Immobilier au Maroc : vers une reprise prometteuse

Avatar de Mouna Aghlal

Temps de lecture :

Immobilier : fort ralentissement au premier trimestre 2026Image d'illustration © DR

A
A
A
A
A

Le secteur de l’immobilier au Maroc, comme dans bien d’autres pays, a été secoué par de profondes turbulences ces dernières années. Après une période de crise marquée par une baisse des transactions et une certaine stagnation, le marché semble aujourd’hui connaître un renouveau.

Après une période marquée par une faible visibilité, le marché immobilier marocain semble reprendre de plus belle, soutenu notamment par le lancement d’initiatives stratégiques et l’organisation de grands événements internationaux à venir.

C’est le bon moment pour investir dans l’immobilier !

«Notre pays traverse actuellement un véritable Big Bang en matière de travaux d’infrastructure, une dynamique appelée à se poursuivre pendant les cinq prochaines années au moins», juge les experts du secteur. En effet, ils se montrent optimistes face la tendance du secteur. Surtout grâce aux programmes d’aides directes au logement et l’organisation d’événements d’envergure tel que la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 2025 et la Coupe du Monde en 2030. 

En effet, Karim Mabrour, fondateur et CEO de MKM Immobilier, souligne que la ville de Casablanca est d’une part un hub économique à forte demande, mais souffre aussi d’une forte saturation. La capitale Rabat attire, quant à elle, beaucoup plus de clientèles stables, grâce à son rôle administratif. Marrakech, pour sa part, dépend beaucoup plus du tourisme, ce qui la rend beaucoup plus sensible aux fluctuations. 

Lire aussi: Scandale foncier à Assilah : une « mafia immobilière » accusée de corruption et falsification de titres

Pour Karim Mabrour, «il faut favoriser les constructions écologiques, intégrer des espaces verts et surtout de prévoir des logements adaptés au télétravail»Dans ce sens, il ajoute «qu’il vaut mieux investir dans les villes hautes, notamment Casablanca, Rabat ou Tanger». L’expert précise que «c’est le meilleur moment d’investir étant donné que les prix sont actuellement attractifs et en baisse». Karim Mabrour indique aussi que les réformes en cours et les événements prévus au Maroc «renforcent la confiance, en tout cas, des Marocains sur le sujet à moyen terme».

La crise : un ralentissement inéluctable

Les causes de la crise immobilière qu’a connue le Maroc sont multiples et complexes. Parmi les principaux facteurs, on peut citer la crise financière mondiale de 2008. Celle-ci a eu des répercussions qui ont impacté directement le marché marocain, entraînant une réticence des banques à accorder des crédits immobiliers. Par ailleurs, le printemps arabe a créé un climat d’incertitude qui a pesé sur l’investissement et la consommation. En plus, la surproduction de logements, dans des villes comme Casablanca, a entraîné une baisse des prix et une difficulté à écouler les stocks.

Lire aussi: Les tendances et les défis du marché immobilier au Maroc

Ainsi, pour comprendre la relance actuelle, il faut noter que le Maroc a su préserver une stabilité politique et économique, chose qui a rassuré les investisseurs nationaux et étrangers. D’ailleurs, le gouvernement a mis en œuvre plusieurs réformes visant à améliorer le cadre réglementaire et à faciliter l’accès au crédit. De plus, la croissance démographique, l’urbanisation galopante et l’aspiration à un meilleur niveau de vie continuent de stimuler la demande en logements. Le Maroc a, dans ce sens, réussi à attirer des investissements étrangers directs, notamment dans le secteur immobilier de haut standing. Par ailleurs, des initiatives gouvernementales telles que «villes sans bidonvilles» ont contribué à dynamiser le marché et à créer de nouvelles opportunités.

Crise vs relance

Pour mieux comprendre l’importance de cette situation et son impact sur le Royaume, il faut rappeler que la crise a été marquée par une baisse des transactions, une stagnation des prix et une offre excédentaire. Par la suite, la relance du marché de l’immobilier s’est traduit par la reprise des transactions, notamment par le biais de l’augmentation du volume des ventes, particulièrement dans les grandes villes. Il est important de noter qu’après une période de baisse, les prix se sont stabilisés et commencent même à remonter dans certains segments du marché. De plus, le marché propose désormais une gamme plus large de produits, répondant ainsi à une demande de plus en plus diversifiée. Les promoteurs misent ainsi de plus en plus sur des projets mixtes, combinant logements, commerces et espaces verts.

Lire aussi: Les Marocains, top acheteurs immobiliers en Espagne

Par ailleurs, les professionnels du secteur indiquent que l’amnistie fiscale sur les avoirs liquides, ayant généré 127 milliards de dirhams, constitue à présent un réservoir d’opportunités, surtout pour les investissements immobiliers. Ils soulignent à ce propos qu’avec des besoins croissants en logement et en infrastructures, il est possible que cet argent soit en partie orienté vers ce secteur.

La relance du marché immobilier marocain est le fruit d’une conjonction de facteurs favorables. Cependant, il est important de rester vigilant face aux défis qui persistent. Pour pérenniser cette dynamique, il est essentiel de poursuivre les efforts de réforme, de promouvoir l’investissement et de renforcer la régulation du secteur.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Israël-Marrakech : les vols directs reprennent après près de trois ans

La liaison directe entre Israël et Marrakech reprend après près de trois ans d’interruption, avec deux vols hebdomadaires opérés par Arkia.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Les exportations turques vers le Maroc progressent de 11,7%

Les exportations turques vers le Maroc ont progressé de 11,7% à fin juillet, malgré un recul marqué des ventes en juillet, à 277,5 millions de dollars.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Le Maroc renforce son offre aérienne avec 2,21 millions de sièges en août

Le Maroc confirme sa dynamique aérienne en août avec 2,21 millions de sièges programmés, tandis que Royal Air Maroc et Casablanca renforcent leurs positions.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Sucre : les exportations brésiliennes vers le Maroc bondissent de 138%

Les achats marocains de sucre brut brésilien ont bondi de 138,3% en juillet à 91,6 millions de dollars, faisant du Maroc le deuxième marché du Brésil.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Barrages : le taux de remplissage atteint 68,60%

Les réserves des barrages marocains dépassent 11 milliards de m³, avec un taux de remplissage de 68,60%, en forte progression sur un an.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Inflation : l’IPC recule de 0,6% en juillet

L’IPC a diminué de 0,6% sur un an en juillet, porté par le recul des prix alimentaires et des carburants, selon les dernières données du HCP.

Ilyasse Rhamir - 19 août 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire