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Trump, 3e président américain à subir une procédure de destitution

Donald Trump est devenu ce mercredi 18 décembre le troisième président américain à être mis en accusation dans le cadre d’une procédure de destitution. La Chambre des représentants, à majorité démocrate, accuse le dirigeant républicain d’avoir commis un « abus de pouvoir et une entrave à la bonne marche du Congrès ». Toutefois, il est peu probable qu’il soit démis de ses fonctions. Les articles de destitution, rédigés par la Commission judiciaire de la Chambre, vont être soumis à la volonté des républicains majoritaire du Sénat, qui ont précédemment assuré que le président sera acquitté.

Par Nora Jaafar, Publié le 19/12/2019 à 12:40, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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Ce mercredi 18 décembre, Donald Trump est devenu le troisième président des États-Unis à être mis en accusation dans le cadre d’une procédure de destitution. Après un débat tendu de 10 heures, la Chambre des représentants, à majorité démocrate, a voté à 230 voix contre 197 en faveur de l’article de mis accusation sur l’abus de pouvoir », puis à 229 voix contre 198 pour le deuxième article concernant l’entrave à la bonne marche du Congrès, rapporte Reuters. « Il est tragique que les actions imprudentes du président rendent sa destitution nécessaire. Il ne nous a pas laissé de choix », a déclaré la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. « C’est un fait que le président est une menace permanente pour notre sécurité nationale et l’intégrité de nos élections ».

 

Réactions de Trump et des républicains

Les républicains ont accusé les démocrates de ne pas accepter le résultat des élections de 2016. Selon l'AFP, ils soutiennent que l’enquête de destitution a été précipitée et que Trump a été traité plus injustement que les hommes et les femmes accusés et exécutés pour sorcellerie à Salem au Massachusetts dans les années 1600. De plus, ils déplorent que les démocrates ont été influencés par des extrémistes socialistes et des « Trump-haters » (des personnes qui détestent Trump). Les républicains ont également averti que cette affaire risquerait d’affecter l’opposition lors des élections présidentielles de novembre 2020. « Il ne s’agit pas de l’affaire ukrainienne, mais d’une course au pouvoir », a déclaré le républicain Matt Gaetz. « Les électeurs n’oublieront jamais que les démocrates ont initié la procédure de destitution à l’encontre du président juste parce qu’ils ne l’aiment pas, et qu’ils ne nous aiment pas ».

 

Pour sa part, Trump qui suivait de près le vote de la Chambre des représentants, a déploré que cette mis en accusation reflète « trois ans d’une sinistre chasse aux sorcières, de canulars et d’escroqueries », souligne le Huffpost France.

 

Les articles de mis en accusation votés 

Les deux articles de destitution ont été rédigés par les démocrates de la Chambre des représentants. Le premier accuse Trump d’avoir « abusé de ses pouvoirs de président et d’avoir porté atteinte à la sécurité nationale pour servir ses propres intérêts politiques ». Plus précisément, l’actuel locataire de la Maison-Banche a demandé à l’Ukraine d’enquêter sur un de ses rivaux potentiels à la présidentielle de 2020, le démocrate Joe Biden. Selon l’accusation, il a de plus exercé des pressions pour obtenir gain de cause, notamment en gelant une aide militaire de 391 millions de dollars destinée à ce pays en crise ouverte avec la Russie, rappelle Euronews.

 

Le deuxième article, poursuit la même source, accuse Trump d’entrave à la bonne marche du Congrès. Lorsque l’affaire de chantage visant Kiev a été révélée par un informateur anonyme, la commission judiciaire a affirmé que le milliardaire républicain a commis une obstruction à la justice en interdisant à ses conseillers de témoigner, de fournir des documents ou de contribuer d’une quelconque manière à l’enquête du Congrès.

 

« Dans toute l’histoire de la République, aucun Président n’a jamais ordonné le défi total d’une enquête de destitution ni tenté d’entraver de manière aussi complète la capacité de la Chambre des représentants d’enquêter sur les crimes et délits graves « », s’indigne Pelosi.

 

Quand aura lieu le procès du Sénat ?

Officiellement mis en accusation par les représentants, c’est désormais le Sénat qui va prendre le relai et organiser le procès de destitution de Trump, conformément à la Constitution américaine. Ce procès commencera sans doute dès janvier. Une équipe d’élus démocrates se chargera de rassembler et de présenter les éléments de preuves et les témoignages incriminant le président. Selon Le Figaro, même si « la dramaturgie entourant cette affaire est bien réelle, son effet serait largement atténué par la très forte probabilité que l’issue soit défavorable au combat des démocrates qui devraient se heurter à la majorité des républicains au Sénat ». En effet, les républicains, qui occupent 53 sièges sur 100 à la Chambre haute, ont ouvertement annoncé leur intention d’acquitter Trump. Notons que pour que la procédure de destitution aboutisse sur un départ forcé du milliardaire républicain, les démocrates doivent convaincre 20 sénateurs du parti adversaire d’approuver les articles de mis en accusation.

 

Par ailleurs, dans le cas peu probable où le Sénat condamne et révoque le dirigeant américain, le vice-président Mike Pence deviendrait président et terminerait le mandat de Trump, qui prend fin le 20 janvier 2021, explique Al Jazeera.

 

Troisième procédure de destitution de l’histoire des USA

Seuls deux anciens présidents américains ont subi une procédure de destitution. En 1998, Bill Clinton a été accusé de parjure et d’obstruction à la justice après avoir menti sur sa liaison avec la stagiaire de la Maison-Blanche, Monica Lewinsky. Le président Andrew Johnson a été poursuivi en 1868 pour 11 accusations liées au limogeage de son secrétaire d’État à la guerre. Tous deux ont été acquittés au Sénat.

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