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Tourisme : la détresse des transporteurs touristiques

Alors que le Maroc ouvre petit à petit ses frontières pour accueillir (sous conditions) les Marocains de la diaspora et les touristes étrangers, les professionnels du tourisme se réjouissent de leur arrivée et prévoient une bonne saison estivale. Cependant, les opérateurs du transport touristique, qui ont cumulé un encours de dette de près 1,8 milliard de DH, pâtissent encore des répercussions économiques de la Covid-19. À l’issue de la réunion de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT) du mercredi 16 juin, ces derniers ont exigé le lancement urgent des procédures de sauvetage pour éviter la faillite de leurs entreprises.

Par Nora Jaafar, Publié le 18/06/2021 à 14:39, mis à jour le 19/06/2021 à 15:05          Temps de lecture 4 min.
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La détresse des transporteurs touristiques

Contrairement à l’année précédente, la saison estivale de cette année s’annonce fructueuse pour les professionnels du tourisme. En effet, le Maroc a lancé cette semaine sa fameuse opération de transit Marhaba pour accueillir les Marocains de la diaspora et a autorisé sous condition l’arrivée des touristes étrangers au pays. Cependant, cette reprise ne fait pas l’unanimité. Certains domaines touristiques risquent d’être laissés pour compte en raison des répercussions économiques de la pandémie de la Covid-19 sur leur activité. C’est le cas des opérateurs du transport touristique qui ne savent plus à quel saint se vouer. Réunis ce mercredi 16 juin au sein de la Fédération nationale du transport touristique (FNTT), ces derniers ont exprimé leur scepticisme quant à une relance immédiate de leur activité. Pour les optimistes d’entre eux, leur secteur reprendra ses forces dans 12 mois, tandis que les pessimistes penchent plus vers une reprise dans 24 mois, soit en 2023.

Il faut dire que la fermeture des frontières ralentit toujours l’activité du secteur qui dépend des arrivées des touristes étrangers. Le marché international représente 75% de l'activité de la filière.

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Des chiffres alarmants

Intitulée "CAP 2025 : analyse, diagnostic orientations et plan d’action à moyen terme", une étude a été réalisée pour le compte de la FNTT par Mohamed Setti, directeur général du cabinet Artegis Conseil, et par El Mehdi El Fakir, consultant et expert financier. Il ressort de ce rapport que les professionnels du transport touristique auront du mal à «résorber» les effets de la période de non-activité, surtout qu’ils ont épuisé leurs trésoreries en recourant à l’endettement pour combler leur besoin de fonctionnement (Damane Oxygène et Damane Relance). D’ailleurs, compte tenu du fait que 50% de leurs investissements sont à crédit, l’encours de leur dette a été estimé à 1,8 milliard de DH, dont 50% en leasing, 20% par crédit bancaire et 30% par crédit direct. De plus, le secteur connait une chute d’au moins 30% de la valeur patrimoniale et des bilans et structures financières de ses opérateurs.

En outre, s’ajoute la facture bien salée de la reprise de l’activité et qui comprend la réhabilitation de la flotte (rodage, maintenance...), la formation et l’encadrement des ressources humaines. Des ressources humaines que les entreprises concernées devront à nouveau recruter, vu qu’ils ont perdu presque la majorité de leurs effectifs lors de la période d’attentisme du confinement.

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Les recommandations et revendications de la FNTT

Pour surmonter cette crise et pouvoir accompagner au mieux l’opération Marhaba et l’accueil des touristes étrangers, les responsables du transport touristique du Royaume préconisent la réalisation d’un diagnostic et d’une radioscopie de la situation pour engager des solutions de reprise. Ils recommandent aussi le report des échéances de paiement pour suspendre les procédures de recouvrement à leur encontre, de sorte à leur permettre d’envisager une reprise dans «des conditions normales» et de profiter de la prochaine saison estivale touristique.

Les professionnels de ce secteur exhortent également à l’adoption d’une approche plus dynamique pour soutenir leur activité et ses entreprises. Othman Cherif Alami, président de la FNTT, souligne dans ce sens : «on demande au ministère des Finances de très rapidement réunir le Comité de veille économique afin de trouver une solution pour notre secteur en donnant les autorisations nécessaires aux sociétés de financement et de leasing pour reporter tous les soldes de nos crédits sur les cinq prochaines années». Précisant qu’en raison de la crise sanitaire actuelle les transporteurs touristiques ne pourront exploiter que la moitié de leur parc, voire moins, le président estime que «si le gouvernement met en place une subvention spéciale pour nos entreprises avec un fonds d’investissement national, nous pourrons rectifier le tir».

Enfin, la FNTT propose de rééchelonner les dettes à caractère social liées aux cotisations de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS), et ce pour alléger les finances des opérateurs et préserver les acquis du personnel et des familles des affiliés en matière de couverture sociale.

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