Gaming : comment le Maroc trace son chemin ?
Manette de jeu vidéo © depositphotos
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Véritable phénomène de société, le jeu vidéo touche aujourd’hui un public plus large et varié. Il favorise à la fois la créativité et l’innovation, tout en connectant des millions de joueurs à travers le monde. Plus qu’un simple loisir, il offre des expériences immersives qui stimulent l’imagination et développent de nouvelles compétences.
Au Maroc, ce secteur représente une véritable opportunité, avec un écosystème en plein essor et des talents prometteurs. Toutefois, pour s’imposer sur la scène internationale, il reste des défis majeurs à relever, notamment en matière d’infrastructure, de formation et de soutien aux créateurs locaux. En misant sur une approche collaborative et sur l’innovation, le pays peut finalement entendre sa voix sur la scène internationale.
Le Maroc s’appuie sur l’expertise française
Le gaming était au centre des discussions lors de la visite de Rachida Dati au Maroc en début de semaine, un domaine dans lequel le Maroc et la France voient un potentiel de développement considérable. En tant que ministre française de la Culture, Dati a pris la parole à Rabat pour souligner les avancées impressionnantes du Maroc dans ce secteur, un domaine qui a connu un essor remarquable ces dernières années. Ce dynamisme, qui s’observe aussi bien chez les jeunes marocains que parmi les jeunes étrangers, témoigne de l’attractivité croissante du pays dans l’univers du jeu vidéo.
Dans son discours, la ministre a particulièrement mis en lumière le programme « Video Game Creator », fruit d’une coopération renforcée entre le Maroc et la France, qui a été lancé en janvier dernier. Ce programme, qui se déroulera sur neuf mois, vise à former une nouvelle génération de créateurs de jeux vidéo. Son objectif est de répondre à la demande croissante de professionnels qualifiés dans ce secteur en pleine expansion. L’originalité de cette initiative réside notamment dans son engagement en faveur de la diversité de genre, puisque 35% des participants au programme sont des femmes.
Ce programme s’inscrit dans une stratégie plus large visant à positionner le Maroc comme un acteur clé du secteur du gaming à l’échelle internationale. À travers des formations de qualité et un soutien renforcé aux talents locaux, le Maroc cherche à se distinguer dans cette industrie dynamique et à en faire un moteur pour son économie numérique.
Cette collaboration entre le Maroc et la France pourrait s’avérer mutuellement bénéfique. Le Maroc, avec une population jeune et connectée, offre donc un marché en pleine croissance et un vivier de talents prometteurs. En s’associant avec la France, qui possède une expertise reconnue et une industrie bien établie, le Maroc pourrait accélérer le développement de son propre secteur du jeu vidéo. Cela permettrait également aux entreprises françaises de s’implanter sur de nouveaux marchés et de diversifier leurs activités.
Il est à noter que le marché français du jeu vidéo, comptant 38,3 millions de joueurs, a enregistré un chiffre d’affaires record de 6,1 milliards d’euros en 2023, marquant une croissance de près de 10% par rapport à l’année d’avant. Cette tendance s’est confirmée en 2024, avec une augmentation de 4,3% du chiffre d’affaires des éditeurs de jeux entre août 2023 et août 2024.
Un agenda gaming
Outre la formation, le Maroc investit dans des infrastructures modernes, en organisant des événements phares. En exemple, le « Morocco Gaming Expo« , qui s’est tenu du en mai 2024 à Rabat. Organisé sous le haut patronage du roi Mohammed VI, il est le premier salon du genre au pays.
Cet événement qui a réuni des acteurs clés de l’industrie du gaming, des startups, des incubateurs, des universités et des opérateurs de formation. Il a également mis en avant le projet « Rabat Gaming City », visant à établir un cluster d’entreprises nationales et internationales, destiné à devenir un hub majeur du secteur du gaming en Afrique et dans la région MENA. Autre événement, le Moroccan Game Jam, qui a rassemblé, en novembre dernier, des développeurs de jeux de tout le pays pour un week-end de créativité et d’innovation.
Ces rendez-vous, qui commencent petit à petit à s’installer, témoignent d’une volonté claire des pouvoirs publics de soutenir et de structurer le secteur du jeu vidéo. Aujourd’hui, conscients du potentiel de cette industrie, les autorités cherchent à rattraper le retard accumulé par rapport à d’autres pays, qui ont pris une longueur d’avance dans ce domaine.
Une forte croissance attendue d’ici 2029
Selon le portail de données Statista, le marché des jeux vidéo au Maroc devrait atteindre des revenus de 582,58 millions de dollars en 2025. Cette croissance se poursuivra à un rythme soutenu avec un taux de croissance annuel moyen (CAGR) de 7,99% prévu entre 2025 et 2029, ce qui permettra au volume du marché d’atteindre 792,21 millions de dollars d’ici 2029.
Le nombre d’utilisateurs de jeux vidéo devrait, selon la même source, atteindre 16,9 millions d’ici 2029. Le taux de pénétration des utilisateurs dans le pays sera de 39,3% en 2025 et devrait augmenter pour atteindre 42,4% en 2029. Cette tendance s’explique par l’attrait croissant des jeunes marocains pour le divertissement numérique et les jeux compétitifs, une population de plus en plus impliquée dans les jeux vidéo.
Quant au revenu moyen par utilisateur (ARPU) au Maroc est estimé à 396,95 dollars américains, un chiffre qui témoigne de l’engagement élevé des joueurs marocains et de la monétisation croissante dans ce secteur.
L’addiction aux jeux vidéos officiellement reconnue comme une maladie
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