui il frôle les 2 dirhams l’unité, une hausse qui a mis une pression de plus sur le budget des ménages marocains.
L’œuf est un produit alimentaire à forte consommation au Maroc. Il est non seulement un aliment de base durant toute l’année, mais il est aussi particulièrement demandé pendant le mois de Ramadan. Cependant, cette forte consommation se heurte à une réalité économique : la flambée des prix.
Actuellement, le prix de gros des œufs varie entre 1 DH et 1,40 DH l’unité, en fonction du calibre des œufs. Ce prix correspond à celui auquel les producteurs vendent leurs œufs aux distributeurs et commerçants. Cependant, une fois ces œufs arrivés sur le marché de détail, le prix auquel les consommateurs les achètent varie entre 1,20 et 1,60 DH l’unité.
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Une hausse justifiée par les producteurs
Les producteurs du secteur expliquent cette évolution par plusieurs facteurs. Selon Khalid Zaim, président de l’Association nationale des producteurs d’œufs de consommation (ANPO), le coût de production des œufs a augmenté en raison de la hausse des prix des matières premières utilisées pour nourrir les volailles. Ces matières premières comprennent principalement les céréales et autres aliments nécessaires à l’alimentation des poules pondeuses.
Khalid Zaim souligne également que les éleveurs marocains ont subi des pertes importantes, conduisant certains à réduire leur production ou même à cesser complètement leur activité. «Beaucoup de fermes ont fait faillite, incapables de faire face à l’augmentation des coûts de production et à la baisse de rentabilité», nous dit-il. Ainsi, bien que les producteurs d’œufs aient fait de leur mieux pour maintenir un niveau de production stable, cette situation a eu un impact direct sur les prix, les éleveurs étant contraints de répercuter une partie de cette hausse sur le consommateur.
Malgré cela, notre interlocuteur estime que le prix des œufs reste raisonnable si l’on le compare à celui d’autres produits alimentaires, dont les prix ont également augmenté de manière spectaculaire.
Un approvisionnement sécurisé
Un autre point important soulevé par Khalid Zaim est la question de l’approvisionnement. Contrairement à certains pays où les pénuries d’œufs sont fréquentes, le Maroc continue de produire suffisamment pour répondre à la demande intérieure. Le pays reste ainsi autonome dans la production d’œufs, un point qu’il convient de souligner en comparaison avec d’autres nations qui doivent importer des œufs pour satisfaire leurs besoins.
Néanmoins, les producteurs marocains font face à une demande croissante, notamment à l’approche du mois de Ramadan, période de forte consommation d’œufs. Le président de l’ANPO affirme que la production est bien orientée pour faire face à cette hausse de la demande. Il ajoute que l’offre sera suffisante pour satisfaire les besoins du marché, mais souligne que les producteurs se concentrent principalement sur l’approvisionnement du marché interne. En conséquence, les exportations d’œufs ont été suspendues pour garantir que la production nationale couvre pleinement la consommation interne.
D’ailleurs, la consommation des œufs augmente pendant le mois de Ramadan. Traditionnellement, la demande grimpe en particulier durant la dernière semaine de chaâbane et la première semaine du mois sacré. Et en dépit de cette demande accrue, Khalid Zaim reste optimiste. Selon lui, les prix des œufs devraient se stabiliser durant la période de Ramadan, voire peut être légèrement baisser si l’offre continue d’être suffisante pour répondre à la demande. Il affirme également que les professionnels du secteur sont confiants, car l’approvisionnement est bien géré et les efforts de production sont en place pour éviter toute pénurie majeure.
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