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Covid-19 : vacciner, la seule voie de sortie de crise

Alors que la troisième vague prend de la vitesse au Maroc, la pénurie des médicaments et des machines à oxygènes inquiète les autorités. Par ailleurs, les adolescents de 12 à 17 ans seront concernés par la vaccination dès le 23 août. Suite à l'annonce de cette décision, le doute de certains parents subsiste quant à l’utilité et la sûreté de l'immunisation des mineurs.

Par Khansaa Bahra, Publié le 16/08/2021 à 12:32, mis à jour le 16/08/2021 à 13:24
         Temps de lecture 7 min.
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Image d'illustration © MAP

Ce week-end, le Maroc a enregistré 17.620 nouveaux cas porteurs du coronavirus, portant le total des cas recensés au niveau national depuis le début de l’épidémie à 759.456. En ce qui concerne la répartition géographique des nouveaux cas recensés au Maroc ces dernières 24 heures, les régions de Casablanca-Settat et de Rabat-Salé-Kénitra sont les plus touchées par la pandémie. Ces régions regroupent à elles seules près de 50% des cas recensés quotidiennement. 

Au moment où les nouveaux cas se multiplient, les pharmaciens se plaignent actuellement d’une pénurie de médicaments nécessaires dans le protocole de soins de la Covid-19. Cette pénurie, qui a été confirmée par le président de la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc (CSPM), concerne les médicaments à base d’azithromycine, de vitamine C et de Zinc. 

Contacté par Le Matin, Oualid Amri, vice-président de la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens (FNSP), dénonce une surconsommation de la part des citoyens et l’absence de dialogue avec le ministère de la Santé pour renforcer leur rôle de sensibilisation. La vitamine C et le Zinc connaissent une forte demande alors que plusieurs personnes font du stock et s’automédiquent puisque ces médicaments peuvent être achetés sans ordonnance. «Heureusement qu’il y a des génériques pour l’azithromycine, parce que les molécules princeps sont généralement en rupture», explique le vice-président de la FNSP. Il appelle ainsi le ministère de tutelle, la direction du médicament et les pharmacies à «faire un effort pour que tous les produits soient disponibles au niveau du marché». 

 

Le spectre d’une pénurie des machines à oxygène

En outre, concernant le taux de létalité, il est désormais de 1,5%. Avec 84 nouveaux décès recensés en 24 heures, la barre des 11.000 décès a été franchie ce dimanche. Actuellement, le total des cas actifs passe à 81.209, un record. Parmi ces personnes, 2.350 cas sont dans un état grave. En termes d’incidence nationale, le taux cumulé passe à 2081,4 cas pour 100.000 habitants (soit 2% de la population qui a déjà été contaminée). S'agissant du taux d'occupation des lits de réanimation, il est de 52% et commence à inquiéter les autorités.

Avec le début de saturation des hôpitaux, la demande en machines à oxygène a explosé, rapporte le quotidien arabophone Assabah. Cité par le journal, Anouar Yadini, président de l’Association marocaine des professionnels des dispositifs médicaux, a souligné que l’épuisement du stock de générateurs d’oxygène est imputable en partie au manque d’organisation de la Direction des médicaments et de la pharmacie, relevant du ministère de la Santé. «Celle-ci prend du retard dans l’octroi des certificats d’enregistrement aux sociétés qui importent les générateurs. Ces documents sont indispensables pour pouvoir approvisionner le marché, c’est pourquoi l’association a transmis une missive à la tutelle pour résoudre la problématique, mais qui n’a pas encore eu de réponse à ce jour», a-t-il expliqué. Ainsi, les prix grimpent et les appareils à oxygène se négocient actuellement entre 8.000 et 18.000 DH. 

Par ailleurs, face à la recrudescence des cas d’hospitalisation et la pression sur le système de santé, la Direction régionale de la santé (DRS) de Marrakech-Safi a lancé des travaux pour l’aménagement d’un chapiteau d’une capacité de 100 lits dotés de tous les équipements médicaux nécessaires. Cette structure sanitaire, étendue sur 1.600 m2, vise à renforcer l’offre de prise en charge des cas de la Covid-19 afin d’alléger la pression sur les hôpitaux de la cité ocre.

Enfin, en réaction à de fausses informations diffusées sur un site d’information électronique national, le ministère de la Santé a réaffirmé que l’hospitalisation des enfants de moins de 15 ans atteints de Covid-19 n'est pas systématique.

