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L’humain au cœur du nouveau modèle de développement marocain

La Commission spéciale pour le modèle de développement (CSMD) a présenté ce mardi 25 mai un nouveau plan économique et social axé sur l’humain et couvrant les 15 prochaines années. Ce dernier favorise l’émancipation des femmes, la consolidation de l’offre du secteur de la santé, la mise en place de programmes sociaux de grande envergure ainsi qu’une forte augmentation des dépenses publiques.

Par Nora Jaafar, Publié le 27/05/2021 à 14:11, mis à jour le 27/05/2021 à 17:23          Temps de lecture 6 min.
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L’humain au cœur du nouveau modèle de développement marocain

La Commission spéciale pour le modèle de développement (CSMD) a enfin dévoilé son plan économique et social axé sur l’humain et couvrant les 15 prochaines années. Le président de cette Commission, Chakib Benmoussa, a conclu ainsi un processus consultatif qui a duré plus d'une année en présentant ce rapport au roi Mohammed VI. Il a souligné que le document est le fruit de 881 heures d’interaction directe et de 430 heures de travail en interne dans le cadre de ce que la CSMD appelle "la mobilisation de l’intelligence collective". Cette mobilisation a concerné les partis politiques, les syndicats, les fédérations et les chambres professionnelles, les institutions constitutionnelles, régionales et locales, les ONG, les experts nationaux et internationaux, mais aussi les citoyens à travers des séances d’écoute ou des contributions libres.

Benmoussa a détaillé le nouveau modèle de développement lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a exposé les piliers fondamentaux sur lesquels reposera la planification du pays pour l’avenir. Selon lui, le défi de taille à concrétiser est d’atteindre «la moitié supérieure des différents classements mondiaux des Nations d’ici 2035, voire dans le tiers supérieur dans certains domaines».

Lire aussi : Modèle de développement : la vision 2035 démarre aujourd'hui

 

Vers une émancipation de la femme marocaine

Le nouveau modèle de développement est principalement axé sur l’humain. Dans une déclaration à la MAP, l'écrivain Fouad Laroui, membre de la CSMD, a d'ailleurs souligné qu'il s'agit de «développer notre capital humain, d'abord par l'éducation et la santé, mais aussi par la culture». Ainsi, le rapport appelle à la mise en place de programmes à grande échelle qui visent à bénéficier et à autonomiser les personnes vulnérables de la société marocaine et à promouvoir le développement durable au Maroc. Le président de la CSMD a dans ce sens souligné l’importance de l’autonomisation des femmes marocaines en augmentant à 45% leur taux de participation à la main-d’œuvre ainsi qu’à l’éducation fondamentale et supérieure.

Le rapport souligne que la position des Marocaines «reste très faible, avec deux tiers des élèves filles ne maîtrisant pas la lecture à la fin de l’école primaire et un taux d’abandon scolaire qui reste très élevé». La CSMD estime aussi qu’il faut instaurer une loi sur la parité des salaires, tout en incitant les entreprises à appliquer des procédures de ressources humaines favorables à l’évolution professionnelle des femmes. Il préconise également que l’État donne l’exemple en instaurant des mesures qui promeuvent la politique "genre" au sein de la fonction publique et qui encouragent les femmes à pourvoir des postes de responsabilité, notamment au sein d’instances dirigeantes dans les secteurs privés et publics.

Aspirant également à promouvoir l’entrepreneuriat féminin, tant social que de proximité, le rapport indique que d’ici 2030, il faut investir davantage dans ce vecteur d’autonomisation (économique, social, culturel). De plus, le CSMD précise qu’il est temps de s’appuyer une nouvelle fois sur l’Ijtihad dans l’Islam pour faire évoluer le débat sur certaines questions sociétales, comme le Ta’ssib dans l’héritage, l’avortement, le statut social des mères célibataires et la tutelle juridique des enfants.

 

Consolidation du secteur de la Santé

Le nouveau plan de développement du Maroc vise en outre à développer les soins de santé, soulignant que 38% des Marocains n’ont «aucune couverture médicale», ce qui conduit les ménages à payer des frais médicaux très élevés. La CSMD recommande aussi un renforcement du personnel soignant sur l’ensemble du territoire afin d’atteindre 4,5 professionnels pour chaque 1.000 habitants (hab) en 2035, contre deux pour chaque 1.000 hab actuellement. Ainsi, la réalisation de cet objectif repose sur la formation de 3.600 médecins et de 7.100 infirmiers annuellement, et ce, en augmentant les capacités des Centres hospitaliers universitaires (CHU) et des facultés (publiques et privées) et en assurant que toutes les régions disposent de centres de formation médicale (CHU ou facultés).

La CSMD a également accordé une attention particulière à la pauvreté et aux inégalités endémiques au Maroc, décrivant la protection sociale comme étant «encore à ses débuts». Le coût des soins de santé privés et de l’éducation est un fardeau pour la classe moyenne, tandis que la faible mobilité sociale et le manque d’inclusion constituent des obstacles pour les tranches les plus pauvres de la société.

 

Croissance économique et développement

Par ailleurs, le rapport publié mercredi par la Commission de Chakib Benmoussa souligne que le Maroc a longtemps souffert de «l’absence d’une vision stratégique globale et longtermiste». Il déplore que les réformes aient été mises en œuvre de manière isolée, sans repères importants et avec des acteurs incertains de leurs rôles et responsabilités. Cependant, pour remédier à ces problèmes, le gouvernement a su élaborer des plans ambitieux pour assurer la pérennité du pays à plusieurs niveaux. Il ressort du rapport de la CSMD, qu’après deux ans de consultations avec différentes couches de la société, les Marocains ont exprimé «un fort désir d’autonomisation». Et de préciser que les soins de santé, l’éducation, le transport ainsi que les loisirs et la culture constituent les principales préoccupations des décideurs politiques du Royaume.

Afin de relever ces défis et de répondre aux attentes des citoyens, le nouveau modèle de développement prévoit une augmentation des dépenses publiques de plus de 4% du produit intérieur brut (PIB) jusqu’en 2025. Au cours des cinq années suivantes (de 2025 à 2030), l'augmentation sera de 10% du PIB national. Il mise par la suite sur la croissance du secteur privé pour financer la poursuite du développement du pays.

Cette hausse des dépenses publiques correspond aux recommandations des Nations Unies. Et afin de financer ces dépenses, le rapport préconise de supprimer les exonérations fiscales injustifiées et de mettre en œuvre une politique fiscale plus efficace pour garantir une imposition équitable. Cela permettrait de transformer les contribuables en clients d’un gouvernement qui «retrouve sa vocation première, celle d’être au service du citoyen».

 

Enfin, pour Fouad Laroui, c’est désormais au tour des citoyens de s’en emparer de ce nouveau rapport, «de le lire et d’adhérer au Pacte national pour le développement qui en forme le socle». «Comme il ne s’agit pas d’un programme de gouvernement, mais d’une philosophie générale qui appelle le consensus, ça marchera si tout le monde y croit et se met à la tâche», insiste l’écrivain.

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