Taux d’intérêt : le contexte est favorable à l’emprunt

Jules Raoul Yimcthi

Temps de lecture :

Bank Al Maghrib

A
A
A
A
A

Depuis le début de l’année, le taux directeur a baissé de 0,75 point. En baissant, il entraine avec lui les taux pratiqués par les banques même si cette relation n’est pas automatique et immédiate. Il a donc été convenu de plafonner le taux d’intérêt des crédits garantis par l’État à 3,5%. En conséquence, le taux moyen appliqué aux TPME est passé en dessous de 5% au 3e trimestre. La baisse du loyer de l’argent entraîne l’augmentation de la consommation et souvent des investissements. En revanche, elle pèse sur la rémunération de l’épargne.

Depuis 2015, le taux directeur de Bank Al-Maghrib a baissé de 1 point, dont une réduction de 0,75 point, cette année pour soutenir l’économie face à la pandémie du coronavirus. Le taux directeur correspond au loyer de l’argent auquel la Banque centrale prête aux banques commerciales. En baissant, il entraine avec lui les taux pratiqués par les banques, raison pour laquelle il est baptisé taux directeur parce qu’il dirige les taux de marché. Maintenant, son influence sur les taux débiteurs n’est pas mécanique. Pour que ce soit le cas, il faut que les banques jouent le jeu.

Le rôle de banques

On a souvent reproché aux banques de répercuter rapidement les hausses du taux directeur, mais pas les baisses. Ou bien, les délais de transmission des baisses aux taux débiteurs sont longs. Dans une crise comme celle de la Covid-19, il fallait mettre les liquidités à disposition des entreprises à un coût bas pour ne pas alourdir leurs charges. En dehors de la baisse du taux directeur, il a donc été convenu de plafonner le taux d’intérêt des crédits garantis par l’État à 3,5%. En conséquence, le taux moyen appliqué aux TPME, principaux bénéficiaires des prêts Oxygène et Relance, s’est établi à 4,44% au 3e trimestre. C’est la première fois qu’il est sous les 5%. Surtout, il a chuté de 1,24 point par rapport à son niveau en fin 2019. De même, l’écart de taux avec les grandes entreprises s’est encore resserré et se situe à 0,56 point. Il était supérieur à 1 point en fin 2019.

Relancer l’activité économique

Avec la baisse des taux, les autorités monétaires visent à encourager le crédit pour in fine restaurer l’activité économique. Lorsque les taux sont faibles, l’emprunteur a la possibilité de s’endetter à peu de frais, ce qui entraîne logiquement l’augmentation de la consommation et souvent des investissements. Les baisses de taux donnent souvent un coup de fouet aumarchéactions, car elles permettent aux entreprises d’accroître leurs prévisions de bénéfices et aux investisseurs d’espérer de futurs dividendes.

En revanche, la baisse des taux peut peser sur la rentabilité des banques. D’ailleurs, une diminution du loyer de l’argent n’a pas que des effets positifs. Le rendement de l’épargne en pâtit. D’où l’importance de ne pas mettre ses œufs dans le même panier. Il est donc crucial de repenser la répartition globale de l’épargne pour optimiser son rendement. Mais, dans une conjoncture comme celle imposée par laCovid, les arbitrages sont vite faits.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Pourquoi les Etats-Unis rouvrent-ils la porte à l’OCP ?

Pour le Maroc, et plus particulièrement pour l'OCP, cette dernière avancée illustre la place prise par le groupe dans les grands équilibres agricoles mondiaux.

Rédaction LeBrief - 30 juin 2026
ZLECAf : le Maroc renouvelle son engagement en faveur de l’intégration économique africaine

Le Maroc réaffirme à Abuja son soutien à la ZLECAf et appelle à accélérer l'intégration économique africaine pour stimuler le commerce et l'investissement.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Stellantis répond à l’offensive chinoise… en s’inspirant de la Chine

Face à la concurrence chinoise, Stellantis redéfinit sa stratégie mondiale et fait du Maroc un hub industriel pour soutenir sa croissance à l'horizon 2030.

Sabrina El Faiz - 30 juin 2026
Agriculture : la COMADER alerte sur les menaces qui pèsent sur le Maroc

La COMADER alerte sur la fragilité des exploitations agricoles et appelle à revoir les politiques de soutien face à la hausse des coûts et au stress hydrique.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Écosystème startup : une croissance record, mais un classement mondial en recul

L'écosystème startup marocain progresse fortement, mais recule au classement mondial 2026 de StartupBlink, peinant encore à franchir le cap du passage à l’échelle.

El Mehdi El Azhary - 30 juin 2026
Prix à la production : les industries manufacturières en léger repli en mai

Le HCP annonce une baisse de 0,3 % des prix à la production manufacturière en mai 2026, principalement due au recul de 1,1 % des industries alimentaires.

Mouna Aghlal - 30 juin 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire