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Ce que vous devez savoir sur l’affaire de Hajar Raissouni !

Depuis son arrestation pour avortement le 31 août dernier, le nom de Hajar Raissouni a été publié dans tous les médias marocains. L’affaire a été dénoncée au niveau international lorsque Human Rights Watch et Amnesty International ont demandé la libération immédiate de la journaliste.

Par Nora Jaafar, Publié le 16/09/2019 à 17:04, mis à jour le 30/12/2019 à 20:25
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Raissouni comparaît devant le juge du Tribunal de première instance à Rabat ce lundi. Elle, qui travaille pour le journal Akhbar Al Yaoum, est accusée d’« avortement illégal et de relations sexuelles extraconjugales ».

 

L’avortement et les relations sexuelles hors mariage sont illégaux

L’avortement et les unions traditionnelles sans mariage officiel sont illégaux au Maroc.

 

Le Code pénal 454 stipule que les relations sexuelles hors mariage sont passibles d’arrestation et d’emprisonnement pour une durée maximale de deux ans. L’article 453 du Code pénal marocain stipule toutefois que l’avortement n’est pas punissable s’il est pratiqué pour préserver la santé physique de la mère.

 

Dans ce cas, l’avortement peut être pratiqué ouvertement avec l’autorisation du conjoint.

 

Le cas de Hajar Raisouni a fait l’objet d’un débat national, certains médias divulguant la vie intime de la journaliste et l’attaquant pour son avortement et son mariage informel.

 

Se défendant, la journaliste maintient son innocence. Elle a fourni des certificats médicaux de l’hôpital Souissi de Rabat, affirmant qu’elle n’avait pas subi d’avortement.

 

L’affaire a fait l’objet d’une large publicité, avec des récits différents qui diffèrent d’un média à l’autre. Après l’apparition de plusieurs reportages dans les médias, le parquet du tribunal de première instance de Rabat a fait une déclaration officielle le 5 septembre, au milieu des rumeurs et des spéculations qui courent sur cette affaire.

 

Le Procureur regrette que l’affaire ait été rendue publique

Le procureur du roi a regretté la nécessité de publier la déclaration, affirmant que l’affaire aurait dû être discutée et prouvée ou jugée fausse devant le tribunal et non sur les réseaux sociaux. Il a également démenti les rumeurs selon lesquelles l’arrestation de la journaliste était liée à son travail.

 

Le 6 septembre, Amnesty International a écrit que le journaliste avait récemment mené une série d’entretiens avec Ahmed Zefzafi, le père du militant du Hirak, Nasser Zefzafi. L’ONG a ajouté qu’une partie du travail de Raissouni était critique par les autorités marocaines.

 

Selon le communiqué de presse du procureur, la police a arrêté la journaliste pour des actes qui sont « considérés comme des infractions pénales au regard du droit pénal, à savoir l’avortement et l’acceptation de l’avortement médicalement provoqué ».

 

Le procureur général du Roi a également déclaré que le certificat médical que Raissouni a utilisé comme preuve qu’elle n’avait pas subie d’avortement n’était qu’« un examen préliminaire effectué par un médecin, le 31 août ».

 

Le communiqué de presse officiel du procureur indique que Raissouni a « reconnu qu’elle avait déjà eu un avortement dans une autre clinique à la septième semaine de grossesse », une allégation que Raissouni a fermement contestée.

 

Ce n’est pas la première fois aujourd’hui que Rassouni comparaît devant le tribunal. La première séance de son procès a eu lieu le 9 septembre. S’il n’y a plus de reports, le tribunal décidera aujourd’hui du sort de Raissouni.

 

La journaliste, ainsi que son fiancé, le médecin et deux aides-soignants sont accusés d’avortement illégal. Raissouni risque une peine de deux ans de prison si elle est reconnue coupable.

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