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Russie : les réformes constitutionnelles radicales de Poutine

Annonce d’une batterie de nouvelles réformes constitutionnelles radicales, démission du gouvernement et nomination express d’un nouveau Premier ministre, ces évènements cruciaux ont tous eu lieu ce mercredi 15 janvier en Russie. Le président Vladimir Poutine, dont le mandat prend fin en 2024, semble chercher à mettre en place un système institutionnel lui assurant de contrôler à vie la politique du pays, qu’il dirige depuis près de deux décennies.

Par Nora Jaafar, Publié le 16/01/2020 à 17:05, mis à jour le 16/01/2020 à 17:22
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Ce mercredi 15 janvier, le président russe, Vladimir Poutine, a proposé des amendements radicaux au système politique du pays, lors de son discours annuel devant le Parlement. Il a ainsi introduit des réformes qui transféreraient au parlement et au Premier ministre plusieurs prérogatives de la présidence, rapporte Reuters. L’agence de presse souligne que ces changements ont conduit à la démission du Premier ministre, Dimitri Medvedev, et de l’ensemble du gouvernement russe. Une démarche qui, selon Le Monde, vise à préserver un pouvoir central fort dans le pays. Le journal a souligné que Poutine, qui a déclaré que « la Russie devrait rester une république présidentielle forte », est obsédé par le contrôle et cherche à mettre en place un système institutionnel qui pourrait lui garantir de garder le pouvoir, même après la fin en 2024 de son 4e mandat présidentiel. Notons que ce dernier domine la politique russe, comme président ou comme Premier ministre, depuis plus de deux décennies.

Les réformes proposées par Poutine

Ainsi, ce mercredi Poutine a proposé d’octroyer le pouvoir de nommer le Premier ministre au Parlement. Jusqu’à présent, c’est le président qui désigne les personnes éligibles à ce poste, puis transmet son choix pour approbation au Parlement. Mais si la suggestion du dirigeant russe venait à se concrétiser, le futur président ne pourrait plus bloquer le choix du Parlement. Et ce dernier aurait également pour mission de former les coalitions gouvernementales sur recommandation du Premier ministre, explique RFI. La même source indique que Poutine veut aussi limiter les futurs dirigeants à un maximum de deux mandats au pouvoir et réduire leurs prérogatives en les transférant à d’autres institutions politiques. De plus, nous apprend France 24, il cherche à introduire une clause qui stipule que seuls les candidats qui justifient de 25 années de résidence en Russie, pourraient se présenter aux élections présidentielles. Poutine insiste que les prochains leaders du pays ne devraient pas détenir une citoyenneté étrangère ou un permis de résidence à l’étranger. Par ailleurs, il a proposé de consolider le statut de la Chambre basse du Parlement, la Douma, et d’inscrire ses nouvelles tâches dans la constitution. La Douma est actuellement un organe politique chargé d’accompagner et de conseiller le président, et se compose des chefs des régions de la Russie. Selon Reuters, Poutine a expliqué qu’il voulait accroître considérablement le pouvoir de décision de cette instance au niveau fédéral, en lui donnant de nouvelles missions.

Les options qui s’offrent désormais à Poutine

Après avoir été forcé par la constitution russe de céder le poste de président à son allié Dmitri Medvedev, Vladimir Poutine a rempli de 2008 à 2012 les fonctions de Premier ministre. Une fonction, qui si ses propositions se concrétisent, deviendrait plus influente que celle de président. L’agence Bloomberg souligne dans ce sens que Poutine pourrait « redevenir Premier ministre avec des pouvoirs renforcés et rester indéfiniment au pouvoir ». La même source indique que vu que la Douma allait gagner en puissance grâce aux propositions de Poutine, ce dernier « pourrait essayer de diriger le pays depuis la présidence du Parlement ». Puis France 24 ajoute qu’il pourrait également « gouverner depuis les coulisses, comme chef du parti majoritaire au Parlement », s’assurant ainsi un rôle permanent dans le champ politique russe.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Selon Euronews, Poutine a ordonné la création d’un groupe de travail pour évaluer ses amendements constitutionnels. Après cette évaluation, poursuit le média, le président a affirmé que les propositions seront soumises à un référendum, sans préciser quand il aura lieu. Enfin, ajoute l’agence de presse Interfax, le Parlement procédera à un vote pour approuver les changements apportés par Poutine, et ce avant la fin de sa session de printemps.

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