Liquidités bancaires : au moins deux ans de tension

Avatar de J.R.Y

Temps de lecture :

580

A
A
A
A
A

Depuis le déclenchement de la crise, le besoin de liquidité des banques a fortement augmenté pour atteindre 100 milliards de DH en moyenne par semaine. C’est 30 milliards de DH de plus qu’hebdomadairement au premier trimestre. Ces besoins sont intégralement couverts par la Banque centrale à un taux de 1,5%. La diminution récente du taux entraînera aussi celle des taux obligataires. Cependant, la réduction du coût d’emprunt des banques ne se traduira pas mécaniquement par une baisse des taux débiteurs, l’environnement étant plus porteur de risques.

Bank Al-Maghrib a bien fait d’élargir les instruments de refinancement des banques. En effet, la pandémie du Covid-19 crée une pression sans précédent sur les liquidités bancaires. Le déficit hebdomadaire dépasse actuellement 100 milliards de DH. En 2018 et 2019, le besoin de liquidité des banques s’était établi respectivement à 69 et 62 milliards de DH. Par rapport au premier trimestre, le déficit s’est creusé de 30 milliards de DH. Rappelons que cette période a été marginalement impactée par la pandémie.

Les banques face à la circulation du cash

À partir de la deuxième quinzaine de mars et le début du confinement, les sorties de cash du système bancaire se sont accélérées. La monnaie fiduciaire a atteint 290 milliards de DH à fin mai, en hausse de 20% sur un an. Les aides accordées aux ménages pour atténuer les effets de la crise sur leur pouvoir d’achat sont en grande partie à l’origine de la forte hausse de la circulation fiduciaire. Inversement, les dépôts à vue auprès des banques se sont accrus de 8,6% sur un an suite notamment à l’amélioration de 8% de ceux détenus par les ménages et de 11% de ceux des entreprises non financières privées. Mais, cela ne compense que légèrement l’accélération de la circulation fiduciaire. Bank Al-Maghrib prévoit une exacerbation de la tension sur les liquidités bancaires au moins jusqu’en 2021 où le déficit pourrait atteindre 171 milliards de DH.

Pour couvrir leurs besoins, les banques mobilisent en moyenne 105 milliards de DH hebdomadairement auprès de Bank Al-Maghrib. Le coût de la ressource est de 1,5% depuis le dernier conseil de la Banque centrale qui a vu le taux directeur ramené de 2% à 1,5%. Cette baisse se répercutera aussi sur les taux obligataires. Ce qui veut dire que les émissions de certificats de dépôts des banques s’effectueront à des conditions plus intéressantes. Il n’empêche que la baisse du coût d’emprunt ne se traduira pas mécaniquement par une baisse des taux débiteurs, l’environnement étant plus porteur de risque. De quoi restreindre la transmission de la baisse du taux directeur aux taux débiteurs, sauf pour les entreprises qui bénéficieront des prêts relance. Pour ces dossiers, le taux d’intérêt a été plafonné à 3,5%.

Dernier articles
Les articles les plus lu
GITEX Africa 2026 : l’ADD propulse l’innovation numérique africaine

Économie - L’ADD pilote GITEX Africa Morocco 2026 pour faire du Maroc un hub numérique panafricain. Startups, investisseurs et innovations en IA se rencontrent à Marrakech pour renforcer la compétitivité, la souveraineté et la croissance technologique de l’Afrique.

Ilyasse Rhamir - 31 mars 2026
GITEX Africa 2026 : Marrakech au cœur de l’innovation africaine

Économie - Marrakech s’apprête à accueillir GITEX Africa 2026, un rendez-vous majeur du numérique réunissant startups, investisseurs et décideurs du monde entier, illustrant les ambitions du Maroc de devenir un hub technologique incontournable en Afrique.

Ilyasse Rhamir - 31 mars 2026
Hôtellerie en Afrique : le Maroc s’impose dans un marché en pleine expansion

Économie - Le Maroc confirme son statut de moteur du développement dans l'hôtellerie en Afrique, porté par la reprise touristique et l’intérêt des investisseurs. Entre projets ambitieux et défis de concrétisation, le Royaume renforce son attractivité régionale.

Ilyasse Rhamir - 31 mars 2026
Croissance : l’économie marocaine progresse de 4,1% au T4-2025

Économie - L’économie marocaine affiche une progression de 4,1% au quatrième trimestre 2025, portée par la demande intérieure. L’agriculture rebondit nettement tandis que les activités non agricoles ralentissent, dans un contexte d’inflation maîtrisée.

Ilyasse Rhamir - 31 mars 2026
Vueling Nador : une nouvelle liaison ouverte depuis Barcelone

Économie-Vueling Nador relie désormais Barcelone à la ville marocaine avec des vols hebdomadaires renforcés l’été.

Rédaction LeBrief - 31 mars 2026
Épargne nationale : stabilité à 30,8% du PIB fin 2025

Économie - Stabilisée à 30,8% du PIB fin 2025, l’épargne nationale reflète un ralentissement de la consommation et du revenu. Malgré une hausse de l’investissement, le besoin de financement s’accentue, révélant des déséquilibres économiques persistants.

Ilyasse Rhamir - 31 mars 2026
Voir plus
Le Made in Morocco est-il en danger ?

Entre importations massives et produits locaux mal protégés, le Made in Morocco se retrouve au cœur d’un étrange paradoxe.

Sabrina El Faiz - 14 mars 2026
Viandes, poissons : la danse des prix ramadanesques

Consommation - Si les fruits et légumes nous mettent déjà la tête à l’envers, les viandes et poissons ne sont pas en reste !

Sabrina El Faiz - 7 mars 2026
Indemnités CNSS 2025 : nouveaux plafonds et conditions d’exonération

Économie - Un arrêté du 19 mai 2025 redéfinit les règles d’exonération des indemnités liées au transport, à la représentation ou aux aides sociales. La CNSS est désormais dotée d’un cadre harmonisé avec la fiscalité, garantissant plus de clarté pour les employeurs.

Ilyasse Rhamir - 20 octobre 2025
Visa Schengen : le cauchemar européen à prix d’or

Dossier - Entre les délais interminables, les coûts exorbitants et les parcours semés d’embûches, obtenir un visa Schengen c’est devenu…

Sabrina El Faiz - 26 juillet 2025
Coût, impact… tout savoir sur la nouvelle LGV Kénitra-Marrakech

Économie - Le Maroc lance l’extension de sa LGV vers Marrakech, un projet structurant qui transformera durablement la mobilité, l’économie et la connectivité entre les grandes villes.

Hajar Toufik - 25 avril 2025
Où en est l’avancement du gazoduc Nigeria-Maroc ?

Économie - Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc progresse : 13 pays engagés, signature intergouvernementale à venir et lancement d’un premier tronçon entre Nador et Dakhla.

Hajar Toufik - 14 juillet 2025
pub

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée Champs requis marqués avec *

Poster commentaire