Emprunt à l’International : Benchaâboun défend le timing choisi

image defaut author user

Temps de lecture :

Mohamed Benchaaboun, ministre de l'Economie, des Finances et de la réforme de l'Administration © DR

A
A
A
A
A

Le Maroc réussit une belle transaction sur le marché financier international. Le ministère des Finances a levé le montant d’un milliard d’euros avec des conditions de financement intéressantes. Une somme levée en 2 tranches de 500 millions d’euros chacune avec des coupons respectifs de 1,375 et de 2%, soit un taux moyen de 1,66%. Une performance jugée «excellente» par l’Exécutif, mais qui intervient légèrement en retard d’après quelques économistes. Les détails.

Les investisseurs internationaux continuent de faire confiance au Maroc. Il faut dire que la stabilité politique dont jouit le royaume et les réformes structurelles entreprises par le pays durant cette dernière décennie jouent en sa faveur, d’autant plus que ces dernières sont arrivées dans un contexte très mouvementé dans la région MENA.

Ainsi, le pays a emprunté jeudi dernierla somme d’un milliard d’euros sur le marché financier international. Une somme accordée en deux tranches de 500 millions d’euros. La première tranche d’une maturité de 5 ans et demi est assortie d’un prix de 99,374 % et d’un taux de rendement de 1,495 %, soit un coupon de 1,375 %, alors que la seconde tranche, d’une maturité de 10 ans, est assortie d’un prix de 98,434 % et d’un taux de rendement de 2,176 %, soit un coupon de 2 %.

Réjoui de cette démarche, le gouvernement qualifie les conditions de financement octroyéesd’«excellentes». Dans une interview parue ce lundi 28 septembre dans les colonnes du quotidienL’Économiste, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Réforme de l’administration Mohamed Benchaâboun précise que ces conditions de financement permettront au Maroc de faire une économie de 300 millions de dirhams par an au niveau de la charge des intérêts. Benchaâboun précise néanmoins que ce sera le dernier recours au marché financier international cette année. «Le marché domestique demeurera la principale source de financement pour le trésor», souligne-t-il.

Un timing inadéquat ?

Juste après l’annonce officielle de cet emprunt, quelques voix se sont élevées du côté des économistes istiqlaliens pour dénoncer le timing un peu tardif de ces transactions. «Au moment même où le FMI appelle à intensifier le soutien à la relance et propose de nouvelles lignes de financement et des échéances de remboursement soutenables, le gouvernement s’en tient à une logique qui ne permet ni de dépasser la crise, ni de préserver les équilibres des comptes publics», souligne l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI).

Une positionqui ne fait pas l’unanimité, notamment du côté de Mostapha El Jai, docteur en finance. Pour ce dernier, «Cela n’est pas évident dans un contexte comme celuique nous vivions». L’économiste estime dans une déclaration au quotidien les Inspirations éco ce lundi 28 septembre 2020 que «le niveau d’endettementactuel du Maroc exige beaucoup de précautions et de prudence».

Même son de cloche du côté de l’argentier du royaume qui précise que le timing de cette sortie est calculé. «Si nous étions sortis au mois de mai dernier, nous aurions payé un coupon de 3,1% pour une maturité de 10 ans contre un coupon de 2% pour l’actuelle émission, soit une économie de plus de 100 points de base», souligne le ministre qui rajoute que l’un des avantages de ce timing est qu’il permettra au pays de «remplacer une ancienne dette, d’un même montant, qui était assortie d’un taux d’intérêt de 4,5% par une nouvelle dette assortie d’un taux d’intérêt moyen de près de 1,7%».

Rappelons que le Maroc n’en est pas à sa première sollicitation étrangère de l’année. En avril 2020, le royaume avait tiré un montant de 3 milliards de dollars sur la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) mise à sa disposition par le Fonds Monétaire international (FMI). Une somme que le pays devra rembourser dans un délai qui ne dépasse pas cinq ans.

JEUX Nouveau
🎯 Mot du Jour chargement...

Devine le mot français du jour et apprends son équivalent en Darija 🇲🇦

Appuie sur Entrée pour jouer avec ton essai déjà rempli !

Dernier articles
Les articles les plus lu
Prix carburants : l’essence grimpe de 50 centimes dès le 16 mai

Consommation - Prix carburants : l’essence augmente de quelques centimes dès le 16 mai, tandis que le gasoil reste stable.

Rédaction LeBrief - 15 mai 2026
Pêche côtière : 3,85 MMDH à fin avril 2026

Économie - La pêche côtière et artisanale affiche une hausse de sa valeur à fin avril 2026, dépassant 3,85 milliards de dirhams, malgré un recul des volumes débarqués.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Peut-on domestiquer un arbre aussi complexe que l’arganier ?

Économie - Sélection de variétés, clonage, data… la recherche transforme l’arganier. Porté par l’INRA et ses partenaires, le Maroc construit une arganiculture moderne, entre performance agricole, innovation technologique et enjeux climatiques.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céramique : un accord pour structurer la filière marocaine

Économie - Un partenariat inédit vise à renforcer la compétitivité de la céramique marocaine, en misant sur l’innovation, la qualité et la structuration du secteur, avec l’ambition de consolider le « Made in Morocco » sur les marchés nationaux et internationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Céréales : lancement du dispositif de commercialisation 2026 à Casablanca

Économie - À Casablanca, les autorités lancent le dispositif de commercialisation des céréales pour la campagne 2026. Prix de référence, primes de stockage et mesures logistiques visent à soutenir les producteurs et renforcer les stocks nationaux.

Ilyasse Rhamir - 15 mai 2026
Le pétrole en hausse de 2% sur fond de tensions géopolitiques

Économie - Les prix du pétrole ont progressé d’environ 2% vendredi, portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 15 mai 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Pilotage énergétique : pourquoi la data est un levier de compétitivité pour les entreprises ?

Économie – Si on réussit, l’impact est double : compétitivité économique et contribution aux objectifs de transition énergétique du Royaume.

Rédaction LeBrief - 13 mars 2026
Ramadan 1447 : la grande bataille des dattes

Consommation-Production locale, importations, prix, qualité, enquête sur le marché ramadanesque des dattes au Maroc.

Sabrina El Faiz - 21 février 2026
Crise au Moyen-Orient : vers une hausse de la facture d’électricité au Maroc ?

Économie - Fortement dépendant des importations et du charbon pour produire son électricité, le Maroc pourrait voir sa facture énergétique augmenter si la crise perdure au Moyen-Orient.

El Mehdi El Azhary - 11 mars 2026
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire