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Accord Turquie-Russie sur la Syrie : USA, grand perdant de ce conflit

Le président russe Vladimir Poutine et le président turc Recep Tayyip Erdogan se sont rencontrés mardi 22 octobre à Sochi, une ville balnéaire dans le sud de la Russie, avec un agenda commun : mettre fin à la guerre civile qui sévit depuis huit ans en Syrie. Les deux dirigeants ont conclu à accord comportant dix points essentiels indiquant implicitement que les Américains ont été écartés du projet de reconstruction de la Syrie.

Par Nora Jaafar, Publié le 23/10/2019 à 11:41, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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En quoi consiste l’accord de Poutine et Erdogan ?

La Russie et la Turquie ont annoncé la conclusion d’un accord de grande envergure qui répond à une préoccupation majeure de la Turquie : la présence des forces kurdes du YPG sur leur frontière. Mais il révèle aussi la principale crainte des Kurdes, à savoir que les groupes rebelles syriens soutenus par la Turquie ne déclenchent une campagne de nettoyage ethnique contre eux et d’autres groupes minoritaires, rapporte CNN.

 

En vertu de ce nouvel accord, poursuite la même source, la police militaire russe et les gardes-frontières syriens entreront du côté syrien de la frontière syro-turque ce mercredi 23 octobre. Au cours des 150 prochaines heures, ils devront retirer le YPG et leurs armements de la zone de sécurité. Ainsi, à partir de 18 heures (heure locale) du mardi 29 octobre, la police militaire russe et l’armée turque entameront des patrouilles dans la région frontalière, dont la Turquie a repris le contrôle grâce à son offensive militaire.

 

Il n’est toutefois pas clair si l’accord s’applique sur toute la longueur de la frontière entre la Turquie et la Syrie, ou concerne seulement les zones contrôlées par les Kurdes syriens, ajoute CNN.

 

Qui sort gagnant de cet accord ?

Selon Reuters, Poutine et Erdogan sont devenus les principaux intermédiaires géopolitiques de la région. La Turquie et la Russie ont soutenu des parties opposées pendant la guerre civile syrienne : Moscou a fourni une puissance aérienne pour renforcer la démarche du président syrien Bachar al-Assad, tandis que la Turquie soutenait les groupes rebelles cherchant à renverser le régime. Toutefois, les deux dirigeants ont opté pour une approche qui évite de redessiner les frontières internationales et décourage les mouvements séparatistes. Poutine a déclaré que la Russie et la Turquie avaient convenu de défendre « la souveraineté et l’intégrité territoriale » de la Syrie, une solution saluée comme un succès en matière de politique étrangère, indique l’agence de presse.

 

Autre avantage pour Poutine, Moscou a réussi à convaincre Ankara de négocier directement avec le régime de Damas. La puissance aérienne de la Russie a ainsi changé le cours de la guerre en faveur d’Assad, explique toujours la même source.

 

De son côté, la Turquie a enfin pu atteindre son objectif. En effet grâce à ce nouvel accord Ankara a réussi à contenir l’une des menaces majeures qui préoccupaient sa sécurité nationale : le Parti des travailleurs du Kurdistan, un groupe séparatiste kurde lié au YPG et qui est considéré comme une organisation terroriste par la Turquie et les États-Unis.

 

Qu’en est-il des États-Unis ?


Pour le Washington Post, le plus grand perdant géopolitique de cet accord est Washington. Le quotidien américain déplore que la sortie rapide des forces américaines, qui ont laissé les Kurdes exposés, a été un cadeau pour Poutine. C’est Sergei Shoigu, le ministre russe de la Défense, qui a en effet déclaré qu’il était temps pour les Américains de quitter la Syrie.

 

Le journal souligne que pour tourner le couteau dans la plaie, Shoigu a affirmé que les États-Unis disposaient de moins de deux heures pour se conformer à l’accord de cessez-le-feu, conclu la semaine dernière entre Erdogan et le vice-président américain, Mike Pence. Un accord qui a expiré mardi à 22 heures, heure de Moscou. Conformément à cet engagement, Pence a déclaré que les États-Unis retireraient les sanctions imposées à la Turquie dès qu’un cessez-le-feu permanent serait conclu.

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