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Brexit : «une nouvelle aube» pleine d’incertitudes

Après trois années de polarisation nationale et européenne, le Royaume-Uni va enfin quitter le bloc des 27 pays membres de l’Union européenne. Ainsi le pays va officiellement annoncer dans la soirée de ce vendredi 31 janvier son divorce de l’UE, confirmant par cette démarche la victoire du Premier ministre britannique, Boris Johnson. Entre soulagement et déception, le débat s’ouvre sur plusieurs incertitudes, notamment économiques.

Par Khansaa B., Publié le 31/01/2020, mis à jour le 31/01/2020
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Brexit

Le Royaume-Uni se retire officiellement de l’Union européenne ce vendredi soir, quittant le bloc des 27 après près d’un demi-siècle et mettant fin à un débat qui avait agité le pays pendant plus de trois ans. Cette démarche confirme la victoire du Premier ministre britannique, Boris Johnson, l’artisan du divorce. Dans l’adresse qu’il fera à la nation juste avant la sortie, Johnson présente le Brexit comme «une nouvelle aube», rapporte la BBC. Selon lui, ce divorce est non seulement une force unificatrice, mais aussi un remède à des générations d’inégalités économiques entre le nord et le sud de la Grande-Bretagne.

Pourtant, indique le New York Times, malgré cette démarche historique pour les Britanniques, un sentiment palpable de déception règne en maître dans le pays. Maintenant que le Royaume-Uni a finalement atteint ce point de non-retour - un point que des millions de Britanniques avaient longtemps redouté ou en avaient rêvé, contre lequel ils avaient manifesté ou auquel ils s’étaient préparés avec impatience - l’émotion qui prévaut n’est ni la tristesse ni l’excitation. Il s’agit plutôt d’un réflexe typiquement britannique : «Get on with it» (passer à autre chose). Avec le temps, les Britanniques découvriront probablement qu’il n’est pas si facile de s’y faire. Au cours des onze prochains mois, le Royaume-Uni continuera à se conformer aux lois et règlements de l’Union européenne. Durant cette phase «post-Brexit», qui est censée expirer avant la fin de l’année 2020, le Royaume-Uni et l’UE entameront des négociations sur leurs relations futures, négociations qui pourraient s’avérer aussi conflictuelles et stressantes que la lutte politique suscitée par l’accord de divorce.

La presse britannique fait ses adieux à l’UE 

Pour la plupart des gens, rien ne sera si différent lorsque le soleil se lèvera samedi matin. Dans une large mesure, cela reflète la nature interminable et stimulante du débat Brexit. Depuis le référendum du 23 juin 2016, au cours duquel 51,9 % des Britanniques ont choisi de quitter le bloc européen, la question a divisé l’opinion publique. À quelques heures du divorce officiel, les titres de la presse britannique reflètent cette division, entre soulagement et déception. Le Daily Mail, quotidien pro-Brexit, voit dans ce divorce «une nouvelle aube». «Nous resterons des amis de l’Europe», promet le quotidien. «Ce n’est pas une fin, mais un commencement», proclame le Daily Telegraph. Le Guardian, le quotidien britannique de centre gauche, souligne que le pays s’engage pour le plus gros pari de son histoire récente. «Après 47 ans, l’Angleterre quitte l’Union européenne ce soir - le plus grand pari d’une génération», sous-titre le quotidien. De nombreux journaux européens consacrent également leur une du jour à ce départ historique. Le journal écossais The Daily Record titre «Isolée, pire encore, plus faible et divisée […] la Grande-Bretagne ne sera plus jamais la même». Pour The Scotsman, un autre journal écossais, «c’est un adieu, pas un au revoir !»

L’économie britannique serait-elle fragilisée ?

Il faudra véritablement attendre la fin de période de transition pour mesurer les conséquences concrètes du Brexit en matière économique, commerciale, douanière ou encore de libre circulation. Dans ce contexte incertain, l’économie britannique retient son souffle. Selon le Guardian, une fois le Brexit effectif, beaucoup de questions resteront en suspens, notamment celles entourant l’avenir des relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, et les négociations avec les États-Unis sur un accord de libre-échange. Cependant, sans le soutien des 27, certains analystes ont déclaré que le Royaume-Uni serait une puissance diminuée, trop dépendante de son alliance avec les États-Unis.

«Dès le 31 janvier, nous allons travailler avec nos amis et partenaires à travers le monde», avait assuré Johnson. Son gouvernement a consolidé ses équipes pour être en mesure de négocier en parallèle avec les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. Le pays doit également renégocier les 40 traités commerciaux dont il bénéficiait dans le cadre de l’UE. Bien qu’il soit déjà parvenu à en renouveler 20, il n’est pas encore parvenu à renégocier ceux qui le liaient avec d’incontournables partenaires comme le Canada et le Japon, souligne le Independant.

Dans un second temps, Londres a aussi engagé des discussions avec des pays africains, continent où l’ex-puissance coloniale veut retrouver de nouveaux partenaires commerciaux. Alors que le Royaume-Uni redéfinissait les contours de sa politique étrangère, le pays avait organisé le Sommet Afrique–Royaume-Uni sur l’investissement. En marge de cette rencontre qui avait connu la participation de seize dirigeants africains, le Maroc et le Royaume-Uni avaient pour objectif d’étudier les opportunités d’échanges commerciaux et d’investissements entre les deux pays.


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