 

Ouverture de la vaccination à tous les majeurs, les adolescents bientôt immunisés

À la date d’aujourd’hui, 16.262.278 personnes ont bénéficié du vaccin et 11.402.066 personnes ont déjà reçu leur deuxième dose. Tous les majeurs peuvent désormais se faire vacciner contre la Covid-19. En effet, ce samedi, le ministère de la Santé a annoncé l’élargissement de l’opération de vaccination anti-Covid-19 au profit des jeunes âgés de 18 ans et plus. Rappelons que les centres de vaccination sont désormais ouverts 7j/7 jusqu’à 20h. Les personnes concernées sont appelées à se rendre au centre le plus proche, sans aucune condition d’adresse ou de domicile, pour recevoir leurs doses.

Ceci intervient alors que le Maroc a autorisé la vaccination des adolescents. Afin de permettre une rentrée scolaire en présentiel, les adolescents marocains pourront se faire immuniser. Les 12-17 ans seront concernés à partir du 23 août. Le ministère de la Santé n’a toujours pas acté cette décision via un communiqué officiel. Toutefois, le Comité de veille scientifique et technique de la vaccination, lui, a validé hier jeudi 12 août la proposition de vacciner cette tranche d’âge. Ainsi, cette tranche d'âge, composée de trois millions de personnes, recevra sa première dose du vaccin Pfizer-BioNTech, le premier vaccin à avoir été autorisé pour les mineurs. 

Lire aussi : Le Maroc va vacciner ses ados

 

Faut-il craindre de faire vacciner son ado ? 

Les adolescents n’étant pas une population à risque, le rapport coût-bénéfice de leur vaccination interroge. Toutefois, plusieurs experts avancent que la vaccination des mineurs s'avère nécessaire pour retourner à une vie normale. En effet, même si tous les adultes étaient vaccinés, cela ne suffirait donc pas à obtenir l’immunité collective et bloquer la propagation du virus. Ainsi, alors que leur apprentissage et leur santé mentale ont été durement affectés par les fermetures de classes et l’alternance du présentiel et du distanciel, le bénéfice direct le plus important pour les adolescents réside dans le retour à une scolarité normale. De plus, le risque de développer une forme grave de la maladie ainsi que celui des Covid-19 longs, même s’ils sont minimes, existent. 

Au-delà du consentement des adolescents, c’est celui des parents qui suscite des questionnements. Pour l'instant, on ignore si les mineurs qui veulent se faire vacciner doivent être munis d’une autorisation de leurs deux parents. Les inquiétudes des parents sont réelles. Le sérum de Pfizer est un vaccin récent qui existe depuis moins d’un an. Sur un point, les parents peuvent être rassurés : jamais dans l’histoire, la sécurité d’un vaccin n’avait été surveillée à une telle échelle et jamais des effets secondaires se sont déclarés au delà de deux semaines après une injection de vaccin.

Les études ont été particulièrement rassurantes. Le vaccin développé par le laboratoire américain et la biotech allemande est efficace à 100% chez les adolescents, selon les résultats d'un essai clinique. Au total, 2.260 adolescents ont participé à l'étude aux États-Unis. Quant à la sécurité à long terme, elle ne constitue pas un motif d’inquiétude. Aucun élément scientifique ne fait aujourd’hui craindre un tel risque. De plus, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert à la vaccination des plus jeunes, tout comme l’avait déjà fait son homologue américain (FDA). Elle cite, dans son avis favorable, un essai clinique mené sur 2 000 enfants. «Dans cette étude, le vaccin était effectif à 100 % pour prévenir la Covid-19 (bien que le taux réel d’efficacité puisse se situer entre 75% et 100 %)», indique l’EMA.

Côté risques, la plupart des effets indésirables rapportés chez les adolescents, tout comme chez les jeunes adultes, consistaient en des manifestations locales, notamment une douleur au point d’injection, ou des symptômes généraux (fatigue, céphalée, frissons, douleurs musculaires, fièvre). Ces effets secondaires étaient généralement d’intensité légère à modérée. Entre la première dose et la seconde dose un mois après, les proportions d’adolescents et de jeunes adultes ayant rapporté au moins un effet indésirable grave étaient similaires. En ce qui concerne les risques déplorés après la vaccination totale, une étude menée en Israël sur le vaccin Pfizer faisait état début juin d’un «lien probable entre la réception de la deuxième dose et l’apparition d’une myocardite chez les hommes âgés de 16 à 30 ans». Cette inflammation du muscle cardiaque connaît une évolution favorable dans la très grande majorité des cas, mais requiert tout de même une hospitalisation.

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