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Le débat sur les libertés individuelles s’envenime au Maroc

L’association marocaine à but non lucratif « Mawadah », concernée par le développement social et familial, a publié une pétition en ligne contre les « libertés pornographiques », le samedi 19 octobre. Plus de 5 000 Marocains ont déjà signé le document numérique. L’organisation a appelé la pétition « Déclaration sur les revendications des libertés individuelles ». Le document contient cinq paragraphes, chacun exprimant une opinion sur le débat en cours sur les libertés individuelles au Maroc.

Par Nora Jaafar, Publié le 23/10/2019 à 14:58, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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Dans le premier paragraphe, l’ONG exprime sa conviction que les libertés individuelles sont un droit de l’homme et qu’elle est très ouverte à participer à un débat avec toutes les personnes qui ont une opinion différente. Cependant, selon eux, l’islam est au cœur de l’identité marocaine, et tous les Marocains doivent s’y conformer. Ensuite, l’organisation assure que fonder le système juridique sur les lois islamiques est plus que suffisant pour garantir la justice et les droits des Marocains. Selon « Mawadah », il n’est pas nécessaire d’importer des « systèmes étrangers » et d’essayer de les appliquer au Maroc, car ces « systèmes importés servent des objectifs connus de tous », en l’occurrence une conspiration contre les valeurs morales des musulmans de l’Occident, souligne la pétition.

 

Dans le troisième paragraphe, les auteurs expriment leur « condamnation absolue du sexe hors mariage, de l’adultère, de l’homosexualité et de l’avortement ». Ces « pratiques immorales » présentent un certain nombre de « dangers pour les individus, la famille et la société ».

 

Quatrièmement, la pétition considère le Maroc comme une référence pour l’Islam « modéré et ouvert ». L’organisation réfute toutes sortes d’extrémismes, tant « l’exagération et l’excès de religion, que l’extrémisme des libertés sexuelles et de l’immoralité ».

 

Enfin, l’ONG réitère son rejet des manifestations appelant à la « liberté sexuelle ». Selon l’organisation, ces protestations « ne servent que les agendas sauvages de la mondialisation et de l’impérialisme qui ne respectent ni les religions ni les spécificités nationales et ethniques ».

 

 

Après que la pétition a atteint 5 000 signataires, « Mawadah » a exprimé sa « fierté quant à l’attachement de la société marocaine à son identité ». Ils ont également invité d’autres personnes à rejoindre leur cause. « L’avenir des jeunes générations de notre nation repose sur nos efforts actuels pour préserver notre identité, nos valeurs et notre éthique ».

 

 

Par ailleurs, la fondation « Mawadah » a été créée en 2015. Son objectif principal est d’aider à maintenir la cohésion des familles et une société consciente et sécurisée au Maroc. Sa pétition est une contre-offensive contre le mouvement connu sous le nom de « hors-la-loi marocain ». Le mouvement a publié un manifeste appelant au changement des lois incriminant les rapports sexuels hors mariage et l’avortement.

 

La pétition a été publiée après l’arrestation en septembre 2019, de la journaliste Hajar Raissouni pour relations sexuelles hors mariage et avortement illégal, avec son fiancé, son médecin et ses deux assistants. Début octobre, le tribunal de Rabat a condamné tous les accusés à différentes peines de prison. Toutefois, le 16 octobre, le roi Mohammed VI a accordé une grâce royale à Raissouni et aux autres prévenues. L’affaire a ainsi suscité une indignation générale, non seulement chez les militants marocains, mais aussi celle de la communauté internationale.

 

Depuis sa publication en septembre 2019, la pétition des « hors-la-loi » a recueilli plus de 12 000 signatures. Au cours d’un débat sur l’avortement, la cinéaste Sonia Terrab, l’une des dirigeantes du mouvement, a déclaré : « Pour moi, c’est une victoire que les jeunes se mobilisent avec nous, dans cette lutte contre les lois injustes ». Le débat a eu lieu à l’Université Mohammed VI, à Casablanca, le 16 octobre. Des politiciens, des professeurs, des activistes et des érudits religieux ont tous pris part à la conférence.

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