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Soudan : Affrontements mortels entre le peuple et l’armée

Par Nora Jaafar, Publié le 01/07/2019, mis à jour le 30/12/2019
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De vastes foules sont descendues hier dans les rues du Soudan pour manifester contre le régime militaire. Des morts et des blessés ont été signalés suite à ce rassemblement.

 

L’agence de presse de l’Etat a déclaré que sept personnes ont été tuées et 181 autres blessées, selon le rapport du ministère de la Santé.

 

Le Comité central des médecins soudanais, favorable à l’opposition, a annoncé qu’au moins cinq manifestants ont été tués.

 

Le Soudan est en proie à des troubles depuis que l’armée a renversé le président Omar Al-Bashir en avril dernier.

 

Un soulèvement populaire contre son pouvoir s’en est suivi. Bashir a pris le contrôle du pays depuis le coup d’État du 30 juin 1989.

 

La manifestation de ce dimanche a été la plus importante depuis que la campagne de répression du 3 juin qui a fait des dizaines de morts parmi les militants pro-démocratie.

 

Des dizaines de milliers de personnes ont défié la présence massive de soldats pour exiger que le conseil militaire au pouvoir cède le commandement à une administration dirigée par des civils.

 

Le Comité central des médecins soudanais a déclaré que quatre personnes avaient été tuées dans la ville jumelle de Khartoum, Omdurman, tandis qu’un manifestant est décédé après avoir reçu une balle dans le thorax dans la ville d’Atbara.

 

« Il y a plusieurs blessés graves dans les hôpitaux de la capitale et des provinces, victimes des balles des milices du conseil militaire », ajoute le comité.

 

Le chef adjoint du Conseil militaire de transition (CMT), le général Mohamed Hamdan Dagalo, a indiqué : « Il y a des tireurs d’élite qui ouvrent le feu sur les gens, ils ont tiré sur trois membres de la Force de soutien rapide et cinq ou six citoyens. Il y a des infiltrés, des gens qui veulent compromettre le progrès ».

 

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants près du palais présidentiel et dans trois autres quartiers de Khartoum, rapporte l’AFP.

 

Du gaz lacrymogène a également été utilisé à Omdurman et dans la ville orientale de Gadaref.

 

« Nous sommes ici pour les martyrs du sit-in du 3 juin. Nous voulons un État civil qui garantisse notre liberté. Nous voulons nous débarrasser de la dictature militaire », a déclaré à l’AFP Zeinab un manifestant de 23 ans.

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