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En pleine crise avec la Turquie, Trump déclare être « fan » d’Erdogan

Le président américain Donald Trump a vanté mercredi ses relations avec le président turc Recep Tayyip Erdogan alors que les deux dirigeants se sont réunis pour débattre sur différentes problématiques politiques, notamment l’offensive anti-kurde au nord-est de la Syrie et l’achat par Ankara d’un système russe de défense antimissile. "Fan" du leader de la Turquie, Trump a qualifié leur réunion de « merveilleuse et productive ».

Par Nora Jaafar, Publié le 14/11/2019 à 11:10, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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L’accueil chaleureux réservé par Trump au président turc a été contesté par le Congrès américain, qui accuse Ankara d’avoir mené une violente offensive en Syrie pour chasser les forces kurdes, principaux partenaires de Washington dans la lutte contre l’État islamique, rapporte Al Jazeera. Plus tard dans la journée du mercredi 13 novembre, le président américain a déclaré lors d’une conférence de presse avec Erdogan que les deux dirigeants avaient eu une « réunion merveilleuse et productive », ajoutant qu’il espérait que les alliés de l’OTAN seraient capables de résoudre leurs différends.

 

De sérieux défis

Parmi les sujets abordés lors de cette rencontre figurait l’achat par la Turquie du système de défense russe S-400, qui a incité Washington à retirer Ankara du programme des avions de combat F-35. En effet, la Turquie a ignoré les menaces de sanctions américaines et a commencé à recevoir ses premières livraisons de S-400 en juillet, mais jusqu’à présent, les États-Unis ne lui ont imposé aucune sanction. « L’acquisition par la Turquie d’équipements militaires russes, tels que le S-400, nous pose de très sérieux problèmes et nous en parlons constamment », a souligné Trump lors de la conférence de presse du mercredi. « Nous en avons parlé aujourd’hui, nous en parlerons à l’avenir, et avec un peu de chance, nous serons en mesure de résoudre cette situation », a-t-il affirmé.

 

Par ailleurs, le mois dernier, la Chambre des représentants a approuvé une série de sanctions visant à punir la Turquie pour l’achat du système de défense russe et pour l’opération d’Ankara en Syrie. Des membres du Sénat se sont ainsi engagés à accélérer l’application de cette législation si la vie des Kurdes de Syrie était menacée.

 

S’exprimant par l’intermédiaire d’un traducteur, Erdogan a de son côté indiqué que les deux pays ne pouvaient « surmonter les obstacles qu’ils rencontrent que par le dialogue ».

 

Les républicains font pression sur Erdogan

Selon le New York Times, cinq sénateurs républicains, dont Lindsey Graham, se sont rendus à la Maison-Blanche et se sont entretenus avec Erdogan et Trump sur le programme des F-35. Ces derniers ont profité de l’occasion pour exprimer leurs préoccupations quant au traitement réservé par la Turquie aux Kurdes en Syrie. Notons que cette réunion intervient un mois après le lancement d’une opération militaire contre les unités de protection du peuple kurde (YPG) dans le nord-est de la Syrie. La Turquie perçoit le YPG comme une branche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui est considéré comme un groupe « terroriste » par Ankara ainsi que par plusieurs pays occidentaux. L’opération s’est finalement terminée par le retrait forcé du YPG kurde de certaines zones frontalières entre la Syrie et la Turquie, mais Ankara affirme que le groupe armé n’a pas complètement quitté ces régions, rapporte le quotidien américain.

 

Pour sa part, Erdogan distingue les Kurdes du PKK, souligne le Washington Post. « Je vous assure que ceux que vous appelez “Kurdes” sont en réalité des membres du YPG, qui sont des ramifications du PKK », a-t-il expliqué. Il a également exprimé sa frustration quant à la problématique des réfugiés ainsi que le manque de soutien des autres pays dans ce sens. « Quand personne n’acceptait ces réfugiés, nous l’avons fait », déplore-t-il.

 

En outre, le dirigeant turc a affirmé être « profondément blessé » par la résolution de l’Assemblée, qualifiant les meurtres de 1,5 million d’Arméniens, qui remontent à un siècle et demi auparavant, comme un « génocide », une étiquette que la Turquie réfute. Il a ajouté que cette démarche menace de jeter une « ombre profonde sur leurs relations bilatérales », indique le Washington Post.

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